vendredi 27 septembre 2013

parfois tu as peur de ne pouvoir tout saisir entre tes molaires
tu te dis que les choses seraient plus simples si tout ne se passait dans le fond de ta gorge
les choses seraient plus claires si tout n'était qu'affaire d'écartement
si tu parvenais seulement à faire coïncider d'un mouvement de mâchoires
les crocs du haut aux crocs du bas
si tu faisais gicler de tes lèvres
ce raisin lourd et blond qui te sert de planète
ton fruit un peu trop rond, ton cœur de midinette
si le fruit se fendait, tu te dis que sûrement tu l'entendrais bien nette
la déchirure du monde
sur ta langue juter son sens et ses pépins
tu te dis tant de choses, ta bouche reste close
rien ne sort
rien ne rentre
le soleil ne lèche pas tes pores
les branches nues des arbres ne pèlent pas tes yeux
l'air n'est pas sirupeux, ton souffle n'est pas vif
les hommes sans désir
contre ta joue
la grenade est le fruit
le mystère est dedans
rouge et brûlant