mercredi 7 avril 2010

le mot parasite

©Le Superbe

Ca a commencé bêtement...
j'avais lu ce livre,
Ex machina,
l'histoire d'un androïde
blotti dans un crâne,
friand de chairs, de sexe,
petite bête observant le monde,
à travers les yeux d'un type

C'était une nuit banale et froide...
j'avais lu ce livre là
de Hugues de Chanay,
l'histoire d'un esprit corrompu,
exposant ses actes,
ses violences,
par la voix du parasite
dans le cerveau du type

j'avais plongé tête la première,
dans le bouillon
verbal,
d'un
alien,
d'un
robot,
d'un
schizo

c'est au petit matin que tout a dégénéré...
j'avais laissé le livre ouvert
sur la table de chevet,
les mots en ont profité
pour sortir leurs crocs,
pour pénétrer à coups d'entailles,
mes narines, mes oreilles, ma bouche,
pour s'installer et faire souche

ce n'était plus un roman...
j'avais aussi ma bête,
ma pensée dédoublée :

un long ver annelé
pourvu de minuscules lettres,
bousculant de ses hampes
les phrases toutes faites,
encombrant l'oesophage
de mots sans queue ni tête,
irriguant l'estomac de l'aigre
des mots : panique, angoisse et peur

après ce matin là...
Ex machina, le type, de Chanay,
se sont dissous dans  mes divagations
mentales

le ver blanc annelé,
bouffi ou amaigri
avale avec constance
tout texte
craché, vomi
dicté, subi

le mien, le votre, les autres...
violences sémantiques assiégeant mon cerveau
accès de panique pervertissant mes propos

écrit de MuLM, avril 2010
crédit photographique Le Superbe