lundi 9 décembre 2013

Nous sommes allongés dans l'herbe, il n'y a pas d'oiseaux
Nous flottons dans la cage, où les arbres nous ceignent
Dehors c'est la ville, derrière les barreaux
Des jambes filent le flux fatigué des ruisseaux

Et j'ai ouvert la bouche, pour avaler la terre, cernée par le béton
Et j'ai ouvert la bouche, pour avaler la mer, et nous nous y noyons

Au-dessus du jardin, de nos corps, le soleil
Me voilà sidérée par ta facilité à le multiplier
Dehors il fait si sombre, il pleut, il pleut des cendres
Combien de temps ici pourrons-nous divaguer ?


Nous sommes allongés dans l’herbe
Tu arraches d’un ongle un bouton de ma robe
Tu empoignes d’un rire l’herbe sous mes genoux
Sur mon visage tombe de la terre et des nœuds
Comment défaire ici tout ce qui nous émeut ?

Et j’ai ouvert la bouche, pour boire la motte froide
Et j’ai ouvert la bouche, j’ai bu, nous avalons

Le jardin minuscule, la nacre, la chlorophylle
Nous devenons ce trou où s'écroule la nuit