jeudi 22 septembre 2011

Nouveaux Délits & Poulpe...


A paraître le 1er octobre le numéro 40 de la revue Nouveaux Délits. Vous pourrez y lire quelques uns de mes poèmes...

AU SOMMAIRE :

Délit d’amour :
Hommage à Beb Kabahn (1974-2011), graphicultrice de stigmates, écrivière en proséïe et tellement plus et encore.
Hommage à Yann Orveillon (1941-2011), poète et voleur de feu, au cœur océan.

Délit de poésie : Murièle Modély, Patrick Aveline et Guillaume Siaudeau

Résonances : 1 livre, 1 recueil, 1 groupe de musique, 1 couple de photographes.

Délits d’(in)citations s’éparpillent comme toujours à l’automne et vous trouverez le bulletin de complicité, très au fond en sortant, qui adore jouer lui aussi les feuilles au vent...

Illustratrice : Corinne Pluchart

Pour plus d'infos, cliquez ici.

Et aussi parution du nouveau livre de Cathy Garcia, Le poulpe et la pulpe. Pour l'eau à la bouche et commander, allez

lundi 19 septembre 2011

"Jeune j'aimais le temps..." Pierre Jean Jouve

"Jeune j'aimais le temps
Je ne supportais pas d'être le plus jeune
J'aimais la graminée quand elle a ses graines les
arbres quand ils s’étendent comme la musique
Jeune j’aimais les vieux
A présent je penche avec mon ombre sur l’autre
versant celui qui descend
Je ne sais plus j’ai goûté plusieurs temps
Peut-être avec la vieillesse viendra le calme"

Les Noces, suivi de Sueur de Sang, Pierre Jean Jouve, Gallimard, Poésie 13, 1996

mercredi 14 septembre 2011

Poèmes du lendemain 19 - Audrey-Anne Marchand


J'ai rencontré Audrey-Anne Marchand pendant l'atelier poésie du PJE de Muret, mené par Seyghmus Dagtekin. Et l'écriture d'Audrey Anne a été un éblouissement...
Parce que sa poésie est un raz-de-marée d'images qui balaie tout... de sa musicalité, de son impériosité... je ressentais ses mots très corporellement (sais que ne suis pas très claire, mais bon), et restais toujours sans voix, assommée, admirative devant le foisonnement irrésistible de son écriture.

Bref, elle m'a envoyé il y a quelque temps Poèmes du lendemain 19, l'édition par Ecrits des Forges des lauréats du Prix Piché de poésie 2010, dont elle a eu la mention spéciale. Je vais en dire quelques mots ici (mon ressenti de simple lectrice, avec mes propres filtres et tout le toutim -pardon donc Audrey-Anne de ma lecture forcément partielle ) :

La suite poétique d'Audrey-Anne s'intitule : Je dis non aux histoires sans fin
Et la quatrième de couverture cite  cela : "J'ai trouvé le centre-ville dans tes yeux comme un drapeau planté par erreur sur un lendemain futile..."

Et de paragraphe en paragraphe, sans ponctuation, comme une parole qui reprend son souffle dans les sauts de ligne, on suit cette urgence, cette impossible et nécessaire rencontre, ce désir illusoire pour mettre en phase, pour circonscrire lui elle, l'autre soi...
"ton essence est comme une catastrophe lancée au visage comme prémunie d'une sophistication archaïque qui ne s'estompe pas"

"je te parle au coeur de mes robes rouillées on dirait enfin que la musique approche mais tu t'effondres pour éviter mon saccage et le désordre de ma pensée décousue et rapiécée

tu butes contre les murs invisibles toujours pour te sauver de notre langage épuisé à force de guerres incomprises à force d'exils et de nostalgie précoce"

Il me tarde de la lire à nouveau, elle a des projets de livres et de participations dans des revues je crois... Une poétesse à suivre !

Ps : Je ne parle pas de Je reviens de mourir , Guillaume de Marie-Charlotte Aubin qui a eu le prix Piché, mais c'est aussi très bon ! :)


vendredi 2 septembre 2011

Reprise d'Anna Jouy - Vases communicants

Rhume de cerveau, éternuements de l'intelligence. Je bégaie des idées comme des postillons d'humeur. Problèmes de saison, automne de toutes les couleurs des vertes et des pas mûres. Une pensée après l'autre, le rouet est plein et déborde. Après qu'en reste-t-il qui tienne à l'estomac? Pas grand chose et parfois même la chiasse normalité de tous les transits.
Je dépense mon temps en semailles, le champ est vaste et à peines labouré. Je fais mon semis d'un geste de repiqueuse, il me faut une machine à coudre pour sillonner mon pré
et la terre tissu conjonctif est dure comme de la futaine de cow-boy. Je vois Millet prier ses pauvres angélus et le tablier sale des travaux sans fin.
Je monte la charge, au loin mon troupeau de moucherons bourdonnent et sucent le sang des fleurs.
Il est temps de respirer en dehors du sable aqueux des vieilles bruines qui rentrent par le nez et font baver les narines. D'essuyer les peintures de leur grisaille de suie et de restaurer la lumière. Temps de sortir du cadre et de visiter les jupes fraîches de l'automne la main dans le sac et les bas de laine douce.
J'use en vain mon cœur en petites oboles, le divin n'aime pas la fumée de mes sacrifices. Caïn courbe l'échine sous le poids des cendres. L'œil impitoyable du critique use le sens des lignes et des perspectives du tableau, les prières sont lourdes et rasent le gazon.
A l'horizon les Indiens lèvent le camp et leurs cheminées ont pris le chemin du départ.


Premier vendredi du mois, c'est Vases communicants,
 ce mois-ci c'est Anna Jouy qui pose ses mots magnifiques chez moi...
et qui m'accueille chez elle par là http://annajouy.over-blog.fr/m/article-82985067.html


La liste de tous les vases communicants de septembre  
sur la page facebook dédiée aux vases 



jeudi 1 septembre 2011

Marie

elle a les pieds nus
les paumes tournées
vers le ciel
un regard stupide
un peu bovin
un peu vide
le genre de regard
télégénique
l’oeil rond
la paupière lourde
le trou légèrement dilaté
le genre de regard
de fille shootée
qui ne sait pas
ce qui se passe
qui ne voit rien venir
qui observe
absente
le machin glaireux
posé devant elle
qui n’a pas pu
passer
entre ses hanches
étroites
impossible
inconcevable
et son sein
de quinze ans
qui jaillit
de la robe
courte et bleue
étalée en corolle
sur son corps
virginal
recrée
pour la photo
pour la main
du type
pour ses yeux
pour son sexe
la scène

Derrière la vitre sale

Quelquefois en tête, je n'ai qu'un grand trou
Quelquefois, il y a toi

Grottes Les grandes Canalettes, Villefranche-de-Conflent, été 2011

mercredi 31 août 2011

Microbe 67

Au sommaire :

Textes de :
Justin barrett
Marc Bonetto
Nicolas Brulebois
Éric Dejaeger
Fabrice Farre
Pascal Feyaerts
Mahrk Gotié
Frédérick Houdaer
Jean-Marc La Frenière
Pierre-Brice Lebrun
Hervé Merlot
André Stas
Marlène Tissot
Florian Tomasini
Illustrations de Samantha Barendson

Les abonnés le recevront début septembre.
Les autres ne recevront rien.
Pour tous renseignements, contactez Eric Dejaeger

mardi 30 août 2011

Les Vigilants (2007), Guy Ferrer

Guy Ferrer invité des Rois de Majorque
Palais des Rois de Majorque, Perpignan
du 17 juin au 18 septembre 2011

lundi 29 août 2011

Le quotidien du pain noir de Thierry Roquet

Aux éditions Koffmal (éditions made at home par l'auteur lui même), le nouveau recueil de Thierry Roquet.
Le poète nous fait entendre avec des mots simples, la petite musique de l'existence. C'est à la fois triste et doux... triste, parce qu'avec le temps, les choses devraient être moins pénibles et ce n'est pas le cas...

"Il va falloir payer les arriérés
Sans fuir par les escaliers
De secours - pas cette fois

Ainsi les hommes marchent sur la lune
quand d'autres ont les pieds
Dans la merde -jusqu'au cou"

et doux parce qu'il y a elle...
sa présence à elle partout autour

"Ton sourire quand je
Raconte une blague
Et ton baiser en me disant bonne nuit

Les mots entre nous
Si familiers et l'habitude
De les entendre d'une certaine manière"

Un goût de temps qui passe et qui laisse en bouche de la mélancolie...

Fabrice Marzuolo en parle beaucoup mieux que moi sur le blog de L'autobus ici
et pour lire la suite, on peut commander le recueil auprès de l'auteur, pour la modique somme de 4 €

dimanche 28 août 2011

Les cauchemars du gecko de Raharimanana

Le livre de Raharimanana a été initialement une pièce de théâtre présentée à Avignon en 2009.
Le gecko comme une tâche rétinienne tenace, noire, sur la mémoire, le monde, l'occident tel qu'il va...

p. 43
"Si tu lis ces lignes, cavale, cavale de suite et si tu ne sais pas lire, cavale quand même...
[...]
le gecko, la fuite en tête encore quand pris par la queue, il se débat et se déleste de son appendice, il file. Sur l'île on l'appelle le lézard à deux vies, queue coupée repousse pareille...
dans la poussière, les traces du gecko narguent la fleur de lis tombée de l'autre épaule...
Je n'ai aucune bouche à te déplanter pour me dire libre, je me tire, je me vire, m'entends-tu encore ?
la particularité du son du gecko, c'est l'écho qu'il crée dans sa gorge, on croit l'entendre à l'autre bout de la pièce - et l'y situer donc.
Or, il n'est qu'ici, bien près derrière votre nuque, à l'envers sur le mur ou le plafond..."

D'autres extraits sur Remue.net
Les cauchemars du gecko, Raharimanana, Vents d'Ailleurs, 2011

Dans la lune

Je continue ma lecture à l'envers (étourdie que je suis :)
Après le Dans la Lune n°21-22...
Dans la lune numéro 20
où j'ai pu lire un magnifique texte de Olivier Bourdelier

" [...]
 Je ne ressens plus aujourd'hui ni impatience, ni inquiétude, quand les mois peuvent passer sans que me vienne un poème. Mais qu'il arrive, et je l'accueille en souriant, le dernier, dernier en date - ou l'ultime car qui sait jamais ?

Les jours sont courts
j'ai mis dedans
ce que j'ai pu de joie
[...]"

pour en lire plus, commander le numéro

vendredi 19 août 2011

Est-ce aimer ?



Est-ce aimer ? d'Alain Bashung
L'imprudence, 2002

mercredi 17 août 2011

Rodrigo Imaz


Découvert sur FPDV
l'artiste Rodrigo Imaz

son site à visiter ici


dimanche 14 août 2011

Vraiment

Vraiment
Je veux t'écrire
Un gentil poème

Un truc qu'on suçote lentement
Comme un brin de blé

Toi allongé dans l'herbe
Au-dessus le soleil
Mon jus de chlorophylle
Ruisselant tes papilles

Un truc
Pointu
Précis
Qui plante le bonheur

Comme un pieu
En plein coeur

Non, non oublie
Je ne voulais pas dire ça

Ce que je veux
Vraiment
C'est un poème docile
Et doux
Et simple
Et propre

Pas ces trucs pleins de morve
Ces pointes qui clouent au sol

Mais bon
J'ai beau trifouiller des deux mains
Mon sourire et mon crâne
Sous les ongles, crasse
Orvets, lymphe, limaces

Une bouillasse froide
Qui sculpte le matin un filet de salive
Sur le coin de ta lèvre

Cette trace saline qui trouble nos baisers

jeudi 4 août 2011

Les papillons



Il y a des papillons posés sur ma paupière
qui agitent leurs soies sur le fil
de mes yeux

Il y a sur ton visage une armada de bêtes
et ta langue et ta bouche
qui s'excitent
bavassent

oh
les jolis tentacules
sur mes lèvres charnues

Il y a des loches et des lépidoptères
qui grouillent
se mélangent
sur tes traits adorés

La poudre et le mucus
qui brouillent
oh
nos définitives
figures imposées

Ton coeur bat plus vite
















Ton coeur bat plus vite que le mien, c'est anatomique.
Il cavale, il court, secoué par un rire, une vague, ou rien.
Je vois sous ta peau fine, ce fruit rouge qui s'emballe dans un matin tout neuf. Je vois la cellophane. Je vois les reflets roux, sur tes joues, dans ton cou, dans chaque brin de tes cheveux.

Ton coeur bat plus vite que le mien, c'est certain.
Pourquoi ai-je donc peur ? pourquoi suis-je immobile ? pourquoi je te contrains ?
Deviens, n'écoute pas ta mère, cabre sur le chemin, fais des boucles, ne fais rien, marche vers l'horizon, mets ton coeur au soleil. Mange le ciel.


C'est l'été, je "republie" de vieux trucs (tout reprendra sa place à la rentrée ;)

Claude Nori, la géométrie du flirt


La géométrie du flirt, exposition jusqu'au 11 septembre à la galerie du Château d'eau, Toulouse
Le site du photographe ICI


mercredi 3 août 2011

Un écho de nuit de Vincent Motard-Avargues

Le recueil avance sa lente et longue dé-construction qui amène irrémédiablement la chute... J'ai beaucoup aimé la dernière partie quand Elle surgit... Je trouve cette partie resserrée avec de belles images, et une accélération qui m'a bien plu   

(extrait)

"...Elle
et ses yeux de feu
où la vie se consume tel un rien

Elle
croisée dans un bar sordide
où le mouvement n'avance pas

Elle
comme un jour neuf
au beau milieu de la nuit

Elle
qui déclenche
les prémisses de la fin"

Vincent Motard-Avargues
Editions du Cygne, 2011



Horacio Guzman



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Horacio Guzman Photography 
Ordinary people, extraordinary stories

SON SITE ICI