la grenade est le crâne, la mémoire est le fruit
qui doucettement décomposent au fond de l'assiette
qui doucettement exhalent des sucs âcres
baignent dans cet oubli où des insectes grouillent
on entend les élytres vibrer contre le cuir chevelu
on entend les frottements saccadés déchirer la longue cicatrice
sur nos visages, des mofettes s'exilent
des fumerolles font des dégâts irréversibles
c'est ainsi que sur la table giclent nos souvenirs
sur la page, des souvenirs
car il est impossible d'user du nous quand il s'agit de tout reconstruire
les images qui me
qui nous reviennent
sont incomplètes, incomprises
tu me regardes et je m'épelle
je t'observe et te rappelle
au cœur de la phrase
chaque grain rose, sucré dissimule en son sein
un ciel bleu et violet, des nuages orangés
la peau flétrie d'enfance
dans le poème, le passé affabule
tout fleure nos absences
les mots nous recommencent