lundi 8 décembre 2014

L'été dégueulasse avance doucement vers l'hiver
il pleut sur nos joues, dans nos mains
des traces grasses, des nouvelles sales
l'encre des journaux coule
des corps sans vie s'écroulent
s'entassent
une peau chasse l'autre

il pleut
on regarde le ciel
on guette un rai violet
un truc qui permettrait
de faire le plein
recharger nos accus

derrière la vitre
un jour qui tombe

on sait que cette année encore
rien ne bouleversera la fuite des saisons
à la fenêtre on fume, on espère les cigales
on fait semblant

on n'entend rien en fait que le tir des roquettes
le bruit sourd de campagne à la télévision