Humer la peau de l’autre
pour éteindre le feu
la soif inextinguible
Frisson épidermique
nourrie de solitude
de silences et de vide
Les yeux gobent
avides
un sourire
une cicatrice
l’ourlé de lèvres fines
le granuleux d’une joue
La langue se défend
de laper
leur présence
d’exhiber l’indécence
de sa gloutonnerie
A ce moment
les narines frétillent
de cette odeur maligne
dans le bus, le métro, dans la rue, au boulot
c’est le corps qui frémit et exhale ces sucs
Parfois, le corps de l’autre cède
et mélange phéromones à ce pic d’hormones…
La femme de l’homme
L’homme de la femme
jouit
Et dans la redescente
dans les traînées blanches
de la pensée qui pointe
des mots qui prennent forme
Le corps redevient nu
et l’estomac révulse
à la vue du sac
de peau grenue
qui balançait plus tôt
L’objet de gourmandise
n’inspire que dégoût
La femme et l’homme,
L’homme et la femme,
enfilent mutiques
leurs visages hermétiques.
écrit de MuLM publié ici même en mai 2009