Bruxelles, octobre 2011
mercredi 5 octobre 2011
mardi 4 octobre 2011
Tu m'as posée comme un verre
Tu m'as posée comme un verre au bord de la fenêtre
Je sais, tu n'as plus soif et le soleil est bas
Tu marches comme une ombre ,dans le salon je traque
D'un reflet tes yeux noirs filant sur le béton
Tu ne bois plus mon eau trouble, le temps passe
Les traces de calcaire sur nos lourdes embrasses
Mes deux courbes salines déformées par le mot
Immense qui sépare ta bouche d'un verre d'eau
Eh oui,c'est le pyrex et les papillons posent
de moins en moins leurs flammes
Parfois il pleut
sur tes lèvres mon verre
Et tu lèches, plic ploc
le fond de mon vieux bock
mardi 27 septembre 2011
L'odeur - FPDV
Tu t’es enfin rassise sur le bord de la natte, tes jambes blondes tendues dans l’herbe sèche. Je te regarde en douce. Tu portes le tee-shirt à rayures bleues que tu adores, sur ce short en jean minuscule que je déteste.
Tu boudes. Tes yeux, ta bouche, ton nez, tout est plissé. Ta peau sue sa mauvaise humeur, sous le soleil de ce début d’après-midi d’été.
Je souris de côté, tu as encore sur la lèvre trois miettes de cet immonde gâteau au chocolat. Je te le ferais bien remarquer, mais je me tais. Tu as seize ans et tu es un volcan sur le point d’exploser.
Tout ça parce que j’ai soulevé le bras de ton père pour baiser son aisselle ; tout ça parce qu’avec la même langue, j’ai léché mes dix doigts juste avant le dessert.
Tu t’es levée. « Putain, maman, t’es dégueulasse, tu nous sers le gâteau avec tes doigts qui puent »
Soit dit en passant, tu as mangé ta part, avec des haut-le-cœur c’est vrai, mais tu l’as mangée…
Et maintenant tu boudes, un gouffre nous sépare. Soyons juste, à moi aussi, ton parfum écœurant et sucré de vanille me soulève le cœur.
Alors comment t'atteindre, pour te dire ton père allongé sur le sol, mon ombre sur son torse, ses yeux clos sous mes mains, l’envie de mordre encore sous le bras de ton père, la poussière et la mer ?
Comment te faire simplement comprendre mon penchant pour l’âcre, la sueur, les humeurs, ce qui vit, ce qui meurt, qui chavire le corps ; cet avant-goût tenace de l’odeur fade et chaude de la terre meuble ?
lundi 26 septembre 2011
jeudi 22 septembre 2011
Nouveaux Délits & Poulpe...
AU SOMMAIRE :
Délit d’amour :
Hommage à Beb Kabahn (1974-2011), graphicultrice de stigmates, écrivière en proséïe et tellement plus et encore.
Hommage à Yann Orveillon (1941-2011), poète et voleur de feu, au cœur océan.
Délit de poésie : Murièle Modély, Patrick Aveline et Guillaume Siaudeau
Résonances : 1 livre, 1 recueil, 1 groupe de musique, 1 couple de photographes.
Délits d’(in)citations s’éparpillent comme toujours à l’automne et vous trouverez le bulletin de complicité, très au fond en sortant, qui adore jouer lui aussi les feuilles au vent...
Illustratrice : Corinne Pluchart
Pour plus d'infos, cliquez ici.
Et aussi parution du nouveau livre de Cathy Garcia, Le poulpe et la pulpe. Pour l'eau à la bouche et commander, allez là
lundi 19 septembre 2011
"Jeune j'aimais le temps..." Pierre Jean Jouve
"Jeune j'aimais le temps
Je ne supportais pas d'être le plus jeune
J'aimais la graminée quand elle a ses graines les
A présent je penche avec mon ombre sur l’autre
Peut-être avec la vieillesse viendra le calme"
Les Noces, suivi de Sueur de Sang, Pierre Jean Jouve, Gallimard, Poésie 13, 1996
Je ne supportais pas d'être le plus jeune
J'aimais la graminée quand elle a ses graines les
arbres quand ils s’étendent comme la musique
Jeune j’aimais les vieuxA présent je penche avec mon ombre sur l’autre
versant celui qui descend
Je ne sais plus j’ai goûté plusieurs tempsPeut-être avec la vieillesse viendra le calme"
Les Noces, suivi de Sueur de Sang, Pierre Jean Jouve, Gallimard, Poésie 13, 1996
mercredi 14 septembre 2011
Poèmes du lendemain 19 - Audrey-Anne Marchand
J'ai rencontré Audrey-Anne Marchand pendant l'atelier poésie du PJE de Muret, mené par Seyghmus Dagtekin. Et l'écriture d'Audrey Anne a été un éblouissement...
Parce que sa poésie est un raz-de-marée d'images qui balaie tout... de sa musicalité, de son impériosité... je ressentais ses mots très corporellement (sais que ne suis pas très claire, mais bon), et restais toujours sans voix, assommée, admirative devant le foisonnement irrésistible de son écriture.
Bref, elle m'a envoyé il y a quelque temps Poèmes du lendemain 19, l'édition par Ecrits des Forges des lauréats du Prix Piché de poésie 2010, dont elle a eu la mention spéciale. Je vais en dire quelques mots ici (mon ressenti de simple lectrice, avec mes propres filtres et tout le toutim -pardon donc Audrey-Anne de ma lecture forcément partielle ) :
La suite poétique d'Audrey-Anne s'intitule : Je dis non aux histoires sans fin
Et la quatrième de couverture cite cela : "J'ai trouvé le centre-ville dans tes yeux comme un drapeau planté par erreur sur un lendemain futile..."
Et de paragraphe en paragraphe, sans ponctuation, comme une parole qui reprend son souffle dans les sauts de ligne, on suit cette urgence, cette impossible et nécessaire rencontre, ce désir illusoire pour mettre en phase, pour circonscrire lui elle, l'autre soi...
"ton essence est comme une catastrophe lancée au visage comme prémunie d'une sophistication archaïque qui ne s'estompe pas"
"je te parle au coeur de mes robes rouillées on dirait enfin que la musique approche mais tu t'effondres pour éviter mon saccage et le désordre de ma pensée décousue et rapiécée
tu butes contre les murs invisibles toujours pour te sauver de notre langage épuisé à force de guerres incomprises à force d'exils et de nostalgie précoce"
Il me tarde de la lire à nouveau, elle a des projets de livres et de participations dans des revues je crois... Une poétesse à suivre !
Ps : Je ne parle pas de Je reviens de mourir , Guillaume de Marie-Charlotte Aubin qui a eu le prix Piché, mais c'est aussi très bon ! :)
vendredi 2 septembre 2011
Reprise d'Anna Jouy - Vases communicants
Rhume de cerveau, éternuements de l'intelligence. Je bégaie des idées comme des postillons d'humeur. Problèmes de saison, automne de toutes les couleurs des vertes et des pas mûres. Une pensée après l'autre, le rouet est plein et déborde. Après qu'en reste-t-il qui tienne à l'estomac? Pas grand chose et parfois même la chiasse normalité de tous les transits.
Je dépense mon temps en semailles, le champ est vaste et à peines labouré. Je fais mon semis d'un geste de repiqueuse, il me faut une machine à coudre pour sillonner mon pré
et la terre tissu conjonctif est dure comme de la futaine de cow-boy. Je vois Millet prier ses pauvres angélus et le tablier sale des travaux sans fin.
Je monte la charge, au loin mon troupeau de moucherons bourdonnent et sucent le sang des fleurs.
Il est temps de respirer en dehors du sable aqueux des vieilles bruines qui rentrent par le nez et font baver les narines. D'essuyer les peintures de leur grisaille de suie et de restaurer la lumière. Temps de sortir du cadre et de visiter les jupes fraîches de l'automne la main dans le sac et les bas de laine douce.
J'use en vain mon cœur en petites oboles, le divin n'aime pas la fumée de mes sacrifices. Caïn courbe l'échine sous le poids des cendres. L'œil impitoyable du critique use le sens des lignes et des perspectives du tableau, les prières sont lourdes et rasent le gazon.
A l'horizon les Indiens lèvent le camp et leurs cheminées ont pris le chemin du départ.
Je dépense mon temps en semailles, le champ est vaste et à peines labouré. Je fais mon semis d'un geste de repiqueuse, il me faut une machine à coudre pour sillonner mon pré
et la terre tissu conjonctif est dure comme de la futaine de cow-boy. Je vois Millet prier ses pauvres angélus et le tablier sale des travaux sans fin.
Je monte la charge, au loin mon troupeau de moucherons bourdonnent et sucent le sang des fleurs.
Il est temps de respirer en dehors du sable aqueux des vieilles bruines qui rentrent par le nez et font baver les narines. D'essuyer les peintures de leur grisaille de suie et de restaurer la lumière. Temps de sortir du cadre et de visiter les jupes fraîches de l'automne la main dans le sac et les bas de laine douce.
J'use en vain mon cœur en petites oboles, le divin n'aime pas la fumée de mes sacrifices. Caïn courbe l'échine sous le poids des cendres. L'œil impitoyable du critique use le sens des lignes et des perspectives du tableau, les prières sont lourdes et rasent le gazon.
A l'horizon les Indiens lèvent le camp et leurs cheminées ont pris le chemin du départ.
Premier vendredi du mois, c'est Vases communicants,
ce mois-ci c'est Anna Jouy qui pose ses mots magnifiques chez moi...
ce mois-ci c'est Anna Jouy qui pose ses mots magnifiques chez moi...
et qui m'accueille chez elle par là http://annajouy.over-blog.fr/m/article-82985067.html
La liste de tous les vases communicants de septembre sur la page facebook dédiée aux vases
La liste de tous les vases communicants de septembre sur la page facebook dédiée aux vases
jeudi 1 septembre 2011
Marie
elle a les pieds nus
les paumes tournées
vers le ciel
un regard stupide
un peu bovin
un peu vide
le genre de regard
télégénique
l’oeil rond
la paupière lourde
le trou légèrement dilaté
le genre de regard
de fille shootée
qui ne sait pas
ce qui se passe
qui ne voit rien venir
qui observe
absente
le machin glaireux
posé devant elle
qui n’a pas pu
passer
entre ses hanches
étroites
impossible
inconcevable
et son sein
de quinze ans
qui jaillit
de la robe
courte et bleue
étalée en corolle
sur son corps
virginal
recrée
pour la photo
pour la main
du type
pour ses yeux
pour son sexe
la scène
les paumes tournées
vers le ciel
un regard stupide
un peu bovin
un peu vide
le genre de regard
télégénique
l’oeil rond
la paupière lourde
le trou légèrement dilaté
le genre de regard
de fille shootée
qui ne sait pas
ce qui se passe
qui ne voit rien venir
qui observe
absente
le machin glaireux
posé devant elle
qui n’a pas pu
passer
entre ses hanches
étroites
impossible
inconcevable
et son sein
de quinze ans
qui jaillit
de la robe
courte et bleue
étalée en corolle
sur son corps
virginal
recrée
pour la photo
pour la main
du type
pour ses yeux
pour son sexe
la scène
mercredi 31 août 2011
Microbe 67
Au sommaire :
Textes de :
Justin barrett
Marc Bonetto
Nicolas Brulebois
Éric Dejaeger
Fabrice Farre
Pascal Feyaerts
Mahrk Gotié
Frédérick Houdaer
Jean-Marc La Frenière
Pierre-Brice Lebrun
Hervé Merlot
André Stas
Marlène Tissot
Florian Tomasini
Illustrations de Samantha Barendson
Les abonnés le recevront début septembre.
Les autres ne recevront rien.
Pour tous renseignements, contactez Eric Dejaeger
Textes de :
Justin barrett
Marc Bonetto
Nicolas Brulebois
Éric Dejaeger
Fabrice Farre
Pascal Feyaerts
Mahrk Gotié
Frédérick Houdaer
Jean-Marc La Frenière
Pierre-Brice Lebrun
Hervé Merlot
André Stas
Marlène Tissot
Florian Tomasini
Illustrations de Samantha Barendson
Les abonnés le recevront début septembre.
Les autres ne recevront rien.
Pour tous renseignements, contactez Eric Dejaeger
mardi 30 août 2011
Les Vigilants (2007), Guy Ferrer
Guy Ferrer invité des Rois de Majorque
Palais des Rois de Majorque, Perpignan
du 17 juin au 18 septembre 2011
lundi 29 août 2011
Le quotidien du pain noir de Thierry Roquet
Aux éditions Koffmal (éditions made at home par l'auteur lui même), le nouveau recueil de Thierry Roquet.
Le poète nous fait entendre avec des mots simples, la petite musique de l'existence. C'est à la fois triste et doux... triste, parce qu'avec le temps, les choses devraient être moins pénibles et ce n'est pas le cas...
"Il va falloir payer les arriérés
Sans fuir par les escaliers
De secours - pas cette fois
Ainsi les hommes marchent sur la lune
quand d'autres ont les pieds
Dans la merde -jusqu'au cou"
et doux parce qu'il y a elle...
sa présence à elle partout autour
"Ton sourire quand je
Raconte une blague
Et ton baiser en me disant bonne nuit
Les mots entre nous
Si familiers et l'habitude
De les entendre d'une certaine manière"
Un goût de temps qui passe et qui laisse en bouche de la mélancolie...
Fabrice Marzuolo en parle beaucoup mieux que moi sur le blog de L'autobus ici
et pour lire la suite, on peut commander le recueil auprès de l'auteur, pour la modique somme de 4 €
Le poète nous fait entendre avec des mots simples, la petite musique de l'existence. C'est à la fois triste et doux... triste, parce qu'avec le temps, les choses devraient être moins pénibles et ce n'est pas le cas...
"Il va falloir payer les arriérés
Sans fuir par les escaliers
De secours - pas cette fois
Ainsi les hommes marchent sur la lune
quand d'autres ont les pieds
Dans la merde -jusqu'au cou"
et doux parce qu'il y a elle...
sa présence à elle partout autour
"Ton sourire quand je
Raconte une blague
Et ton baiser en me disant bonne nuit
Les mots entre nous
Si familiers et l'habitude
De les entendre d'une certaine manière"
Un goût de temps qui passe et qui laisse en bouche de la mélancolie...
Fabrice Marzuolo en parle beaucoup mieux que moi sur le blog de L'autobus ici
et pour lire la suite, on peut commander le recueil auprès de l'auteur, pour la modique somme de 4 €
dimanche 28 août 2011
Les cauchemars du gecko de Raharimanana
Le livre de Raharimanana a été initialement une pièce de théâtre présentée à Avignon en 2009.
Le gecko comme une tâche rétinienne tenace, noire, sur la mémoire, le monde, l'occident tel qu'il va...
p. 43
"Si tu lis ces lignes, cavale, cavale de suite et si tu ne sais pas lire, cavale quand même...
[...]
le gecko, la fuite en tête encore quand pris par la queue, il se débat et se déleste de son appendice, il file. Sur l'île on l'appelle le lézard à deux vies, queue coupée repousse pareille...
dans la poussière, les traces du gecko narguent la fleur de lis tombée de l'autre épaule...
Je n'ai aucune bouche à te déplanter pour me dire libre, je me tire, je me vire, m'entends-tu encore ?
la particularité du son du gecko, c'est l'écho qu'il crée dans sa gorge, on croit l'entendre à l'autre bout de la pièce - et l'y situer donc.
Or, il n'est qu'ici, bien près derrière votre nuque, à l'envers sur le mur ou le plafond..."
D'autres extraits sur Remue.net
Les cauchemars du gecko, Raharimanana, Vents d'Ailleurs, 2011
Le gecko comme une tâche rétinienne tenace, noire, sur la mémoire, le monde, l'occident tel qu'il va...
p. 43
"Si tu lis ces lignes, cavale, cavale de suite et si tu ne sais pas lire, cavale quand même...
[...]
le gecko, la fuite en tête encore quand pris par la queue, il se débat et se déleste de son appendice, il file. Sur l'île on l'appelle le lézard à deux vies, queue coupée repousse pareille...
dans la poussière, les traces du gecko narguent la fleur de lis tombée de l'autre épaule...
Je n'ai aucune bouche à te déplanter pour me dire libre, je me tire, je me vire, m'entends-tu encore ?
la particularité du son du gecko, c'est l'écho qu'il crée dans sa gorge, on croit l'entendre à l'autre bout de la pièce - et l'y situer donc.
Or, il n'est qu'ici, bien près derrière votre nuque, à l'envers sur le mur ou le plafond..."
D'autres extraits sur Remue.net
Les cauchemars du gecko, Raharimanana, Vents d'Ailleurs, 2011
Dans la lune
Je continue ma lecture à l'envers (étourdie que je suis :)
Après le Dans la Lune n°21-22...
Dans la lune numéro 20
où j'ai pu lire un magnifique texte de Olivier Bourdelier
" [...]
Je ne ressens plus aujourd'hui ni impatience, ni inquiétude, quand les mois peuvent passer sans que me vienne un poème. Mais qu'il arrive, et je l'accueille en souriant, le dernier, dernier en date - ou l'ultime car qui sait jamais ?
Les jours sont courts
j'ai mis dedans
ce que j'ai pu de joie
[...]"
pour en lire plus, commander le numéro là
vendredi 19 août 2011
mercredi 17 août 2011
dimanche 14 août 2011
Vraiment
Vraiment
Je veux t'écrire
Un gentil poème
Un truc qu'on suçote lentement
Comme un brin de blé
Toi allongé dans l'herbe
Au-dessus le soleil
Mon jus de chlorophylle
Ruisselant tes papilles
Un truc
Pointu
Précis
Qui plante le bonheur
Comme un pieu
En plein coeur
Non, non oublie
Je ne voulais pas dire ça
Ce que je veux
Vraiment
C'est un poème docile
Et doux
Et simple
Et propre
Pas ces trucs pleins de morve
Ces pointes qui clouent au sol
Mais bon
J'ai beau trifouiller des deux mains
Mon sourire et mon crâne
Sous les ongles, crasse
Orvets, lymphe, limaces
Une bouillasse froide
Qui sculpte le matin un filet de salive
Sur le coin de ta lèvre
Cette trace saline qui trouble nos baisers
Je veux t'écrire
Un gentil poème
Un truc qu'on suçote lentement
Comme un brin de blé
Toi allongé dans l'herbe
Au-dessus le soleil
Mon jus de chlorophylle
Ruisselant tes papilles
Un truc
Pointu
Précis
Qui plante le bonheur
Comme un pieu
En plein coeur
Non, non oublie
Je ne voulais pas dire ça
Ce que je veux
Vraiment
C'est un poème docile
Et doux
Et simple
Et propre
Pas ces trucs pleins de morve
Ces pointes qui clouent au sol
Mais bon
J'ai beau trifouiller des deux mains
Mon sourire et mon crâne
Sous les ongles, crasse
Orvets, lymphe, limaces
Une bouillasse froide
Qui sculpte le matin un filet de salive
Sur le coin de ta lèvre
Cette trace saline qui trouble nos baisers
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