dimanche 17 février 2013

je parle à mes morts
qui est-ce que ça intéresse ?
chacun a tant à faire
chacun a son fantôme
alors quoi ?


il y a la vie, c'est tout
il me le dit
        la vie
il me secoue bien fort
la vie même dans la douloureuse
la souffreteuse respiration 
qui chiffonne les pétales
dans les poumons

il le répète
          elle est 
c'est drôle non ?
dans ce souffle coupé
quand tu dévales, dégringoles les escaliers
quand tu éprouves la résistance de tes côtes
sur l'arête aigüe des marches

il me le redit encore
juste avant de me pousser
à mon oreille
il répète son petit conseil
un coup de tatane entre les omoplates
Cesse 
ton pitoyable 
ton indécent 
ressassement

il rit      il rit
l'urgence de la vie :
ah, les escaliers
tu n'en as pas fini
de rouler en boule 
de tomber, de sentir 
les meurtrissures, les bleus 
sur ta peau le ciel mauve 
dans ta chair la violence du sol


je parle aux morts
mes ronds de fumées
alors que je ferais mieux
en bas       tout en bas
d'avaler sans un mot
une grande goulée d'air