jeudi 21 novembre 2013

ce goût métallique au fond de ta gorge, c'est le reste d'alcool, l'humeur fléchissante, les jours passent et se ressemblent, qui macère, fermente, contre tes papilles. tu pleures, pleurniches, songes, saveur de chlorophylle, au champ illimité, l'herbe verte et mouillée, que tu tenais en bouche, d'un seul tenant, et dans un seul, de tes sourires. ce vieux goût de ferraille, c'est la commutativité aujourd'hui disparu : lui, toi, avant, après, le signe égal entre futur et passé. c'est cette opération d’accommodation du complexe avec le réel, des complexes avec le réel, à une lettre près, tu la sens bien ta langue, se balancer au crochet du boucher. c'est, dans l'écartement des mâchoires, l'haleine passée et repassée, par toutes ses phrases, que tu ne peux finir, tu tentes quand même, et il, te regarde, petite bête étrange, qui sent un peu l'orage, et il, t'écoute, tes mandibules habiles sous tes chants malhabiles, ou le contraire. ce goût de rouille dans ta bouche, ce sont les mots qui crament, le grand brasier d'émail.