Je voudrais moi aussi
écrire un poème
qui inspire qui incite
à la joie
au bonheur
à l'élan
à la pulsion de vie
je voudrais écrire
un roulement de tambour
qui déchirerait la nuit
un feu d'artifice qui n'attirerait
que des oh! que des ah!
ou à peine quelques larmes d'enfant
qui ignore que la joie peut venir du tonnerre
que les éclats de lumière peuvent éclairer la mer
des poèmes qui couleraient s'écouleraient
de la bouche comme autant de diamants
oh que c'est lumineux ! ah que tout est brillant !
ah que la vie est belle ! oh que le temps est bon !
pour tous ceux, pour toutes celles
qui n'ont sur la langue
que les plaies de pierres coupantes
je voudrais, voudrais vraiment
leur faire ce cadeau-là
mais je suis au présent
faible et je laisse les poids
aux commissures des lèvres
me tirer vers le bas
ne me lisez pas
lundi 30 octobre 2023
dimanche 15 octobre 2023
Tempo poème - Lecture à l'Ostal Toulouse
Tempo Poème
Jeudi 19 octobre 18h30 - Maison de l'Occitanie rue Malcousinat, Toulouse.
Je lirai des extraits de mes recueils poétiques, avec Olivier Chartier, accompagnée par Anna Mari Naya à la guitare et Emmanuel Fayolle aux percussions.
La lecture bruissera de l'île de la Réunion, de filles à l'intérieur, d'amour, de mots et de mélancolie...
Entrée libre
Jeudi 19 octobre 18h30 - Maison de l'Occitanie rue Malcousinat, Toulouse.
Je lirai des extraits de mes recueils poétiques, avec Olivier Chartier, accompagnée par Anna Mari Naya à la guitare et Emmanuel Fayolle aux percussions.
La lecture bruissera de l'île de la Réunion, de filles à l'intérieur, d'amour, de mots et de mélancolie...
Entrée libre
jeudi 14 septembre 2023
Le soleil comme une éponge
rêche
râpe
crisse
sur le tableau du ciel
et tout s'émiette
grains de sable
à l'envers de paupières
va-t-on y voir plus clair
ou nos yeux exorbités vont-ils
continuer à rouler dans tous les sens
sur l'embrouillamini de chairs et de mots
usés jusqu’à la corde
*
Les images pèlent
sur nos yeux larmoyants
trop de gaz ?
trop de filtres ?
trop d'émotions?
on cligne
et ça claque, claquette, cliquète
on ne sait plus vraiment
si c'est la peau
la matraque ou les dents
qui s'agitent désespérément
rêche
râpe
crisse
sur le tableau du ciel
et tout s'émiette
grains de sable
à l'envers de paupières
va-t-on y voir plus clair
ou nos yeux exorbités vont-ils
continuer à rouler dans tous les sens
sur l'embrouillamini de chairs et de mots
usés jusqu’à la corde
*
Les images pèlent
sur nos yeux larmoyants
trop de gaz ?
trop de filtres ?
trop d'émotions?
on cligne
et ça claque, claquette, cliquète
on ne sait plus vraiment
si c'est la peau
la matraque ou les dents
qui s'agitent désespérément
mardi 15 août 2023
Exercices de style
le matin avant le réveil
du reste de la famille
sur la table de la terrasse
reprendre ou dérouler le fil
m'enfiler t'enfiler les enfiler
par le chas de l'aiguille
raccommoder à petits points
les pensées décousues
repriser le poème toile de jute
des amours distendues
peau sèche
talon de vieille
qui s'effiloche
mots mailles
(vaille que vaille)
tenant à peine
le matin avant le réveil
du reste de la famille
sur la table de la terrasse
reprendre ou dérouler le fil
m'enfiler t'enfiler les enfiler
par le chas de l'aiguille
raccommoder à petits points
les pensées décousues
repriser le poème toile de jute
des amours distendues
peau sèche
talon de vieille
qui s'effiloche
mots mailles
(vaille que vaille)
tenant à peine
dimanche 13 août 2023
chaleur torpeur vacance(s)
sur le bitume
cela sent (presque) la crème
solaire
film ténu sur la peau
miroir renvoyant les rayons
de corps chauds
nous croisons des soleils
à chaque coin de rue
qui aveuglent
et nous poissent
de leur caramel trop cuit
mais rien ne tient
la peau fond
laisse à nue
la pensée ralentie
qui coule glue
les cuisses
les mollets
coagule dans un sirop épais
nos joies
nos vers emmêlés
l'odeur de cramé qui suinte
des fissures des villes
propres
blanches
récurées jusqu'à l'os
pour nous offrir l'été
sur le bitume
cela sent (presque) la crème
solaire
film ténu sur la peau
miroir renvoyant les rayons
de corps chauds
nous croisons des soleils
à chaque coin de rue
qui aveuglent
et nous poissent
de leur caramel trop cuit
mais rien ne tient
la peau fond
laisse à nue
la pensée ralentie
qui coule glue
les cuisses
les mollets
coagule dans un sirop épais
nos joies
nos vers emmêlés
l'odeur de cramé qui suinte
des fissures des villes
propres
blanches
récurées jusqu'à l'os
pour nous offrir l'été
ma pensée est fragmentée
en bouts de vers à placer
entre l'œil et le ciel
que voir qu'y voir
dans cette toile sans nuage
aussi dense et légère
que la mélancolie
cet autre nom
pour le friselis d'angoisse
que seule l'agitation fragmentée
en miettes de lectures
coups d'œil sur écran
pieds impatients
jambes lourdes
humeurs chaudes
tient à distance
en bouts de vers à placer
entre l'œil et le ciel
que voir qu'y voir
dans cette toile sans nuage
aussi dense et légère
que la mélancolie
cet autre nom
pour le friselis d'angoisse
que seule l'agitation fragmentée
en miettes de lectures
coups d'œil sur écran
pieds impatients
jambes lourdes
humeurs chaudes
tient à distance
mardi 1 août 2023
Aujourd'hui, le ciel
est un bleu effeuillant le pastel
une ecchymose annonçant la couleur
celle d'après celle d'apprêt
lente métamorphose
en jaune en brun
*
Sur le drap uni d'herbe sèche
tombent
des rayons brûlants de soleil
qu'un poète aux lèvres rêches
boit
*
Couleur plane sans accroc
- troublante perfection
où est l'épanchement
la boursouflure du vent ?
d'où vient ce sentiment
que tant de bleu ne rime au fond
qu'avec du vide
*
Il manque une brèche
un nuage pour dire la vraie vie
sous le sourire
il y a toujours la douleur d'une carie
dans le ventre du poète, de petites coliques
l'azur et ses traînées de jaune famélique
*
Yeah poète, réjouis toi
c'est l'été
la peau qui brunit
la plage qui roule sous la mer
les maelstroms d'humeurs
liquides
la joie et la mélancolie
est un bleu effeuillant le pastel
une ecchymose annonçant la couleur
celle d'après celle d'apprêt
lente métamorphose
en jaune en brun
*
Sur le drap uni d'herbe sèche
tombent
des rayons brûlants de soleil
qu'un poète aux lèvres rêches
boit
*
Couleur plane sans accroc
- troublante perfection
où est l'épanchement
la boursouflure du vent ?
d'où vient ce sentiment
que tant de bleu ne rime au fond
qu'avec du vide
*
Il manque une brèche
un nuage pour dire la vraie vie
sous le sourire
il y a toujours la douleur d'une carie
dans le ventre du poète, de petites coliques
l'azur et ses traînées de jaune famélique
*
Yeah poète, réjouis toi
c'est l'été
la peau qui brunit
la plage qui roule sous la mer
les maelstroms d'humeurs
liquides
la joie et la mélancolie
dimanche 30 juillet 2023
samedi 29 juillet 2023
[...]
on gratte, on cherche
un éclaircissement
dans le maillage nocturne
des faits et de l’inconscient
la réalité nous sidère
si souvent que
les mots manquent
pour dire nos désordres
c’est le défilé incongru
sans queue ni tête
qu’on livre fébrilement
à la première page qui passe
l’homme, les enfants sont des pages
qui d’autre
quoi d’autre
pour le cuir au calame
on gratte, on cherche
un éclaircissement
dans le maillage nocturne
des faits et de l’inconscient
la réalité nous sidère
si souvent que
les mots manquent
pour dire nos désordres
c’est le défilé incongru
sans queue ni tête
qu’on livre fébrilement
à la première page qui passe
l’homme, les enfants sont des pages
qui d’autre
quoi d’autre
pour le cuir au calame
extrait de "Des figures et des corps"
samedi 22 avril 2023
mardi 21 février 2023
Comment panse-t-on ?
certains pensent
à comment gagner de l'argent
à comment gagner plus d'argent
à comment gagner de l'argent vite
certains pensent à comment
coucher avec cette fille, coucher avec ce gars
comment gagner un coeur, comment atteindre un corps
certains pensent tout simplement
au repas du midi, à celui du soir
à l'envie, au poids du vide
ou des aliments
au reflux gastrique chargé des désirs
de plus d'argent
de plus de corps
de plus de gras
certains pensent et dépensent
de leur temps, de leurs mots
pensent à comment gagner leur place
sous l'avalanche de rots
comment creuser leur trou
sans pelle
d'un claquement de dents
à comment gagner de l'argent
à comment gagner plus d'argent
à comment gagner de l'argent vite
certains pensent à comment
coucher avec cette fille, coucher avec ce gars
comment gagner un coeur, comment atteindre un corps
certains pensent tout simplement
au repas du midi, à celui du soir
à l'envie, au poids du vide
ou des aliments
au reflux gastrique chargé des désirs
de plus d'argent
de plus de corps
de plus de gras
certains pensent et dépensent
de leur temps, de leurs mots
pensent à comment gagner leur place
sous l'avalanche de rots
comment creuser leur trou
sans pelle
d'un claquement de dents
jeudi 2 février 2023
[...]
l’homme, les enfants sont des bouts
de phrases et de corps
à la fois là
et absents
la tête posée sur l’oreiller
on meurt
tous les songes s’enfuyant
dans la fibre du bois
on se dit qu’en lâchant la bride
aux mots, aux maux, homonymes
tout finira bien par rentrer dans l’ordre
dans le système en étoile sous le crâne
tout finira, petite cosmogonie
par faire sens
les morts où ils sont
les vivants les suivant
l’homme, les enfants sont des bouts
de phrases et de corps
à la fois là
et absents
la tête posée sur l’oreiller
on meurt
tous les songes s’enfuyant
dans la fibre du bois
on se dit qu’en lâchant la bride
aux mots, aux maux, homonymes
tout finira bien par rentrer dans l’ordre
dans le système en étoile sous le crâne
tout finira, petite cosmogonie
par faire sens
les morts où ils sont
les vivants les suivant
extrait de "Des figures et des corps"
lundi 23 janvier 2023
Lecture au Grenier café à Castanet (31)
Lecture de Alice Baylac et Murièle Modély
le 27 janvier à 20h au Grenier café à Castanet
Adresse : 16 bis avenue de Toulouse
31 320 Castanet-Tolosan
31 320 Castanet-Tolosan
mardi 3 janvier 2023
L'espace se rétrécit comme dans un cercueil
cela sent le bois et le ventre de femme
une eau trouble clapote ; des cheveux rares y flottent
je songe à ton regard, lecteur, effrayé de l’image
de la mort mêlée aux fibres utérines
j’entends ta voix qui grince : « as-tu besoin, vraiment
d’être si morbide pour dire le temps qui vient? »
Non, certainement que non...
mais où se faire bousculer dans un monde si fade
si porté à gommer ce qui de nous dépasse
Va, ce ne sont que des mots
à peine une chair de poule
un friselis de peau
Sors, vis, en attendant la fin
abreuve-toi de ciel
de nuages qui passent
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