lundi 30 juin 2014

"L’interprétation de la poésie est semblable à celle du rêve. Elle se fait à partir du texte du poème. Elle vise bien à y comprendre quelque chose. Mais ce quelque chose n’est pas ce que dit le poème comme si celui-ci était un simple compte rendu, une histoire, une démonstration. La matière du poème dans tous ses aspects brillants, dans toutes ses apparences de sens ne doit pas être prise à la lettre, mais ramenée à l’expérience qui en constitue le noyau. Dès lors, il devient possible de parler du caractère véridique ou non d’un poème. On ne dira jamais que le poème en tant que discours énonce des vérités, car cela n’a tout simplement pas de sens ; on dira que le poème en tant qu’acte est véridique parce qu’il a le même poids, la même présence, la même intensité que l’indicible dont il procède."


extrait d'un article passionnant  sur le site Notules que vent emporte
qui a (avait ? dernière publication en avril 2014) pour ambition de parler de l’écriture et de l’interprétation des textes,  et qui tente plus précisément, je cite, "de définir de la manière la plus rigoureuse possible le rapport que nous entretenons avec le langage en tant qu’êtres parlants et praticiens de l’écriture. [...] langage [qui] ne se laisse pas réduire à un rôle de simple instrument, car il nous constitue et nous détermine bien au-delà de ce que nous imaginons. "