jeudi 6 décembre 2012

Si peu tout de Vincent Motard Avargues



Vincent Motard Avargues, creuse d'un recueil à l'autre sa voie singulière, il sonde les/ses  silences, le sentiment de vide, une certaine abstraction...  J'avais bien aimé Un écho de nuit, notamment la dernière partie pour la présence féminine, et le surgissement d'images forcément plus sensuelles... (Je ne suis pas toujours sensible à une écriture trop abstraite :).

Avec ce nouveau recueil, Si peu tout, on plonge dans l'intériorité du poète, dans cette "main gantée de silences". Et j'ai aimé l'équilibre très réussi (à mon goût) entre les mots et le blanc dans la page. Chaque poème semble ricocher dans l'espace de la double page, et nous laisse dans ses échos de la place, pour que se dessinent les images, nos images... pour une respiration.
Je trouvais par exemple très beau certaines parenthèses : instant suspendu, et fil continu d'un texte à l'autre...
 

"   Je dormirai
demain
quand la lune
m'assommera

ce goût
en bouche
mon sang frais

vivre

                                   vivre

                                                                               (vivre)"

extraits de Si peu tout, de Vincent Motard Avargues, Eclats d'encre, 2012


lundi 3 décembre 2012

...par ricochet



"Tu le remplis
avec des cendres
des gravats
et du temps


Tu y mettras
tout ce que tu trouves 
au bord de toi

/

Tu y jetteras
ton enfance
et la glu salée de tes rêves
tu le rempliras ce ventre"


extraits du recueil Le trou de Thomas Vinau, éditions du Cygne, 2008, p.15-17

jeudi 29 novembre 2012

Tout va bien de Jean Bourgeois



Ce que j'aime dans l'écriture de Jean Bourgeois, c'est ce regard lucide (sans désespérance ?) posé sur le renoncement, l'absence, de l'autre, à soi.
Son recueil commence par une scène de vie intime, par un départ :

 "Quelqu'un part
Emportant tout aveclui
Laissant le jardin désert
La maison vide
Le silence à sa traîne
Quelqu'un part, c'est fini"

le début est donc la fin. Et le recueil tout entier répète cette fin, potentielle, réelle, "une menace générale".

"Le menton sur la plage arrière
Je regardais la route se perdre au loin
Aspirée par un pays noir
Sous l'embrasement du ciel
La nuit gagnait
Et la fatigue 
Allongé sur le siège
Dans mon demi-sommeil
Je me faisais des films
Je fuyais une menace
Sans trop savoir laquelle
Une menace générale
Des décennies après 
C'est moi qui tiens le volant
Et où que j'aille je la sens encore
Je fuis toujours"

Les scènes, les pensées qui se succèdent parlent de ça, la fin, incluse dès le départ. Alors pourquoi ? à quoi bon ?

"Toute fin est légère
Un coup d'aile suffira
Demain sera plume"

Il y a quand même, toujours le mot.
Langues est le dernier poème.

"un habit pur et sans couture
Qu'une grande bête aux gestes noirs
Taille à notre mesure
Souriant déjà de notre effroi
Au premier souffle elle nous l'enfile
Un cri, d'abord, et tout est dit
Puis la blessure ensuite 
qui dure
engorgera nos bouches

Ici et là, partout, toujours
le premier mot est un refus
Et les autres ont beau faire

Où nos langues sont pendues"

dimanche 25 novembre 2012

Ana Cristina Cesar






"Je suis très concentrée sur ma panique.

Du tréfonds prenant des mesures préventives. Ma fille, lis ça quand tu auras perdu tout espoir comme aujourd'hui. Tu es mon seul trésor. Tu  mords et cries et ne me laisses pas en paix, mais tu es mon seul trésor. Alors écoute-bien; prends ce sirop, viens dans mes bras, et repose-toi; dors, je veillerai sur toi et je n'ai pas peur; dors, dors.

Je suis grande, je reste éveillée très tard.

Je veux te dire la chambre immobile et tout ce qu'il y a dedans et pas de ville dehors ni réseaux de parenté. Ici j'ai des machines pour me distraire, une télé de chevet, des bandes magnétiques, des cartes postales, des cahiers de différentes tailles, un coupe-ongles, deux pyrex et j'en passe. Rien dehors et ma tête parle toute seule, comme ça, dans un mouvement pendulaire: apparaître, disparaître. Retiens bien cette chambre étale avec machines, tête et pendule qui battent. Retiens-la bien. Ça comptera plus tard."


Ana Cristina Cesar, Gants de peau & autres poèmes,  traduction de Michel Riaudel et Pauline Alphen, Chandeigne, 2005.


lu
sur Ana Cristina César , ou (entre autre...) 

samedi 24 novembre 2012

source - oeuvre de juan gatti

jeudi 22 novembre 2012

Antoine Emaz à Toulouse

Rencontre avec Antoine Emaz à la médiathèque José Cabanis
à Toulouse le 23 novembre à 18h, grand auditorium


"on touille un reste de mots
le juste nécessaire

on a fait le plus dur

bleu risible

on rouille, on tousse
on finit par vieillir 
c'est plus simple

on l'aura vu venir
l'usure"

RAS, Antoine Emaz, dessins Djamel Meskache, éditions Tarabuste, 2001


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Addenda du 12/12/12 : La vidéo de la rencontre ci-dessous


Rencontre avec Antoine Emaz par BibToulouse

mercredi 21 novembre 2012

Cairns

 cairns.jpg

Cairns, recueil initié, mis en forme, mis au jour :) par Jean-Louis Millet
Textes de Cathy Garcia, Anna Jouy, Isabelle Le Gouic, Carole Saint Louis, Werner Lambersy, Jean-Louis Millet, Le Rien quotidien, Bruno Toméra, Vincent, & myself sur des épures de Jean-Louis Millet

à feuilleter

Germaine Chaumel : exposition au Bazacle à Toulouse

Fête des pêcheurs de Toulouse

Femme dans le débarquement

 Germaine CHAUMEL (1895-1982), une photographe dans son temps
20 novembre 2012 au 24 février 2013 - Galerie de l'OEil

"Femme et photographe de et dans son temps, Germaine Chaumel s’inscrit pleinement à Toulouse dans le courant photographique « humaniste » qui se développe alors notamment à Paris. A l’occasion du 30e anniversaire de sa mort, la Ville de Toulouse a décidé de rendre hommage à cette photographe qui fut l’un des grands témoins de son histoire..."à l'Espace EDF Bazacle - Toulouse

"

samedi 17 novembre 2012

samedi 10 novembre 2012

My aunt's ghost  - Vesna Bursich





Il s’agit de refaire ce qui n’est pas fini
de jeter sur la toile le tu le elle
reconstruire réinventer
le je de miroirs

Il s’agit de revivre ce qui n’a pas vécu
le tu le elle et moi
rebâtir la colonne
et dévier de nouveau

Sentir l’écart
se creuser

tout en haut
les trouées d’air
dans mon cerveau

Je prends des souvenirs
n’importe lesquels
l’ordre n'a pas d’importance
leur véracité non plus

un jour le fil a cessé de se tendre
mon corps est un tissu
rempli de trous
une plaine où s’ébattent
de joyeux fous

Je prends un souvenir
n’importe lequel
j’y enfourne une humeur
un paysage

les gens autour de moi
sont des paysages
être n’est que paraître
singer
représenter

Les gens autour de moi
des scènes des portraits
en pieds
il s’agit de refaire tout ce que j’ai vécu
l’écrire
le réécrire
barbouiller le tableau 


  
publication initiale sur 
(vases communicants de novembre)

jeudi 8 novembre 2012

Comment vais-je faire pour...


Dominique A, Vers les lueurs

vendredi 2 novembre 2012

Tarot-Eros par Anna Jouy

Vais-je m’élancer ainsi, me prendre un pied dans le ciel ? Inversion de fortune, ma maison peut-être tremble ? Les oiseaux sortent de terre vers des refuges de nuages. Ai-je perdu mes petites ailes dorées et est-ce une pluie de métaux lourds qui cinglera de mes pavés ?

Attraction permutée, pôles démagnétisés, ma vie se détache comme la plèvre des grandes tuberculoses. Je quitte ses bases et brasse des deux mains. M’accrocher à des cendres fugaces. Tenir ou ne tenir à rien…

il va neiger. 

C’est qu’arrive le temps des cabrioles et de ces allègements de la tête. C’est bien. J’atteins à grands trous, l’effet de passoire. Une pluie à rebours. Nuages et avortement de coton. Mais si le ciel me donne signes, pourquoi fait-il en mon ventre des fœtus morts et ces injections de foutre candide ? Mes entrailles seront-elles le dernier espace mûr avant la folie ?

il va neiger n’est-ce pas ?

Soleil silo. Il me crache sur l’île des sueurs. (pour lui poète trouble) fraternité des souches et de l’étoupe, le fleuve à l’entonnoir. Un fil rouge vient de saigner ma gorge et mes points de côtés. L’astre entre glaives et piqûres écrit sur ma peau des basanes profondes, y grave une ride à la ligne. Les flots qui m’enceignent sont si clairs, je crois qu’ils arrivent des soupirs du monde. À la rouelle, ils distribuent nos efforts. Temps de lumière et temps de feu. C’est vivre qui importe et le jour est ce territoire ouvert.

neigera-t-il, dis moi… ? 

Tenir à la main le bâton rouge et les yeux plantés dans l’étoile. Que mes grelots résonnent, qu’ils fassent le bruit qu’il faut. Je ne veux m’aveugler que la tête haute et que chaque pas fraye avec les bêtes et les chiens. À ma taille des yeux et des perles. Je me sens porter la cartouchière du bonheur et des lueurs. La munition essentielle! Dans mon baluchon, que des pierres, pour l’équilibre des pas et ne pas monter trop vite. Briser mon genou pour ce repas de membres désossés. J’ai des choses à vivre qui n’auront rien de léger.

Enfin ! Tous mes flocons montent au ciel. 

Détachée, puisque Anna je « suie »

Et j’écris



Tirage tarot 
Maison-Dieu /envers 16 
Soleil / endroit 19 
Le mat/ endroit (sans nombre)
Total 35 3+5 = 8 la justice qui écrit une plume à ses pieds et tient la folie dans l’équilibre biaisé des tensions 




pour Maryse Hache
Premier vendredi du mois, c'est vase communicant, second passage de flux entre Anna Jouy et moi-même : 
“Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations.” 
Mon texte chez Anna. Vous pourrez lire ici même d'autres textes d'Anna Jouy et
La liste des vases communicants est comme d'habitude disponible sur le blog dédié, le groupe facebook ou le scoop-it.

mercredi 31 octobre 2012


Elle enfile le costume d'une mère
ce n'est pas si étroit ça tire juste un peu
dans le cou sur les fesses

Elle enfile la mue opale et muette
regarde tomber tous les petits bouts de peaux
des spectres à venir

La mue vitreuse sur sa chair
elle regarde l'enfant qui danse décousue
la pâle enveloppe qui bée à la fenêtre


Elle enfile
et comprend qu'au fond
elle porte le costume
depuis la nuit des temps

C'est ce que dit sa bouche
la bouche 
la grimace improbable
contrefait le sourire

Aux commissures les plis
de peaux l'accumulation de peaux
toutes ces peaux de mères

Oh le cher épiderme et ses profonds mystères
qu'elle regarde incrédule façonner l'autre même

mardi 23 octobre 2012




trouvé

lundi 22 octobre 2012

Martina on the floor - Vesna Bursich

bien sûr que t'aimerais recommencer
reprendre depuis        depuis le début
le point  l'amorce    sous ton oeil le clic
la syllabe première avalant le silence

bien sûr que t'aimerais avaler
de nouveau à petit        petits pas
vernix caseosa     la page blanche
juter les mots légers du bout des manches

ne plus entendre
le déferlement
ne plus
cette avalanche
ne plus
nourrir les monstres
ne plus

bien sûr que t'aimerais
que j'aimerais 
bien sûr
ne plus user
abuser
du tu du elle et moi
du toi tais toi t'es elle et quoi
au milieu des phonèmes le brouhaha
des mille et une et une et une et une voix
voies vois voilà les signes les lignes les moi
l'émoi et puis ta et puis sa et puis ma peur
et puis là meurt la mer l'amer toutes les mers
le tsunami des mots dans lequel tu elle je te
se me noie les noeuds incompréhensibles
indéfectibles les nœuds de ton de son de mon
identité

lundi 15 octobre 2012



 Tu arrêtes ta course
contre mon corps
la sueur goutte à goutte
contre mes doigts
et j'aperçois
dans l'agitation
de ton cœur bleu
toutes les histoires à venir
toutes ces angoisses à bannir
l'urgence de mon évacuation
dans le friselis de ton sang



/



Ma chérie
je t'ai acheté cette minuscule boîte à couture
qui te faisait tant envie
tu vois
regarde
regarde au creux de ma paume
les bobines de fils dorés
le petit mètre et les épingles d'argent
à planter
au coeur de l'ouvrage
il ne manque rien ma chérie
tiens
prends la minuscule paire de ciseaux
mes doigts sont bien trop gros
et coupe
coupe
trace une ligne bien droite
dans le tissu


lundi 8 octobre 2012

Les tas de mots n°10





Tas de mots* de l’automne

Au sommaire de ce tas de feuilles bien vivantes :

Jean-Christophe Belleveaux
Kévin Broda
Cédric Bernard
Guillaume Decourt
Samuel Dudouit
Chantal Godé-Victor
Aurore Guillemette
Ludovic Joce
Perrin Langda
Gérard Lemaire
Alain Leylavergne
Christophe Liron
Murièle Modély
Vincent Motard-Avargues
Jean-Baptiste Pedini
Thierry Radière
Morgan Riet
Eric Savina
Philippe Simon
François Teyssandier
Marlène Tissot

Un extrait :

Des lignes
Des esquifs, des esquisses, des bouées. Une, deux lignes lancées du quai. Parfois la prise d’une raie, d’un rai, un sens saisi, revenu dans l’encre et la brume. Pour des tonnes de plombs lancés, couchés, échoués. Cloués sur les planches, rongés par le sel, des restes d’instants et des écueils, des écailles reflétées. Derrière le gris des mines, les vagues grises, incliner la tête et refléter des lumières éteintes ou ténues. Tenir la canne et sortir une seiche. Sécher sur le quai, le pied trop ancré pour retrouver, se retrouver. Et patienter, revenir, replonger, ressentir sous la ligne la vibration, remonter, reposer. Reposer la ligne, l’abandonner et laisser flotter puis dériver. Renoncer. Reprendre. Sur les mailles élimées, lier de nouvelles lignes, tisser deux courants et tenir le tirant. Reprendre le mot pour ce qu’il est. Vider, écailler, tanner le reste d’instants, d’écueils. Actionner des verbes pour poser une inertie et la rappeler à la souvenance, car le sable marche et ne trace pas. Des croix sur le temps. Sur du temps. Senser la marche et saisir le sable.
Cédric Bernard.


* 27, rue de la Fosse-Frandemiche – 14330 Le Molay-Littry – Abonnement : 15 euros pour 4 n°- Pour tous renseignements supplémentaires et proposition de textes : alain.leylavergne@gmail.com ou morganriet@live.fr


reprise intégrale du post de ce jour par Morgan Riet :))

dimanche 7 octobre 2012

vendredi 5 octobre 2012

Arbres

 Anna & Bernhard Blume: Sequenz aus der Serie "Im Wald" (Metaphysik ist 
Männersache), 1989-91, Analog fotografiert, © VG Bild-Kunst, Bonn 2008



Cyprès

La ville des arbres et la ville des hommes sont l’une dans l’autre, peu d’hommes le savent.
Les arbres grandissent au milieu des espaces névralgiques de la ville, leurs racines déploient sous nos pieds, un réseau souterrain de veinules qui irriguent les cœurs.
Les hommes, les femmes, marchent, pulsent ; leurs pas tissent de complexes radicelles, entre l’orme des places et les bois tout autour.

Ils vivent toutefois sans égard l’un pour l’autre, l’agitation des hommes et l’immobilité des arbres s’emmêlant sans un heurt. La respiration lente des jardins tempère la circulation des citadins : le silence pousse dans le vacarme urbain. Les platanes, Les chênes, les saules, les enfants, les vieillards, les herbes folles, chacun a sa place, à la fois unique et semblable.

Parfois cependant, il devient impossible de différencier une essence d’un corps. Les arbres sont des hommes, et les hommes sont des arbres. Raides, plantés dans le jardin, le vent dans les cheveux, les feuilles, ils songent que la ville des arbres et la ville des hommes sont faites l’une de l’autre.


Peuplier

De temps en temps, elle va rompre l’écoulement monotone de son existence dans un jardin public. Elle se plaît à regarder l’agencement régulier des essences familières. Les grilles autour de ce déploiement vert l’isolent du désordre et ceignent son angoisse. Tout est si maîtrisé : l’allée de bitume, de chaque côté l’herbe rase, et les arbres postés en ligne droite. 

Elle s’assoit sur un banc, juste en face du bassin, où des enfants viennent faire des vagues. Elle aime leur agitation fraîche, qui chasse le silence. Non qu’elle ne parle à personne, les gens dans l’immeuble, dans la rue, et dans l’établissement où elle se rend, aussi souvent que l’exige l’administration, l’interpellent généralement très fort.

Mais dans le jardin, les voix ne claquent pas.  Le chuchotis des feuilles coule sur sa tête, ses épaules ; l’élastique tendu entre ses omoplates doucement se détend. Le chant des arbres lui rappelle, sans qu’elle s’en rende vraiment compte, les berceuses de l’enfance.  

Parfois un homme s’assoit tout près d’elle, le banc est à l’ombre d’un cerisier. Elle observe alors les ombres dessiner des nuages, sur sa joue et sa bouche. Un homme s’arrête, s’assoit, puis s’en va, quand il sent son regard.


Hêtre

Cyprès
Peuplier
Hêtre
C’est écrit sur la plaque fixée sur les troncs d’arbre.
Mais on a beau essayer, insister, on peine à faire coïncider l’arbitraire assemblage de lettres, aux découpes précises des feuilles, aux variations subtiles des teintes d’écorces d’arbres. On ne reconnaît rien : il y a le mot et la chose. L’arbre est une chose. Et chaque mot tend ses hampes, ses courbes, ses boucles parallèles, pour dire une autre histoire. Dans le jardin, on avance en tremblant, comme dans un conte…  chaque nom d’arbre devenant la forêt tout entière : opaque et débordant d’un pénétrant mystère.



 texte en partie publié sur FPDV  & illustré d'un photo de Bruno Legeai hier

jeudi 4 octobre 2012

Jardins - FPDV octobre

Troisième participation commune pour Bruno Legeai (http://autredi.blogspot.fr/) et moi-même à la revue virtuelle FPDV
C'est par !