Sur la terrasse
du bar Les Tilleuls
dans la lumière poisseuse
du début d'un mois d'août
tu vois tomber les ombres
quand tu bouscules la table
le cri strident et continu
des étourneaux dans l'arbre
l'homme assis
de l'autre côté
avale sans un mot
de grandes lampées d'alcool
l'air est chaud, le soleil haut
et les feuilles des arbres
dessinent sur sa joue
des cartes
des routes inconnues
dans les touffes de poils
ces îlots que la mer balaie
certains soirs
tu regardes l'homme
et sa glotte à chaque déglutition
son humeur descendante
ce récif où s'échouent
invariablement
tes voyages
ton incessant
ton frémissant
naufrage