tu sens monter la vague, autour de toi
des femmes recroquevillées dans de vieilles peaux de bêtes
t'observent du coin de l’œil, elles savent
la mer monte, l'asphyxie semble imminente
chaque regard est comme une lame plantée dans chaque centimètre de chair
à nu
elles savent, ne comprennent pas : "comment peut-on laisser faire ça
où se trouvent les grilles pour définitivement éloigner l'animal ?"
la peur est une mélasse, elle englue
toutes les femmes à couvert qui baissent des paupières
leurs lèvres molles plissées dans un O sidéré
la grille est au-dessus et aucun de nos mots
n'empêchera la noyade
bêtes et monstres mêlés
ensemble