Pas de pensée magique
mais il y a, je l'ai vu,
des fillettes en grappe
dans les arbres du parc
Leurs orteils s'agrippent
à l'écorce des branches
je vois leurs cuisses blanches
et leurs mollets griffés
Elles pépient
agitent leurs ailes
le vent doux du printemps
épand sur l'herbe
leur jus de chlorophylle
et les giclées de miel
Sous l'ombre de leurs jupes
une goutte rouge épaisse
s'échoue comme une larme
Dans ma chair se dessine
la fleur du flamboyant
le fruit est mûr
Jambes tendues
trille en avant
elles tombent