mercredi 17 février 2010

Les mots coulent comme de la cire

oeuvre sur voûte de verre pour la station "Carmes" - Jean-Paul Marcheschi

Depuis quelques jours
un bruissement discontinu
beugle sa chanson
sous mon crâne à demi nu
ça fait des chhhhh
ça fait des rrrrrrr
ça fait des hue
ça fait des dia

j'ai beau écarquiller les yeux
plisser le front tendre l'oreille
me retourner brusquement
les langues s'embusquent
immédiatement

ça fait un long collier
de mots désespérés
ça coule comme de la cire
de mon cerveau
sur le papier

travail-broyer-macher-poudre-d'os-et-gros-billets
presser-coeur-exploser-peurs-et-cadavres-mediatisés
ça fait une bouillie infâme
amère épaisse à avaler
ma main s'excite se pâme
et crache des mots obnubilés

et mon coeur...
mon coeur
ne sait où se cacher
il ballotte faible muscle
dans une cage

qui pourra me dépecer
remettre tout en place
le coeur les mots
et le cerveau

tant pis s'il faut rester
sur place
complètement démembrée
tant pis si la marche
du monde repose
sur des organes éparpillés


Ecrit de MuLM, février 2010
Mon coeur a failli exploser la première fois que je me suis retrouvée entièrement enveloppée dans un crâne immense couvert de mots, dans l'oeuvre de Jean Paul Marcheschi -station de métro Carmes, Toulouse