dimanche 20 novembre 2011
Hier j'ai vendu des livres à la bibliothèque. C'était bizarre, vendre n'est pas prêter, le costume me gênait, j'ai joué. Je n'aime pas faire la vendeuse, ce n'est pas mon métier. Une vieille me l'a dit.
Une petite boule de hargne, bouche cul de poulet. Et vas-y que je te balance à la gueule ma rage. Et c'est mal organisé, et vous êtes incompétente, et blablabli, et blablabla, et c'est mon droit j'achète, et reblabli, et reblabla. Et ma vie n'est qu'acide, vous finirez comme moi. Et donnez lui un bras qu'elle vous bouffe le coeur. Le coeur, ce fruit blet rabougri ?
La colère qui monte, mon envie d'en découdre, elle et moi de chaque côté de la ligne, n'a pourtant rien à voir avec l'échange marchand... La vieille et son visage, comme miroir grossissant de l'abrutissement. Pas le concept, ou l'idée de. Mon abrutissement. Cet inévitable rétrécissement de mon champ de vision, mon coeur tout sec, momifié et posé comme ultime sujet de préoccupation.
Voilà dans ses cheveux, ses commissures tombantes, les sillons blèmes de son aigreur, l'incompréhension du monde. La mienne, bientôt, si proche.
Un samedi de soleil à vendre des livres, pendant que le temps file et que tout s'effiloche.
/
J'ai vendu à la criée des livres, comme une sole ou un maquereau. Sur le moment, j'ai fait l'article, j'ai ri . Vraiment. Je sentais mes sourires emballer mon visage.
Et pourtant a posteriori j'écris : le costume me gêne.
Peut-être que ce qui n'est plus, n'a jamais été là. Peut-être qu'écrire, c'est repeindre, poser un filtre de fausseté sur les vrais sentiments. Ou le contraire.
Je triche : c'est ma posture ?
Je ne sais pas.
Une vraie complaisance, à voir la déchirure.
/
Je me rappelle avoir été assise dans le fauteuil en face de son bureau de verre (on ne s'allonge pas toujours), et avoir parlé pendant toute l'heure sans discontinuer. Enfin, je ne suis pas restée une heure, et sans doute que je n'ai pas parlé tout le temps. C'est le souvenir de mon regard sur moi qui reconstruit la scène.
Je me souviens avoir été face à lui comme un sac (et au moment où je l'écris, ce n'est pas une image, j'étais vraiment un sac), et avoir avec ma langue tracé une large et profonde fente dans le plastique.
Les mots avaient coulé (car les mots sont liquide) et j'étais devenue dans la pièce silencieuse, les battements affolés de mon coeur exposé.
/
L'écriture n'est pas la vie. Pas la mienne en tout cas.
Une petite boule de hargne, bouche cul de poulet. Et vas-y que je te balance à la gueule ma rage. Et c'est mal organisé, et vous êtes incompétente, et blablabli, et blablabla, et c'est mon droit j'achète, et reblabli, et reblabla. Et ma vie n'est qu'acide, vous finirez comme moi. Et donnez lui un bras qu'elle vous bouffe le coeur. Le coeur, ce fruit blet rabougri ?
La colère qui monte, mon envie d'en découdre, elle et moi de chaque côté de la ligne, n'a pourtant rien à voir avec l'échange marchand... La vieille et son visage, comme miroir grossissant de l'abrutissement. Pas le concept, ou l'idée de. Mon abrutissement. Cet inévitable rétrécissement de mon champ de vision, mon coeur tout sec, momifié et posé comme ultime sujet de préoccupation.
Voilà dans ses cheveux, ses commissures tombantes, les sillons blèmes de son aigreur, l'incompréhension du monde. La mienne, bientôt, si proche.
Un samedi de soleil à vendre des livres, pendant que le temps file et que tout s'effiloche.
/
J'ai vendu à la criée des livres, comme une sole ou un maquereau. Sur le moment, j'ai fait l'article, j'ai ri . Vraiment. Je sentais mes sourires emballer mon visage.
Et pourtant a posteriori j'écris : le costume me gêne.
Peut-être que ce qui n'est plus, n'a jamais été là. Peut-être qu'écrire, c'est repeindre, poser un filtre de fausseté sur les vrais sentiments. Ou le contraire.
Je triche : c'est ma posture ?
Je ne sais pas.
Une vraie complaisance, à voir la déchirure.
/
Je me rappelle avoir été assise dans le fauteuil en face de son bureau de verre (on ne s'allonge pas toujours), et avoir parlé pendant toute l'heure sans discontinuer. Enfin, je ne suis pas restée une heure, et sans doute que je n'ai pas parlé tout le temps. C'est le souvenir de mon regard sur moi qui reconstruit la scène.
Je me souviens avoir été face à lui comme un sac (et au moment où je l'écris, ce n'est pas une image, j'étais vraiment un sac), et avoir avec ma langue tracé une large et profonde fente dans le plastique.
Les mots avaient coulé (car les mots sont liquide) et j'étais devenue dans la pièce silencieuse, les battements affolés de mon coeur exposé.
/
L'écriture n'est pas la vie. Pas la mienne en tout cas.
mercredi 16 novembre 2011
lundi 14 novembre 2011
dimanche 6 novembre 2011
mercredi 2 novembre 2011
lundi 31 octobre 2011
Un bref instant d'art et de poésie
Allez hop, je rejoins aujourd'hui l'aventure collective Evazine (piloté par Jean-Louis Millet) où sont réunies les propositions de poètes, artistes placticiens ... Pour en savoir plus sur le projet allez là, car moi je vais juste citer quelques poètes de ce numéro d'octobre-novembre
Bruno Toméra
"Serrant mes mains dans ses mains
JL Millet"[...] L’indécision des nuages face à la pluie
Le filet d’eau doucement abstrait par les sables du désert
La femme assise dans la banquette face à moi tirant compulsivement sur le bord de sa jupe
Les visages, tous, virant aux masques
La douleur de l’espoir d’un bonheur [...]"
Une ville et un rêve : un rêve devenu ville
Je cherche telle avenue
Ressemblant au grand fleuve jaune
Où s’écoulerait l’humanité
Pensante et désirante
Diversement comblée
Par son propre passage
[...]"
Bruno Toméra
"Serrant mes mains dans ses mains
elle me dit
"Gamin, c'est une bulle de savon, la vie,ça pique les yeux et c'est fini."
On a roulé sur le trottoir.
Bras dessus bras dessous.
Le temps est plus bourré que nous,
tous les deux c'est trop tard,
elle en avance, moi en retard. [...]"
JL Millet
Le filet d’eau doucement abstrait par les sables du désert
La femme assise dans la banquette face à moi tirant compulsivement sur le bord de sa jupe
Les visages, tous, virant aux masques
La douleur de l’espoir d’un bonheur [...]"
La Ville
1.
Je cherche dans les villes que je parcours Une ville et un rêve : un rêve devenu ville
Je cherche telle avenue
Ressemblant au grand fleuve jaune
Où s’écoulerait l’humanité
Pensante et désirante
Diversement comblée
Par son propre passage
[...]"
Pour lire les poèmes en entier, cliquer sur leurs auteurs :)
Microbe 68 & du neuf by Marzuolo
Nouvel opus de Microbe (pas encore reçu) en partance vers les boîtes aux lettres des abonnés, et bien contente d'apprendre que le supplément est de Fabrice Marzuolo voilà un coco bel oeil qui donnera l'occasion de le (re)lire, vu que le blog de l'Autobus s'est fait la malle... sur une petite route de campagne sans doute ;)
Le 68e (+1) numéro du Microbe est prêt.
Ce numéro, sous-titré « 68 (+1), opus névrotique », a été préparé par Marc Bonetto.
Au sommaire :
Photos de Corinne LeridonTextes de
Pierre Anselmet
Armand le Poête
Christian Chavassieux
Fernand Chocapic
Éric Dejaeger
Patrick Frégonara
Cathy Garcia
Virginie Holaind
jac-zap
Carmelo Marchetta
Hervé Merlot
Véra Mund
Emmanuel Régniez
Marla Semarre
Marlène Tissot
Thomas Vinau
Les abonnés le recevront dans quelques jours.
Les abonnés « + » recevront également le 31e mi(ni)crobe signé Fabrice Marzuolo : LE COCO BEL ŒIL DU NET.
Les autres ne recevront rien. Pour tous renseignements, contactez-Eric Dejaeger
Le 68e (+1) numéro du Microbe est prêt.
Ce numéro, sous-titré « 68 (+1), opus névrotique », a été préparé par Marc Bonetto.
Au sommaire :
Photos de Corinne LeridonTextes de
Pierre Anselmet
Armand le Poête
Christian Chavassieux
Fernand Chocapic
Éric Dejaeger
Patrick Frégonara
Cathy Garcia
Virginie Holaind
jac-zap
Carmelo Marchetta
Hervé Merlot
Véra Mund
Emmanuel Régniez
Marla Semarre
Marlène Tissot
Thomas Vinau
Les abonnés le recevront dans quelques jours.
Les abonnés « + » recevront également le 31e mi(ni)crobe signé Fabrice Marzuolo : LE COCO BEL ŒIL DU NET.
Les autres ne recevront rien. Pour tous renseignements, contactez-Eric Dejaeger
lundi 24 octobre 2011
Les marges de Jean Prod'hom
A découvrir absolument Les marges, le site de Jean Prod'hom
et en particulier ce texte
Un trou au vilebrequin dans le tohu-bohu
Extrait :"[...]il convient malgré tout de se réserver une possibilité, tandis que nous parvient de la terre, lointain, un tohu-bohu sans queue ni tête, la possibilité de creuser sur les rives du fleuve qui roule ses eaux puissantes, au vilebrequin, un trou où loger le rien, et d’y écouter la mer comme dans un coquillage"
dimanche 23 octobre 2011
Le rendez-vous
Je m'installe généralement près de la fenêtre pour avoir un peu de lumière, car les lambris aux murs ont pris une patine sombre, mélange de gras et de fumée de cigarettes. Les rideaux sont sales, mais cela m'est égal que la poussière me picote les yeux.
Je la regarde, elle m'ignore. Elle suçote le bord de son verre d'eau.
Nous ne sommes pas assises à la même table ; une banquette, parfois deux nous séparent. Selon les jours et son humeur, elle m'offre le spectacle de sa nuque, ou celui de sa bouche qui chipote son eau minérale...
Il y a en fond sonore la radio, le rire de jeunes et les raclements de gorge sporadiques et glaireux de quelques hommes âgés. Les verres cliquètent sur le comptoir en inox. Le serveur fait glisser énergiquement les tasses sur l'étagère métallique. Le patron tripote régulièrement sa caisse enregistreuse.
Des pièces tombent au sol. Des talons claquent. La porte du café s'ouvre et se ferme en grinçant.
L'ensemble produit une mélodie discordante, je n'entends rien...
Parce que je mets mes mains contre mes oreilles. Et parce que m'isoler du monde extérieur me permet d'absorber Pélagie, en entier, dans ma tête. Ce n'est pas difficile, elle n'est pas épaisse.
Elle a un visage émacié, deux billes vertes perdues dans les orbites, et des tas de petits os autour. Pélagie est très maigre : sa tête est une minuscule balle perchée sur une brindille.
Je reste juste immobile, dans cette salle, à la regarder suçoter son verre du bout des lèvres. Je respire à peine pour ne pas la faire basculer de sa chaise sur le sol. Je me mords les joues pour ne pas pleurer. Saleté de poussière.
Je pense à avant, quand son rire charnel m'enveloppait de son odeur de sucre. Avant, quand je n'avais pas peur de voir son corps se désintégrer bruyamment. J'essaie en vain d'ignorer le squelette de verre à travers sa peau translucide.
Si je viens tous les lundis au café, c'est pour m'assurer que cette fois encore, elle ne s'est pas brisée en mille morceaux. Et aussi pour continuer à croire que peut-être...
Elle me parle quelquefois. Sans lever les yeux. Elle décoche un "Dégage", ou mieux trois mots "Me regarde pas". Je la préfère silencieuse. Dès qu'elle ouvre la bouche, ses dents claquent et font un bruit perçant désagréable. Si je m'écoutais, je me jetterais sur elle, pour la faire taire d'un baiser.
Oui, je voudrais pouvoir poser ma bouche sur ses lèvres gercées.
Je viens tous les lundis pour ça. Et je sais qu'elle vient aussi ce jour, pour bien me signifier tout ce que je n'aurai pas.
Elle me l'a dit la dernière fois où nous étions assises à la même table. Elle ne peut plus m'embrasser... Pas à cause de mon corps lourd ou de mon visage poupin. Pas seulement non.
Ma salive trop riche la révulse. Elle doit dorénavant se passer de mes baisers.
Republication d'un texte mis en ligne ici en mai 2010
samedi 22 octobre 2011
mardi 18 octobre 2011
Lichen
Ses bras flasques ouverts arrosant
les peaux moites d’effluves moisis
Il dit à la fille
Viens-zy
Viens-zy donc garce
Manger du spore
Elle grince parce qu'elle n'est pas fille
À peine créature aux cheveux longs et gris
Eclatant des papules sur un corps amaigri
Elle dit à l'homme
Viens-zy
Viens-zy baiser de ta langue aigre
Les auréoles brunes
De nos petites morts
Ils rient
Des mots
En fondant leurs toisons sur la mousse du lit
Ils plient
L'amour
Dans le concert gluant de leurs débris
dans le cadre des vases communicants d'octobre
Image : Spooning couple, Ron Mueck, 2005
lundi 17 octobre 2011
Ici, on noie les algériens
Ici, on noie les algériens, Bande Annonce du documentaire de Yasmina Adi, sortie en salle le 19 octobre 2011
Les mauvais jours de Jean Bourgeois
Juste envie de partager l'émotion que m'a procuré le livre de Jean Bourgeois.
Recueil d'une grande beauté où le lecteur, on, nous, sommes invités à sonder l'étrange étrangeté de l'existence " Dans l'embarras de soi/ Où nous glissons parfois nos jambes / Des après-midis entiers / A ne rien faire"
Sensation de vertige quand on ne sait pas vraiment, qu'on est là de côté, qu'on ignore ce qui nous pousse et pourquoi... Ce trouble si difficile à cerner...Plutôt que de dire mal, je cite quelques passages avec l'aimable autorisation de l'auteur :) dont vous pourrez lire d'autres textes sur son blog On est là mais ça ne durera pas. On peut toujours sourire du reste...
Ecrire en hiver (p.50)
C'est toujours mieux qu'une journée vide
Un jour où l'on écrit
Deux ou trois mots qu'importe
Si ce n'est que ça
C'est mieux que rien
On se dit qu'on a fait quelque chose
Pour ne pas s'avouer qu'on n'a rien fait
C'est comme la vie
Comme tous ces jours pour rien
Occupés à quoi au juste
Qu'on barre d'une croix le soir
Dans la cellule
Au fond de la nuque
Où c'est l'hiver depuis longtemps
On est vivant
On a écrit ça :
On
Est
Vivant
Mais
Il
Fait
Froid
Trop tard (p.47)
Ce n'était pas grand chose
Ce que j'avais à dire
Ca tenait plus du silence que des mots
Quelque chose comme une hésitation
Ce n'était pas grand chose
Juste une vie entière
Dans une promesse un peu folle
Puis l'instant a passé
Et tout de suite
Il fut trop tard
Recueil d'une grande beauté où le lecteur, on, nous, sommes invités à sonder l'étrange étrangeté de l'existence " Dans l'embarras de soi/ Où nous glissons parfois nos jambes / Des après-midis entiers / A ne rien faire"
Sensation de vertige quand on ne sait pas vraiment, qu'on est là de côté, qu'on ignore ce qui nous pousse et pourquoi... Ce trouble si difficile à cerner...Plutôt que de dire mal, je cite quelques passages avec l'aimable autorisation de l'auteur :) dont vous pourrez lire d'autres textes sur son blog On est là mais ça ne durera pas. On peut toujours sourire du reste...
Ecrire en hiver (p.50)
C'est toujours mieux qu'une journée vide
Un jour où l'on écrit
Deux ou trois mots qu'importe
Si ce n'est que ça
C'est mieux que rien
On se dit qu'on a fait quelque chose
Pour ne pas s'avouer qu'on n'a rien fait
C'est comme la vie
Comme tous ces jours pour rien
Occupés à quoi au juste
Qu'on barre d'une croix le soir
Dans la cellule
Au fond de la nuque
Où c'est l'hiver depuis longtemps
On est vivant
On a écrit ça :
On
Est
Vivant
Mais
Il
Fait
Froid
Trop tard (p.47)
Ce n'était pas grand chose
Ce que j'avais à dire
Ca tenait plus du silence que des mots
Quelque chose comme une hésitation
Ce n'était pas grand chose
Juste une vie entière
Dans une promesse un peu folle
Puis l'instant a passé
Et tout de suite
Il fut trop tard
Revues et lu #2
Anna Jouy parle des revues Verso 146, Nouveaux Délits 40 (j'en suis ;) et Traction Brabant 42 là
Et pendant que vous y êtes, lisez les poèmes ciselés d'Anna Jouy
Pour la mise en bouche, un extrait :
Lunes d'iris
je posterai mon ciel sur le bord des fenêtres pour des oiseaux affamés et des miettes heureuses
non ce baiser que je tiens sur ma bouche ni ce rouge de cire qui ferme le mystère
Et pendant que vous y êtes, lisez les poèmes ciselés d'Anna Jouy
Pour la mise en bouche, un extrait :
Lunes d'iris
je posterai mon ciel sur le bord des fenêtres pour des oiseaux affamés et des miettes heureuses
et le monde lira le vol
une étreinte d'ailes sur des volets qui claquent
je posterai non ce baiser que je tiens sur ma bouche ni ce rouge de cire qui ferme le mystère
mais des cils
le spasme du cou
le dépôt d'amour d'un bruit dans une oreille [...]
vendredi 14 octobre 2011
(ça c'est moi qui dis ça)
qui d'autre ?
la vieille de douze ans
qui morfle à l'intérieur
c'est moi !
cette femme qui rit
la jupe blanche tirée
sur ses cuisses gonflées
c'est moi.
et j'ai toujours
les ciseaux
pas très loin
planqués
dans la poche
ou ailleurs
il y a les orifices
car scrupuleusement
je coupe
cela fait un peu mal
le bruit de la photo
fendue de haut en bas
très consciencieusement
je coupe
cela tiraille un peu
l'odeur du papier
de soie qui crisse
avec application
je coupe
entre mes jambes droit
jusqu'en haut du diaphragme
ou mon visage épars
qui ne tient qu'à
un fil
dans le miroir
qui d'autre ?
la vieille de douze ans
qui morfle à l'intérieur
c'est moi !
cette femme qui rit
la jupe blanche tirée
sur ses cuisses gonflées
c'est moi.
et j'ai toujours
les ciseaux
pas très loin
planqués
dans la poche
ou ailleurs
il y a les orifices
car scrupuleusement
je coupe
cela fait un peu mal
le bruit de la photo
fendue de haut en bas
très consciencieusement
je coupe
cela tiraille un peu
l'odeur du papier
de soie qui crisse
avec application
je coupe
entre mes jambes droit
jusqu'en haut du diaphragme
ou mon visage épars
qui ne tient qu'à
un fil
dans le miroir
lundi 10 octobre 2011
Le Facteur Cheval : où le songe devient réalité
"Voici mon rêve, à l'oeuvre je me suis dit...
J'avais alors dépassé depuis trois ans ce grand équinoxe de la vie qu'on appelle quarantaine."
dimanche 9 octobre 2011
Revues et lu
L'Autobus 4
consacré aux revuistes, Cathy Garcia - Nouveaux Délits, Patrice Maltaverne - Traction Brabant, Eric Dejaeger - Microbe, Claude Vercey - Polder, Jacques Morin - Décharge, Jean Paul Morin -Cave Littéraire
S'abonner, plus d'infos ici
extrait
"[...] sans les revuistes,, les poètes existeraient encore moins. C'est possible, si ! si !
Pas bien grave au fond, même publié chez Leclerc, un poète ça reste dans l'ombre.
Les objets, les êtres sont vite remisés, oubliés, et comme dans la chanson, on crie : au suivant !
Alors pourquoi créer des revues ?
Parce qu'un suivant en revue c'est du poète en bouteille !
Et que ça donne un peu d'espoir aux naufragés -la vue de cette bouteille, au loin, qui flotte sur rien..."
___________________________________________________
Traction Brabant 42
"le poézine [qui] a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif."
S'abonner, contacter Patrice Maltaverne là
extraits :
"l'univers sent le brûlé
a dit l'astronaute au nez pointu
moi je n'avais jamais pensé à ça
l'odeur de l'espace"
"PERDU (Tout n'est pas)
Sur la pointe des pieds, une fille vide ses ordures au tri. Entre ses fesses, on voit le ruban plus ou moins fleuri de son string. On a beau dire, ça rassure."
Alain Sagault
_____________________________________________
Comme en poésie 47
Invitation de Jean Pierre Lesieur aux couples en poésie & moult voix poétiques
S'abonner en contactant Jean-Pierre Lesieur ici
extraits :
"André Chenet/Cristina Castello
pour conjurer la douleur
apprivoiser le verbe
du silence
André
Toc-toc
Je t'aime quand le lundi nous quitte
Quand le mardi s'annonce
Quand le mercredi nous fait un clin d'oeil
Quand le jeudi s'habille pour la veille
Quand le vendredi fait toc-toc à la porte
et tient du miracle
Cristina
[...]"
"Le déménagement de ma mère
[...]
Qu'emmèneras-tu mère, si tu laisses jusqu'à ton corps dans cette capsule oblongue, remis à lui même, inséré dans l'épaisseur du sol -selon le processus antique- pour cette fonte des neiges viscérales ? Ton corps chargé comme une batterie longue-durée et très basse, qui fait qu'imperceptiblement la terre autour chauffe, luit, remue ; se nourrit et se soigne de toi"
Olivier Aulry
___________________________________________
Nouveaux Délits 40
La revue de poésie vive, numéro hommage à Beb Kabahn et Yann Orveillon, et des poèmes de Patrick Aveline, Guillaume Siaudeau (et moi :)
S'abonner c'est par là
extraits
"Je courais à l'envers à la source des mots
Le langage pâlit.
La verve à éclore.
Et le nid refroidi s'alluma de ce feu"
Beb Kabahn
"c'est mathématique
il y aura toujours
plus de poèmes
que de poètes
je trouve cela
plutôt rassurant"
Guillaume Siaudeau
_____________________________________________________
et ça n'a rien à voir, le dernier pop up de Philippe UG pour les enfants : Drôle d'oiseau , aux éditions Les Grandes Personnes, pour la touche de couleur et le foisonnement
consacré aux revuistes, Cathy Garcia - Nouveaux Délits, Patrice Maltaverne - Traction Brabant, Eric Dejaeger - Microbe, Claude Vercey - Polder, Jacques Morin - Décharge, Jean Paul Morin -Cave Littéraire
S'abonner, plus d'infos ici
extrait
"[...] sans les revuistes,, les poètes existeraient encore moins. C'est possible, si ! si !
Pas bien grave au fond, même publié chez Leclerc, un poète ça reste dans l'ombre.
Les objets, les êtres sont vite remisés, oubliés, et comme dans la chanson, on crie : au suivant !
Alors pourquoi créer des revues ?
Parce qu'un suivant en revue c'est du poète en bouteille !
Et que ça donne un peu d'espoir aux naufragés -la vue de cette bouteille, au loin, qui flotte sur rien..."
Fabrice Marzuolo
___________________________________________________
Traction Brabant 42
"le poézine [qui] a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif."
S'abonner, contacter Patrice Maltaverne là
extraits :
"l'univers sent le brûlé
a dit l'astronaute au nez pointu
moi je n'avais jamais pensé à ça
l'odeur de l'espace"
"PERDU (Tout n'est pas)
Sur la pointe des pieds, une fille vide ses ordures au tri. Entre ses fesses, on voit le ruban plus ou moins fleuri de son string. On a beau dire, ça rassure."
Alain Sagault
_____________________________________________
Comme en poésie 47
Invitation de Jean Pierre Lesieur aux couples en poésie & moult voix poétiques
S'abonner en contactant Jean-Pierre Lesieur ici
extraits :
"André Chenet/Cristina Castello
pour conjurer la douleur
apprivoiser le verbe
du silence
André
Toc-toc
Je t'aime quand le lundi nous quitte
Quand le mardi s'annonce
Quand le mercredi nous fait un clin d'oeil
Quand le jeudi s'habille pour la veille
Quand le vendredi fait toc-toc à la porte
et tient du miracle
Cristina
[...]"
"Le déménagement de ma mère
[...]
Qu'emmèneras-tu mère, si tu laisses jusqu'à ton corps dans cette capsule oblongue, remis à lui même, inséré dans l'épaisseur du sol -selon le processus antique- pour cette fonte des neiges viscérales ? Ton corps chargé comme une batterie longue-durée et très basse, qui fait qu'imperceptiblement la terre autour chauffe, luit, remue ; se nourrit et se soigne de toi"
Olivier Aulry
___________________________________________
Nouveaux Délits 40
La revue de poésie vive, numéro hommage à Beb Kabahn et Yann Orveillon, et des poèmes de Patrick Aveline, Guillaume Siaudeau (et moi :)
S'abonner c'est par là
extraits
"Je courais à l'envers à la source des mots
Le langage pâlit.
La verve à éclore.
Et le nid refroidi s'alluma de ce feu"
Beb Kabahn
"c'est mathématique
il y aura toujours
plus de poèmes
que de poètes
je trouve cela
plutôt rassurant"
Guillaume Siaudeau
_____________________________________________________
et ça n'a rien à voir, le dernier pop up de Philippe UG pour les enfants : Drôle d'oiseau , aux éditions Les Grandes Personnes, pour la touche de couleur et le foisonnement
vendredi 7 octobre 2011
Tranchant de Perrine Le Querrec - Vases communicants
Plus elle maigrit plus elle se trouve grosse.
La peau tendue aux quatre coins du corps, les os en angles qui poussent et se bousculent sous la toile de derme, ça ne suffit pas, ça ne suffit plus. Si elle pouvait, inciser ici et là, plonger la cuillère dans le fatras et creuser un peu, extraire nerfs et chair, garder juste ce qu’il faut de force pour écraser les oiseaux entre deux pierres, clouer les grenouilles sur les troncs, entendre le sang des autres s’écouler, secouer les boyaux de sa tête, se cacher dans un pli de la terre.
Image : « holy moley », j alex goss
Premier vendredi du mois, c'est Vases communicants,
Perrine Le Querrec pose ses mots chez moi...et m'accueille chez elle par là http://entre-sort.blogspot.com/
Perrine Le Querrec pose ses mots chez moi...et m'accueille chez elle par là http://entre-sort.blogspot.com/
Inscription à :
Articles (Atom)





