"Aux trois quarts de mon travail d'illustration, j'ai eu la forte impression que quelque chose n'allait pas, et je me suis mis à peindre sur des illustrations déjà terminées et c'est finalement un gorille qui est apparu sous mon pinceau. [...]
Je ne sais pas pourquoi cela fonctionne, et d'une certaine façon, peu importe, mais cela illustre bien le fait que la plupart du temps, mes meilleures décisions ont plus à voir avec l'intuition qu'avec la réflexion"
Anthony Browne

à propos de Une histoire à quatre voix 1998
(re-création de l'album Promenade au parc, album créé vingt ans plus tôt)
extrait de Anthony Browne : histoires d'une oeuvre, Kaléidoscope, 2009

Murièle Camac : Pourquoi la littérature ?

"...La littérature ne se veut pas une parole de vérité, elle se vit comme une parole amoureuse du langage, comme une histoire amoureuse de la vie. La littérature ne prétend pas refuser ou réfuter l’erreur ou la contradiction, elle l’absorbe et en fait un élément de son travail de transformation du langage. Elle se nourrit de l’ambiguïté, de l’insu, de l’incompris, de l’implicite. Elle se situe en dehors du dualisme insoluble de la vérité et de l’erreur et c’est pourquoi elle est salutaire et nécessaire."

La suite sur le blog Les portes de la perception de Murièle Camac

Le matin, le soir aussi

Pas de pensée magique
mais il y a,  je l'ai vu,
des fillettes en grappe
dans les arbres du parc

Leurs orteils s'agrippent
à l'écorce des branches
je vois leurs cuisses blanches
et leurs mollets griffés

Elles pépient
agitent leurs ailes
le vent doux du printemps
épand sur l'herbe
leur jus de chlorophylle
et les giclées de miel

Sous l'ombre de leurs jupes
une goutte rouge épaisse
s'échoue comme une larme

Dans ma chair se dessine
la fleur du flamboyant
le fruit est mûr

Jambes tendues
trille en avant
elles tombent