mardi 8 mars 2011

Brève de comptoir

Ce matin dans le centre commercial
y avait un renard et un sanglier qui
ratissaient les allées la faim au ventre

j'te jure

pôv débile, il n'y a pas de bêtes
qui fassent ses emplettes au supermarché

ok, soyons précis

Ce matin dans le centre commercial
un sanglier (il était seul) cherchait
crânement à bouffer du jambon

(coup de poing)

sombre crétin où crois-tu qu'on vit?
les bêtes de la ville brident leurs instincts

(langue enflée)

che t'achure y avait un changlier couvert de gras
qui chlalomait che matin dans le chentre commerchial
entre des groches mémés en tranche


*


A la une de La Rincée Parisienne ce matin

"VIOLENTE ATTAQUE DANS LE CENTRE COMMERCIAL DE LA FOUNETTE

Un mystérieux animal aurait dévasté ce matin, à l'ouverture du centre commercial de la Founette, les allées du supermarché Lefour. L'attaque n'aurait duré qu'une trentaine de minutes mais aurait occasionné des pertes phénoménales à l'enseigne parisienne déjà menacé par un plan social. Selon Monsieur Jipègue, le directeur de l'établissement, les pertes en denrées périssables s'élèveraient selon ses premières estimations à plus d'un million d'euros, ce qui aurait malheureusement pour effet de revoir à la hausse le prévisionnel des licenciements.

Monsieur Jipègue déclare : "Je tiens à rassurer les consommateurs, une commande exceptionnelle permettra de réapprovisionner dès cet après-midi les rayons de l'établissement. Pour les clients présents ce matin, contusionnés ou blessés par cette attaque indépendante de notre volonté, un bon de réduction de dix euros sur leurs prochaines courses leur sera remis à l'accueil sur présentation d'une attestation médicale."

On ne dénombre pas moins de cinq fractures de la hanche, et plus d'une centaine de blessures à la région glutéale, consécutives aux chutes provoquées par les matières liquides ou grasses répandues par l'animal en furie.

Notre journaliste, dépêché sur place, a pu recueillir un certain nombre de témoignages de clients encore étendus sur le sol en attente des secours.
Selon Mme X, il s'agirait d'un sanglier. Elle a en effet parfaitement reconnu le pelage rêche caractéristique de l'animal, malgré les nombreuses matières (céréales, miel, huile, PQ etc.) le recouvrant totalement.

Selon Mr Y, il s'agirait plus vraisemblablement d'un forcené échappé de l'établissement psychiatrique, situé à quelques centaines de mètres.
Mr Y, également président de l'association des riverains, a trouvé la force de nous confier malgré ses blessures  :
"Cela fait quelques mois que nous nous mobilisons pour l'éloignement de cet hopital en rase campagne. L'obstination et la résistance de quelques parents de malades aboutissent aujourd'hui à ce drame prévisible, puisque je vous rappelle que l'hopital n'est pas cloturé et qu'il donne directement sur l'entrée nord, là même où le fou furieux est entré."

Selon les déclarations d'un vétérinaire à la retraite, également présent ce matin dans le magasin, il lui semble par ailleurs impossible qu'un sanglier ait pu parcourir les deux cent kilomètres séparant le bois le plus proche du bâtiment, traverser l'autoroute, le périphérique, les routes, éviter les voitures très nombreuses sur le parking ce matin vers 10 heures, ne pas être asphyxié par la concentration très élevée de CO2 à  80 cm du sol (sa taille approximative selon les témoins NDLR) 

Un ministre interrogé ce matin sur France Inter, évoque la mise en place d'une commission de réflexion sur un dispositif législatif permettant l'éloignement de toute bête (sanglier, forcené, en bref tout être vivant non domestiqué ) des centres de production économique.

L'enquête suit son court."