la grenade est le crâne, la mémoire est le fruit
qui doucettement décomposent au fond de l'assiette
qui doucettement exhalent des sucs âcres
baignent dans cet oubli où des insectes grouillent
on entend les élytres vibrer contre le cuir chevelu
on entend les frottements saccadés déchirer la longue cicatrice
sur nos visages, des mofettes s'exilent
des fumerolles font des dégâts irréversibles
c'est ainsi que sur la table giclent nos souvenirs
sur la page, des souvenirs
car il est impossible d'user du nous quand il s'agit de tout reconstruire
les images qui me
qui nous reviennent
sont incomplètes, incomprises
tu me regardes et je m'épelle
je t'observe et te rappelle
au cœur de la phrase
chaque grain rose, sucré dissimule en son sein
un ciel bleu et violet, des nuages orangés
la peau flétrie d'enfance
dans le poème, le passé affabule
tout fleure nos absences
les mots nous recommencent
lundi 27 avril 2015
samedi 25 avril 2015
vendredi 17 avril 2015
il faut rester à la surface
ne pas songer à du second degré
- l'expression te donne la chair de poule
il faut rester sur la croûte des mots
se contenter de leur lécher la peau
c'est âcre
acide
plus souvent insipide
tu fermes les yeux
avales
regardes l'homme gonflé à bloc
expulser par son orifice ad hoc
- le bel églefin t'enfume
une sentence, un diktat, une solution
tout semble équivalent
dans ton oreille rouillent les mots qui s'y déroulent
sans espace ni ponctuation
unesentenceundiktatunesolution
- le déroulé de lettres te ceinture la tête
tu danses, fanfaronnes
ne comprends pas
ne pas songer à du second degré
- l'expression te donne la chair de poule
il faut rester sur la croûte des mots
se contenter de leur lécher la peau
c'est âcre
acide
plus souvent insipide
tu fermes les yeux
avales
regardes l'homme gonflé à bloc
expulser par son orifice ad hoc
- le bel églefin t'enfume
une sentence, un diktat, une solution
tout semble équivalent
dans ton oreille rouillent les mots qui s'y déroulent
sans espace ni ponctuation
unesentenceundiktatunesolution
- le déroulé de lettres te ceinture la tête
tu danses, fanfaronnes
ne comprends pas
samedi 11 avril 2015
certains jours, l'acuité est à son maximum
c'est le moment précis où sortir de son trou
où tenter d'un regard de dévorer le monde
le trottoir contient l'humanité
voilà ce que les mères chuchotent aux oreilles des hommes
je le dis moi aussi aux enfants derrière la porte close
ces jours-là, je sors, fourre le tout dans un cabas
la main de la fille, la langue du fils, ballottent au fond du sac
la tête de l'homme sur mon crâne oscille comme une coque
ces jours-là, je parle possédée
à des morceaux de corps accrochés à mon corps
je dis : regardez les chairs s'épeler, nos mâchoires déchaussées grincer
ces jours-là, chaque sortie prend des allures de fête macabre
des femmes et des hommes se mettent tranquillement nus
dans un furieux tintamarre, leurs cœurs s'entrechoquent
mais la nuit tombe
et les ombres de nos corps contre les murs mangent
c'est le moment précis où sortir de son trou
où tenter d'un regard de dévorer le monde
le trottoir contient l'humanité
voilà ce que les mères chuchotent aux oreilles des hommes
je le dis moi aussi aux enfants derrière la porte close
ces jours-là, je sors, fourre le tout dans un cabas
la main de la fille, la langue du fils, ballottent au fond du sac
la tête de l'homme sur mon crâne oscille comme une coque
ces jours-là, je parle possédée
à des morceaux de corps accrochés à mon corps
je dis : regardez les chairs s'épeler, nos mâchoires déchaussées grincer
ces jours-là, chaque sortie prend des allures de fête macabre
des femmes et des hommes se mettent tranquillement nus
dans un furieux tintamarre, leurs cœurs s'entrechoquent
mais la nuit tombe
et les ombres de nos corps contre les murs mangent
mercredi 8 avril 2015
mappemonde
dimanche 5 avril 2015
vendredi 3 avril 2015
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