mardi 26 avril 2011

Je n'ai plus bougé

je n'ai plus bougé pourtant
le feu n'était pas rouge
personne ne me parlait
pas un bruit pas un geste
n'embarrassaient mes pieds

j'apercevais soudain
le battement infime
de vers filaments
jaillir de mes rétines

ils étaient longs et blancs
transparents, translucides
pénétraient par les bouches
les yeux et les narines

je voyais leur cambrure sur les reins des passants
je voyais leur denture, leur lent frémissement
je les voyais ouvrir en mesure des veines
manger des carotides, écrabouiller des peines
percer des ventres lourds, broyer des têtes vides

comme une averse drue, je sentais dans nos peaux
des cancers, des tumeurs, des arrêts cardiaques
des anévrismes, des chocs, des irradiations
et puis la trouille, la trouille,
la trouille

je ne bougeais plus, non...
(parfois le mime chasse la mort)
et sur mes cheveux
et sur ma gorge
ça ruisselait encore