© Coya
la tête tournée
vers l'évier
qui sent le sale
J'inspire j'expire
l'odeur de renfermé
Je cherche à concasser
ma pensée ébréchée
Je jette à tout hasard
un peu partout
et nulle part
mon goût ferreux
esprit hagard
L'homme est debout
collé à mes genoux
il cherche à évacuer
l'insensible d'un corps
Je sens lentement
ruisseler de mes pores
la terreur continue
les battements tordus
Le cœur scande
en petit métronome
les secousses du bois
qui grince sous mon poids
Je suis allongée
sur la table
les jambes écartées
résolue à céder
un espace où diluer la
tristesse
Je ne ressens rien
Je n'ai aucun désir
Je guette la panique
de l'oiseau tyrannique
sous mon ciel couvert
Et le besoin d'amour
ton envie de tuer cet
oiseau sous ma peau
se résume à planter
un bout de ton corps
dans un bout de mon
corps
à écouter les pieds
de la table crisser
sur les carreaux
de la cuisine
Crédit photographique Coya
