Affichage des articles dont le libellé est Jean Bourgeois. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jean Bourgeois. Afficher tous les articles
jeudi 29 novembre 2012
Tout va bien de Jean Bourgeois
Ce que j'aime dans l'écriture de Jean Bourgeois, c'est ce regard lucide (sans désespérance ?) posé sur le renoncement, l'absence, de l'autre, à soi.
Son recueil commence par une scène de vie intime, par un départ :
"Quelqu'un part
Emportant tout aveclui
Laissant le jardin désert
La maison vide
Le silence à sa traîne
Quelqu'un part, c'est fini"
le début est donc la fin. Et le recueil tout entier répète cette fin, potentielle, réelle, "une menace générale".
"Le menton sur la plage arrière
Je regardais la route se perdre au loin
Aspirée par un pays noir
Sous l'embrasement du ciel
La nuit gagnait
Et la fatigue
Allongé sur le siège
Dans mon demi-sommeil
Je me faisais des films
Je fuyais une menace
Sans trop savoir laquelle
Une menace générale
Des décennies après
C'est moi qui tiens le volant
Et où que j'aille je la sens encore
Je fuis toujours"
Les scènes, les pensées qui se succèdent parlent de ça, la fin, incluse dès le départ. Alors pourquoi ? à quoi bon ?
"Toute fin est légère
Un coup d'aile suffira
Demain sera plume"
Il y a quand même, toujours le mot.
Langues est le dernier poème.
"un habit pur et sans couture
Qu'une grande bête aux gestes noirs
Taille à notre mesure
Souriant déjà de notre effroi
Au premier souffle elle nous l'enfile
Un cri, d'abord, et tout est dit
Puis la blessure ensuite
qui dure
engorgera nos bouches
Ici et là, partout, toujours
le premier mot est un refus
Et les autres ont beau faire
Où nos langues sont pendues"
lundi 17 octobre 2011
Les mauvais jours de Jean Bourgeois
Juste envie de partager l'émotion que m'a procuré le livre de Jean Bourgeois.
Recueil d'une grande beauté où le lecteur, on, nous, sommes invités à sonder l'étrange étrangeté de l'existence " Dans l'embarras de soi/ Où nous glissons parfois nos jambes / Des après-midis entiers / A ne rien faire"
Sensation de vertige quand on ne sait pas vraiment, qu'on est là de côté, qu'on ignore ce qui nous pousse et pourquoi... Ce trouble si difficile à cerner...Plutôt que de dire mal, je cite quelques passages avec l'aimable autorisation de l'auteur :) dont vous pourrez lire d'autres textes sur son blog On est là mais ça ne durera pas. On peut toujours sourire du reste...
Ecrire en hiver (p.50)
C'est toujours mieux qu'une journée vide
Un jour où l'on écrit
Deux ou trois mots qu'importe
Si ce n'est que ça
C'est mieux que rien
On se dit qu'on a fait quelque chose
Pour ne pas s'avouer qu'on n'a rien fait
C'est comme la vie
Comme tous ces jours pour rien
Occupés à quoi au juste
Qu'on barre d'une croix le soir
Dans la cellule
Au fond de la nuque
Où c'est l'hiver depuis longtemps
On est vivant
On a écrit ça :
On
Est
Vivant
Mais
Il
Fait
Froid
Trop tard (p.47)
Ce n'était pas grand chose
Ce que j'avais à dire
Ca tenait plus du silence que des mots
Quelque chose comme une hésitation
Ce n'était pas grand chose
Juste une vie entière
Dans une promesse un peu folle
Puis l'instant a passé
Et tout de suite
Il fut trop tard
Recueil d'une grande beauté où le lecteur, on, nous, sommes invités à sonder l'étrange étrangeté de l'existence " Dans l'embarras de soi/ Où nous glissons parfois nos jambes / Des après-midis entiers / A ne rien faire"
Sensation de vertige quand on ne sait pas vraiment, qu'on est là de côté, qu'on ignore ce qui nous pousse et pourquoi... Ce trouble si difficile à cerner...Plutôt que de dire mal, je cite quelques passages avec l'aimable autorisation de l'auteur :) dont vous pourrez lire d'autres textes sur son blog On est là mais ça ne durera pas. On peut toujours sourire du reste...
Ecrire en hiver (p.50)
C'est toujours mieux qu'une journée vide
Un jour où l'on écrit
Deux ou trois mots qu'importe
Si ce n'est que ça
C'est mieux que rien
On se dit qu'on a fait quelque chose
Pour ne pas s'avouer qu'on n'a rien fait
C'est comme la vie
Comme tous ces jours pour rien
Occupés à quoi au juste
Qu'on barre d'une croix le soir
Dans la cellule
Au fond de la nuque
Où c'est l'hiver depuis longtemps
On est vivant
On a écrit ça :
On
Est
Vivant
Mais
Il
Fait
Froid
Trop tard (p.47)
Ce n'était pas grand chose
Ce que j'avais à dire
Ca tenait plus du silence que des mots
Quelque chose comme une hésitation
Ce n'était pas grand chose
Juste une vie entière
Dans une promesse un peu folle
Puis l'instant a passé
Et tout de suite
Il fut trop tard
Inscription à :
Articles (Atom)
