on voudrait ne pas osciller
entre la joie profonde
et la tristesse sourde
qui met son petit brouillard
à la surface de la cornée
on voudrait être pénétrée
vraiment
profondément
par les odeurs de sucre
la voix aiguë d'enfants
leurs lumières dorées
on voudrait adhérer à ce déferlement
de couleurs qui font tourner la tête
plus sûrement que la patinoire
installée sur la place de la mairie
on voudrait que diffusent
ces moments touffus, feuillus
qui font respirer fort
qu'ils soulèvent nos peaux
contre la peau de la ville
on voudrait dompter
les pensées débridées
qui nous baladent
des moments d'euphorie
à du cynisme pur
et on cherche
fébrilement la main
où poser sa fatigue
un contact rugueux et bref
pour apaiser nos yeux