Sur la place, comme chaque année
On avait installé le sapin
Un sapin métallique
décharné
Où de pauvres guirlandes clignotaient
dès que le soir tombait
Sur la place, il n'y avait rien
On entendait à peine le vent
Siffler contre les loupiotes pâles
C'était un quartier excentré
Il ne semblait pas utile
De se donner du mal
De donner trop de lumière
À la place vide
Et froide
À quoi bon éclairer
Les trottoirs défoncés
Les jeunes garçons languides
Assis sur les bancs sales, qui font
Dissimulés sous leur capuche
Des ronds de fumées larges et blanchâtres
Sous les yeux fatigués
Des quelques passants
Qui rentrent chez eux d'un pas lent
Indifférents
Aux seuls espaces
Qui n'appartiennent qu'à eux