lundi 29 février 2016

Revue la Piscine



le grand bain c'est par là : http://revuelapiscine.com/

"Les jours sont courts
j'ai mis dedans
ce que j'ai pu de joie

les jours rallongent ma bouche
les traits de mon visage tombent
mes amis ont marché pendant que je dormais

les jours sont courts
oh mets dedans
ce que tu peux de joie"


Olivier Bourdelier, extrait, Dans la lune (novembre 2010)
- ces mots sont pour F.

mercredi 17 février 2016

mardi 16 février 2016

(c) Mary Ellen Mark (1940-2015), Close Up Mona Smoking, Ward 81, Oregon State Hospital, Salem, Oregon, 1976

peut-être que ma langue pauvre
finira par trouver l'orifice
la grotte où lover sa sécheresse  sur des muqueuses moites
peut-être que le muscle aura à nouveau
des sursauts des rebonds
éclairs de lucidité dans le brasier
des nouvelles et des doutes
que les flammes tout autour ne l'emballeront pas
comme une écorce molle balancée sur le mur
cette cloison friable qui me sépare des autres
peut-être que ma langue trouvera
où plonger pénétrer
la bouche humide
qui ne lui fera rien
et qui lui dira tout


lundi 15 février 2016

San Clemente (c) Raymond Depardon

peut-être que ma langue pauvre
finira par heurter
par cogner tamponner
une parenthèse une virgule
que le point d'exclamation
tatouée à l'encre de ma sidération
me fera haleter
l'autre réalité
où les signes
ne servent à rien
d'autre qu'à reprendre
respiration
mot moignon violemment ponctué dans ma poitrine
au bout de la phrase trois points de suspension
vais-je reprendre souffle ou encore suffoquer ?
San Clemente (c) Raymond Depardon
peut-être que ma langue pauvre
finira par lécher
par user dénuder
de succions cette réalité
ce béton où tout coule
les cailloux
les gros les brûlants les infâmes
que cet homme cette femme
leurs dents qui nous sourient
jettent crachent
à tour de bras
à gros bouillons
et le jour
et la nuit
contre mon crâne
vide
(c) Raymond Depardon

dimanche 14 février 2016

le feu d'artifice le crépitement le bruit assourdissant la boîte noire qui le rire tonitruant la main battoir plaquée contre la hanche l'épais le gras la toile tendue la peau tendue la paume tendue la première fente le coup de hache le mot le seul giclée dans l’œil le poids et le couteau le ventre déchiré une fois deux fois les bombes entre nos bras des enfants sur la nuque les maux le beau mot épelé d.é.s.i.r des jambes écartées l’éruption la salive la chair décomposée sur les draps chiffonnés mon corps ouvert ton corps fermé et le si                                                                                                                                         
                                       l
                                       e
                                       n
                                       c
                                       e
                                
                                       tout en bas


republication

mercredi 10 février 2016


"Voleur de feu est une revue papier à parution trimestrielle qui réunit à chaque fois un écrivain et un plasticien aux sensibilités communes. Le croisement d’expressions artistiques différentes engendre une alchimie qui dépasse la simple addition de deux univers pour engendrer une œuvre plus globale. Voleur de feu entend réunir les composantes nécessaires pour que cette magie opère. La part belle sera faite aux créateurs vivants afin de saluer la création contemporaine toujours très riche et variée tant dans le milieu de l’écrit que dans celui de l’art."  Commander la revue par-là

" [...] Il y aura une alchimie
Des corps épais et des formules 
Magie rubis et cœurs compacts
Si tu sais bien coter mon pacte
Puis feu et extrême hydrorrhée
Si j'attise nos échauffourées
Il y aura des aphorismes 
Ânonnés dans des montgolfières
Quand on mordille une bouche rieuse
On amende un désir d'argile"

Jour Béryl (extrait), Anna de Sandre


lundi 8 février 2016

Isabelle Damotte - Généalogie (extrait)

"Le père travaillait
sur le parking
alignait
poussait les caddys
à l’abandon
c’était avant
le coup des jetons

La mère
avant
gouvernante dans un grand hôtel
avant les enfants le mariage
avant d’avoir ce qu’elle avait voulu
avait croisé Gary Grant
« J’ai perdu la photo. »

La mère
mi-temps à Chambourcy
rapportait le jeudi à midi
les yaourts
périmés
Pour la première fois
neige et fruits mélangés
la tête nous tournait
à force de souffler
dans les moulins à vent

La mère
avec l’argent des caddys
et des rayons
le père devenu chef des rayons
la mère
avait acheté un costume
que ça se voit
et un après-midi
pour nous
des chaussures hush puppies
on partait à l’école
avec des chiens aux pieds
maman très fière de son affaire

Le père
le jour des deux mille francs
a découpé le gigot
pour fêter ça
la grosse Nadia
à l’école
s’enflait comme un boeuf
avec sa phrase majuscule point à la ligne
Mon père gagne 5000 francs par mois.
L’autre gamine
avec le geste
mon manteau
il a couté la peau des fesses

Le père à la fin
faisait les marchés
juste pour la voix haute
le rire pas caché sous la cape
ça valait bien la peine
de charger la voiture

La mère
quitte à manquer de tout
avait manqué de temps
elle avait prévenu
Vous verrez
il sera trop tard
quand vous irez poser des fleurs
sur ma tombe

On n’y va pas souvent
sur la tombe
on regarde les films
de Gary Grant
On pense au père
on vérifie qu’on a bien
dans la poche
son jeton de caddy"


Découvrir Isabelle Damotte, et ses écrits sensibles (poèmes, extraits de roman) sur l'enfance. Son site : http://idamotte.com/

mercredi 3 février 2016

Je rêve

D'un coin tranquille
Où je pourrai poser

Il y a
Un arbre
De l'herbe
Un héliconia
Une maison carrée
Aux fenêtres grillagées
Un paille-en-queue, un bulbul
Du vent à flanc de montagne
Des voitures qui ronronnent
La langue de la mer
Qui lèche
Le sable
Noir


Un coin
Tranquille
Une maison
Un arbre


Je revois
Le tronc
L'homme
Qui tourne
Tout le jour
La main contre
L'écorce


La bouche
Molle
Et le pantalon
Bleu
Tenu par une corde


Le mouvement
De la tête emmaillotée
Les racines ténues

Ma robe citronnée
Les mains brunes
Qui pensent


L'oeil
Qui vagabonde


Le coin tranquille
Dans la cour de l'HP
Après l'école


L'odeur fade des murs
La blouse de ma mère
Le blanc des frangipanes


Dans l'île

mardi 2 février 2016

Parution du recueil numérique : Sur la table


Parution aux éditions Qazaq de Sur la table, illustré par Maxime Dujardin

Pour télécharger le recueil, cliquez sur : http://www.qazaq.fr/pages/sur-la-table/
Pour quelques détails sur l’auteure et l'illustrateur : http://www.qazaq.fr/pages/muriele-modely/
Pour le catalogue de livres par genre : http://www.qazaq.fr/catalogue-par-genre/