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| (c) Etienne Gros |
jeudi 31 octobre 2013
mardi 22 octobre 2013
La nécessaire illisibilité du poème - Jean-Marc Undriener
"L’écriture n’est pas une passion, pas plus qu’elle n’est un loisir ou un
passe-temps. C’est l’expulsion de quelque chose de véritablement
encombrant. Ça peut générer du plaisir, certes, ou du soulagement, ou
aider à respirer mieux, mais se révéler aussi pénible, douloureux. C’est
le prix de ce travail. Je vois l’écriture plus comme un phénomène ou
une fonction d’excrétion que de création."
Jean Marc Undriener
Lire l'article en entier sur son blog fibrillations
Jean Marc Undriener
Lire l'article en entier sur son blog fibrillations
dimanche 20 octobre 2013
Le trou
cette histoire de trou commence à bien faire
tu dis
tout en bas du puits ça tombe, tu dis
ça ne fait que ça
ça chute et tu restes tendu tendue
avec ou sans e tu penses
cela ne change rien
les pensées tombent
tu n'atteins pas le fond
ça grandit grignoté e que tu es
par la colère, la peine, deux faces identiques
de la pièce dont tu attends longtemps
le ricochet au sol
le trou n'a pas de fond
/
voilà comment se répète
tu dis
la mécanique des chairs
cette puissante affaire
de mots
à dents
qui mordent, grignotent, tricotent
des boules, des nœuds
dans le pylore, l'œsophage
des phrases
la petite chimie des corps
sous les solvants
/
au delà de la vitre, bien sûr, tout continue
l'espace se remplit
le boulanger cuit son pain
une voiture démarre
un homme pénètre une femme
un oiseau crie
il y a la masse noire qui diffracte la vie
les camaïeux, l'orange, qui dévorent la nuit
au delà de la vitre, le jour commence
les bords irréguliers de la chair dentelée
tu dis
tout en bas du puits ça tombe, tu dis
ça ne fait que ça
ça chute et tu restes tendu tendue
avec ou sans e tu penses
cela ne change rien
les pensées tombent
tu n'atteins pas le fond
ça grandit grignoté e que tu es
par la colère, la peine, deux faces identiques
de la pièce dont tu attends longtemps
le ricochet au sol
le trou n'a pas de fond
/
voilà comment se répète
tu dis
la mécanique des chairs
cette puissante affaire
de mots
à dents
qui mordent, grignotent, tricotent
des boules, des nœuds
dans le pylore, l'œsophage
des phrases
la petite chimie des corps
sous les solvants
/
au delà de la vitre, bien sûr, tout continue
l'espace se remplit
le boulanger cuit son pain
une voiture démarre
un homme pénètre une femme
un oiseau crie
il y a la masse noire qui diffracte la vie
les camaïeux, l'orange, qui dévorent la nuit
au delà de la vitre, le jour commence
les bords irréguliers de la chair dentelée
publication initiale sur Le livre à disparaître
(dans une version légèrement différente)
mercredi 16 octobre 2013
lundi 14 octobre 2013
Elephant de Gus Van Sant et "la contemplation organique du réel" (Elephant analysé par Stéphane Bouquet)
samedi 12 octobre 2013
L'émission radiophonique une étoile dans la gorge n°3.2 est en ligne
vous pourrez entendre (et en musique siouplaît) des extraits
- de L'amour de l'île de Jean-Marc Flahaut
(que les chanceux toulousains pourront rencontrer à la médiathèque José Cabanis le 15 novembre !)
- de Poésies incomplètes de Régis Beloeil
- de En perte impure de Thibault Marthouret
- de Du mal à parler de Pierre Saunier
mercredi 9 octobre 2013
Le jour goutte à goutte
entre tes jambes
c'est un fait
cela explique en partie
(en partie seulement)
ta dérive molle vers la peur
de l'autre, des hommes, du lendemain
en partie seulement
tes élucubrations, la torsion de ton cul
ça dégouline en rus jusqu'à tes pieds
par les trous tu t'échappes
le jour n'en finit pas de te disperser
alors...
alors il ne reste plus
qu'à gober les nuages
les nimbus lourds et noirs
qui craquent à ton oreille
qu'à écarter les jambes
(tu jouis)
que ton cri écartèle
le jour
dans les trouées de ciel
entre tes jambes
c'est un fait
cela explique en partie
(en partie seulement)
ta dérive molle vers la peur
de l'autre, des hommes, du lendemain
en partie seulement
tes élucubrations, la torsion de ton cul
ça dégouline en rus jusqu'à tes pieds
par les trous tu t'échappes
le jour n'en finit pas de te disperser
alors...
alors il ne reste plus
qu'à gober les nuages
les nimbus lourds et noirs
qui craquent à ton oreille
qu'à écarter les jambes
(tu jouis)
que ton cri écartèle
le jour
dans les trouées de ciel
mardi 8 octobre 2013
les chiennes courbent l'échine
les chiens lèvent la patte
les chiennes s'assoient
les chiens se couchent
les chiens aboient
la caravane passe
la révolte passe
la rage passe
la colère passe
les chiennes jappent
les chiens remuent la queue
les chiens, les chiennes mordillent peu
les chiens lèvent la patte
les chiennes s'assoient
les chiens se couchent
les chiens aboient
la caravane passe
la révolte passe
la rage passe
la colère passe
les chiennes jappent
les chiens remuent la queue
les chiens, les chiennes mordillent peu
lundi 7 octobre 2013
Love & Money - Dennis Kelly
"Je ne pense pas que nous ayons envie d'être seuls, si ? C'est ça qu'on veut ? Est-ce bien ça qu'on veut ? Et parfois on se dit que la seule raison pour laquelle on fait ce qu'on fait, c'est pour tendre la main et pour toucher
juste toucher, juste pour
sentir
quelque chose
dans notre main, ou plutôt dans notre cœur, j'imagine et, que notre âme tende vers quelque chose et comprenne que tout ça n'est pas que de la poussière et des cailloux, des explosions nucléaires au coeur des étoiles et puis, comme par accident, un peu de matière organique qui se baladerait sur une toute petite planète minuscule.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Faire ce lien là ?
Juste faire le lien.
Et on regarde autour de soi, non, et on pense "alors c'est ça? Tout le monde a l'air de penser que c'est ça, bon ben je vais faire ça alors, je vais avoir un travail et une maison et les chaussures qu'il faut et je vais, vous savez, parce qu'il se peut que ce soit ça" et je ne dis pas que ce n'est pas ça et c'est très bien toutes ces choses et je déteste quand les gens sont juste à critiquer et tout parce qu'on porte tous des chaussures
bon dieu, alors, vous voyez, mais
parfois, je me pose
des questions
et je me demande si les autres sont aussi
perdus
et se posent aussi des questions et peut-être que la planète est remplie de gens qui se posent des questions mais on fait mine de savoir exactement ce qu'on fait d'être parfaitement adaptés et de ne pas avoir peur ou se sentir perdus ou
seuls
ou quoi que ce soit de ce genre."
juste toucher, juste pour
sentir
quelque chose
dans notre main, ou plutôt dans notre cœur, j'imagine et, que notre âme tende vers quelque chose et comprenne que tout ça n'est pas que de la poussière et des cailloux, des explosions nucléaires au coeur des étoiles et puis, comme par accident, un peu de matière organique qui se baladerait sur une toute petite planète minuscule.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Faire ce lien là ?
Juste faire le lien.
Et on regarde autour de soi, non, et on pense "alors c'est ça? Tout le monde a l'air de penser que c'est ça, bon ben je vais faire ça alors, je vais avoir un travail et une maison et les chaussures qu'il faut et je vais, vous savez, parce qu'il se peut que ce soit ça" et je ne dis pas que ce n'est pas ça et c'est très bien toutes ces choses et je déteste quand les gens sont juste à critiquer et tout parce qu'on porte tous des chaussures
bon dieu, alors, vous voyez, mais
parfois, je me pose
des questions
et je me demande si les autres sont aussi
perdus
et se posent aussi des questions et peut-être que la planète est remplie de gens qui se posent des questions mais on fait mine de savoir exactement ce qu'on fait d'être parfaitement adaptés et de ne pas avoir peur ou se sentir perdus ou
seuls
ou quoi que ce soit de ce genre."
extrait de la pièce Love & Money de Dennis Kelly, p.75-76, L'Arche éditeur, 2011
mercredi 2 octobre 2013
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