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| (c) Laure Forêt |
vendredi 28 novembre 2014
jeudi 27 novembre 2014
"8.
Au huitième temps, quelqu'un dit : Il est temps que nous sachions ! Il dessine un visage. A bas la peau ! lui fait-on. Il dessine une main. Assez de mort ! lui crie-t-on. On le tue pour arrêter ça. Puis l'un des tueurs fend le corps en deux, et l'on voit se répandre des choses : deux éponges, une boîte à sang, une poche, des formes sans nom. Et sur la paroi de ces choses rampent de longs filaments, les uns blancs, les autres rouges. Nous ne sommes pas qu'une enveloppe ! chante la foule enflammée."
Au huitième temps, quelqu'un dit : Il est temps que nous sachions ! Il dessine un visage. A bas la peau ! lui fait-on. Il dessine une main. Assez de mort ! lui crie-t-on. On le tue pour arrêter ça. Puis l'un des tueurs fend le corps en deux, et l'on voit se répandre des choses : deux éponges, une boîte à sang, une poche, des formes sans nom. Et sur la paroi de ces choses rampent de longs filaments, les uns blancs, les autres rouges. Nous ne sommes pas qu'une enveloppe ! chante la foule enflammée."
Les états du corps, Bernard Noël, Ed. Fata Morgana, 1999
lundi 17 novembre 2014
boyaux - Anna Jouy
"Je rentre chez moi, femme tiède.
J’aimais quand c’était la brûlure, un toit de soif au soleil.
Chez moi, maison cautérisée, chez moi abri qui boîte, qui cartonne, qui sardine.
J’aimais que glissent les quatre horizons, le stade des épreuves de largesse.
Je rentre chez moi, chambre sans vue où l’on tond la parole avant l’hiver, l’on mutile le parquet pour une cage de neige.
Pourtant on a craqué sur les foins qui dansent.
Chez moi, compagnie nettoyée du silence, curée de fosses et de fesses. Ventre empaqueté des départs, envol étiqueté boulet définitif.
J’aimais cela devait suffire.
Je rentre chez moi coupée, débourrée, découillée sinistre.Semences jetées dans de stériles étoffes de gaz et d’aperçus. Hoquets de peine et fracas sur des papiers perdus.
Je songeais mettre au monde les phylactères du plaisir.
Chez moi, rasée comme un osier de saule, tête en moignons de prières. Le ciel court et près du crâne.
tu regardais prier les fûts et ma forêt
Je rentre
Chez moi, l’asile, la nuit. Chez moi, l’invertueuse obscurité.
Le couloir."
Anna Jouy, poème extrait de son site Mots sous l'aube
J’aimais quand c’était la brûlure, un toit de soif au soleil.
Chez moi, maison cautérisée, chez moi abri qui boîte, qui cartonne, qui sardine.
J’aimais que glissent les quatre horizons, le stade des épreuves de largesse.
Je rentre chez moi, chambre sans vue où l’on tond la parole avant l’hiver, l’on mutile le parquet pour une cage de neige.
Pourtant on a craqué sur les foins qui dansent.
Chez moi, compagnie nettoyée du silence, curée de fosses et de fesses. Ventre empaqueté des départs, envol étiqueté boulet définitif.
J’aimais cela devait suffire.
Je rentre chez moi coupée, débourrée, découillée sinistre.Semences jetées dans de stériles étoffes de gaz et d’aperçus. Hoquets de peine et fracas sur des papiers perdus.
Je songeais mettre au monde les phylactères du plaisir.
Chez moi, rasée comme un osier de saule, tête en moignons de prières. Le ciel court et près du crâne.
tu regardais prier les fûts et ma forêt
Je rentre
Chez moi, l’asile, la nuit. Chez moi, l’invertueuse obscurité.
Le couloir."
Anna Jouy, poème extrait de son site Mots sous l'aube
mardi 11 novembre 2014
Exposition de Bruno Legeai à Ombres Blanches (Toulouse) - du 1er au 22 novembre
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| (c) Bruno Legeai |
"La poésie a
tout
La poésie
dit tout y compris ce qu’elle ne dit pas
La poésie
dévoile l’invisible
qu’il soit
racines ou plus profond
ou quelqu’
ailleurs ou quelqu’autrement
La poésie
ajoute aux mots leur silence
La poésie
donne au silence une voix
La poésie
révèle nos ombres
La poésie
révèle nos clartés
La poésie se
passe très bien d’images"
mercredi 5 novembre 2014
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