mercredi 12 décembre 2012
La tentation des combles de Dominique Boudou
"Alors, évidemment, je me suis posé des questions. Elles s'enfonçaient dans mon cerveau comme une vis sans fin et mon corps tout entier se retenait de crier sa douleur. Qu'est-ce que les autres avaient que je n'avais pas, moi ?"
extrait 1
"... L'horizon dansait au loin et j'aimais ça. J'ai marché jusqu'aux rochers les plus proches, croisé quelques rondouillards à la peau rouge, des joueurs de volley et des joueurs de badminton tout aussi ridicules que les adeptes du frisbee, une chienne qui tirait sa langue toute bleue en rotant et je me suis assis sur la plus haute pierre. J'étais maintenant complètement réveillé. Mon cerveau avait retrouvé toute sa plasticité et j'ai repensé à la bétaillère. Les cochons partaient sans doute à l'abattoir. Ils n'avaient aucune conscience de leur fin prochaine. Et nous, me suis-je demandé ? Où se trouve l'abattoir vers lequel nous nous dirigeons ? Combien d'entre nous ont vraiment conscience de leur fin prochaine, une conscience aiguë qui transfigure leurs perceptions, leurs émotions, leurs actes ?"
extrait 2
et 3, 4, 5.... jusqu'au 14ème extrait à ce jour
C'est beau, et généreux, Dominique Boudou nous offre des bouts de son roman sur son blog... j'ai déjà cité cet auteur là...et il a un blog, un site... et des livres (romans, poésie) à lire absolument
Quand ta mère te tue | Dominique Boudou par borddeleau
mardi 11 décembre 2012
Actus
Le 49ème numéro de Traction-Brabant vient de paraître.
Au sommaire :
Cédric Bernard
Marc Bonetto
Julien Bucci
Michèle Caussat
Uzayir Lokman Cayci
Jean-Marc Couve
Christophe Esnault
Cathy Garcia
Delphine Gest
Thomas Grison
Jacques Laborde
Alain Lacouchie
Xavier Le Floch
Editions associatives du Port d'Attache, chez Jacques Lucchesi
Fabrice Marzuolo
Olivier Millot
Murièle Modély
Morgan Riet
Salvatore Sanfilippo
Guillaume Siaudeau
Michel Talon
Jean-Marc Thévenin
Marc Tison
Florian Tomasini
Pierre Vella
Pour plus d'informations ou pour commander, ça se passe chez l'ami Patrice Maltaverne, par ICI !
Salvatore Sanfilippo
Guillaume Siaudeau
Michel Talon
Jean-Marc Thévenin
Marc Tison
Florian Tomasini
Pierre Vella
Pour plus d'informations ou pour commander, ça se passe chez l'ami Patrice Maltaverne, par ICI !
AU SOMMAIRE
Délit de poésie :
Fanny Sheper ; Walter Ruhlmann ; Pascal Batard ; Jean-Michel Hatton ; Hosho Mc Creesh (Usa)
Le vent d’Anatolie - Zyrànna Zatèli (Grèce)
Dernières nouvelles du Sud - Luis Sepúlveda et Daniel Mordzinski
Ici comme ailleurs de Lee Seung-U (Corée du Sud)
Et quelques délits d’(in)citations tombés sur les coins de pages en flocons d’encre.
Vous buterez sur le bulletin de complicité au fond en sortant, attention, il se peut qu’il cherche à vous séduire. Si ce n’est pas déjà fait, sortez abonnés, c’est bon pour la tête, surtout en hiver.
lundi 10 décembre 2012
dimanche 9 décembre 2012
L'employé de Guillermo Saccomanno
"Il comprend que le destin lui a réservé un message. Celui que contient cette bouteille. Un ver.
Il vide la bouteille et avale le ver. [...]
Il voulait seulement être un autre. Mais il n'est pas un autre, il est celui de toujours, engourdi sur le siège d'un métro vide et obscur. Il sort d'un endormissement imposé par la fatigue, il a la bouche pâteuse et la nausée à cause du ver qu'il a avalé. A son réveil dans l'obscurité, en pleine crise de tachycardie, il comprend : il s'est endormi dans le dernier métro et se retrouve seul en fin de parcours, au-delà du terminus, dans un labyrinthe de tunnels et de voies où les trains resteront immobilisés jusqu'au petit matin. Il est pris au piège. Il n'a pas le choix : il passera la nuit ici, dans le train immobilisé au fond de ce labyrinthe."
extrait p.135 de L'employé de Guillermo Saccomanno, éditions Asphalte, 2012
disponible aussi en numérique, chronique de Christophe Grossi ici
jeudi 6 décembre 2012
Si peu tout de Vincent Motard Avargues
Vincent Motard Avargues, creuse d'un recueil à l'autre sa voie singulière, il sonde les/ses silences, le sentiment de vide, une certaine abstraction... J'avais bien aimé Un écho de nuit, notamment la dernière partie pour la présence féminine, et le surgissement d'images forcément plus sensuelles... (Je ne suis pas toujours sensible à une écriture trop abstraite :).
Avec ce nouveau recueil, Si peu tout, on plonge dans l'intériorité du poète, dans cette "main gantée de silences". Et j'ai aimé l'équilibre très réussi (à mon goût) entre les mots et le blanc dans la page. Chaque poème semble ricocher dans l'espace de la double page, et nous laisse dans ses échos de la place, pour que se dessinent les images, nos images... pour une respiration.
Je trouvais par exemple très beau certaines parenthèses : instant suspendu, et fil continu d'un texte à l'autre...
" Je dormirai
demain
quand la lune
m'assommera
ce goût
en bouche
mon sang frais
vivre
vivre
(vivre)"
extraits de Si peu tout, de Vincent Motard Avargues, Eclats d'encre, 2012
lundi 3 décembre 2012
...par ricochet
"Tu le remplis
avec des cendres
des gravats
et du temps
/
Tu y mettras
tout ce que tu trouves
au bord de toi
/
ton enfance
et la glu salée de tes rêves
tu le rempliras ce ventre"
extraits du recueil Le trou de Thomas Vinau, éditions du Cygne, 2008, p.15-17
jeudi 29 novembre 2012
Tout va bien de Jean Bourgeois
Ce que j'aime dans l'écriture de Jean Bourgeois, c'est ce regard lucide (sans désespérance ?) posé sur le renoncement, l'absence, de l'autre, à soi.
Son recueil commence par une scène de vie intime, par un départ :
"Quelqu'un part
Emportant tout aveclui
Laissant le jardin désert
La maison vide
Le silence à sa traîne
Quelqu'un part, c'est fini"
le début est donc la fin. Et le recueil tout entier répète cette fin, potentielle, réelle, "une menace générale".
"Le menton sur la plage arrière
Je regardais la route se perdre au loin
Aspirée par un pays noir
Sous l'embrasement du ciel
La nuit gagnait
Et la fatigue
Allongé sur le siège
Dans mon demi-sommeil
Je me faisais des films
Je fuyais une menace
Sans trop savoir laquelle
Une menace générale
Des décennies après
C'est moi qui tiens le volant
Et où que j'aille je la sens encore
Je fuis toujours"
Les scènes, les pensées qui se succèdent parlent de ça, la fin, incluse dès le départ. Alors pourquoi ? à quoi bon ?
"Toute fin est légère
Un coup d'aile suffira
Demain sera plume"
Il y a quand même, toujours le mot.
Langues est le dernier poème.
"un habit pur et sans couture
Qu'une grande bête aux gestes noirs
Taille à notre mesure
Souriant déjà de notre effroi
Au premier souffle elle nous l'enfile
Un cri, d'abord, et tout est dit
Puis la blessure ensuite
qui dure
engorgera nos bouches
Ici et là, partout, toujours
le premier mot est un refus
Et les autres ont beau faire
Où nos langues sont pendues"
dimanche 25 novembre 2012
Ana Cristina Cesar
"Je suis très concentrée sur ma panique.
Du tréfonds prenant des mesures préventives. Ma fille, lis ça quand tu auras perdu tout espoir comme aujourd'hui. Tu es mon seul trésor. Tu mords et cries et ne me laisses pas en paix, mais tu es mon seul trésor. Alors écoute-bien; prends ce sirop, viens dans mes bras, et repose-toi; dors, je veillerai sur toi et je n'ai pas peur; dors, dors.
Je suis grande, je reste éveillée très tard.
Je veux te dire la chambre immobile et tout ce qu'il y a dedans et pas de ville dehors ni réseaux de parenté. Ici j'ai des machines pour me distraire, une télé de chevet, des bandes magnétiques, des cartes postales, des cahiers de différentes tailles, un coupe-ongles, deux
pyrex et j'en passe. Rien dehors et ma tête parle toute seule, comme ça,
dans un mouvement pendulaire: apparaître, disparaître. Retiens bien cette chambre étale avec machines, tête et pendule qui battent. Retiens-la bien. Ça comptera plus tard."
Ana Cristina Cesar, Gants de peau & autres poèmes, traduction de Michel Riaudel et Pauline Alphen, Chandeigne, 2005.
lu là
sur Ana Cristina César là, ou là (entre autre...)
samedi 24 novembre 2012
jeudi 22 novembre 2012
Antoine Emaz à Toulouse
Rencontre avec Antoine Emaz à la médiathèque José Cabanis
à Toulouse le 23 novembre à 18h, grand auditorium
à Toulouse le 23 novembre à 18h, grand auditorium
"on touille un reste de mots
le juste nécessaire
on a fait le plus dur
bleu risible
on rouille, on tousse
on finit par vieillir
c'est plus simple
on l'aura vu venir
l'usure"
RAS, Antoine Emaz, dessins Djamel Meskache, éditions Tarabuste, 2001
___________________________________________________________
Addenda du 12/12/12 : La vidéo de la rencontre ci-dessous___________________________________________________________
Rencontre avec Antoine Emaz par BibToulouse
mercredi 21 novembre 2012
Cairns
Cairns, recueil initié, mis en forme, mis au jour :) par Jean-Louis Millet
Textes de Cathy Garcia, Anna Jouy, Isabelle Le Gouic, Carole Saint Louis, Werner Lambersy, Jean-Louis Millet, Le Rien quotidien, Bruno Toméra, Vincent, & myself sur des épures de Jean-Louis Millet
à feuilleter là
Germaine Chaumel : exposition au Bazacle à Toulouse
Fête des pêcheurs de Toulouse
Femme dans le débarquement
Germaine CHAUMEL (1895-1982), une photographe dans son temps
20 novembre 2012 au 24 février 2013 - Galerie de l'OEil
"Femme et photographe de et dans son temps, Germaine Chaumel
s’inscrit pleinement à Toulouse dans le courant photographique «
humaniste » qui se développe alors notamment à Paris. A l’occasion du
30e anniversaire de sa mort, la Ville de Toulouse a décidé de rendre
hommage à cette photographe qui fut l’un des grands témoins de son
histoire..."à l'Espace EDF Bazacle - Toulouse
"
samedi 17 novembre 2012
La fragilité d'Estelle Beauvais
LA FRAGILITE - PROLOGUE (version française) from Estelle Beauvais on Vimeo.
La fragilité, série d'Estelle Beauvais : le site
samedi 10 novembre 2012
![]() |
| My aunt's ghost - Vesna Bursich |
Il s’agit de refaire ce qui n’est pas fini
de jeter sur la toile le tu le elle
reconstruire réinventer
le je de miroirs
Il s’agit de revivre ce qui n’a pas vécu
le tu le elle et moi
rebâtir la colonne
et dévier de nouveau
Sentir l’écart
se creuser
là
tout en haut
les trouées d’air
dans mon cerveau
Je prends des souvenirs
n’importe lesquels
l’ordre n'a pas d’importance
leur véracité non plus
un jour le fil a cessé de se tendre
mon corps est un tissu
rempli de trous
une plaine où s’ébattent
de joyeux fous
Je prends un souvenir
n’importe lequel
j’y enfourne une humeur
un paysage
les gens autour de moi
sont des paysages
être n’est que paraître
singer
représenter
Les gens autour de moi
des scènes des portraits
en pieds
il s’agit de refaire tout ce que j’ai vécu
l’écrire
le réécrire
barbouiller le tableau
de jeter sur la toile le tu le elle
reconstruire réinventer
le je de miroirs
Il s’agit de revivre ce qui n’a pas vécu
le tu le elle et moi
rebâtir la colonne
et dévier de nouveau
Sentir l’écart
se creuser
là
tout en haut
les trouées d’air
dans mon cerveau
Je prends des souvenirs
n’importe lesquels
l’ordre n'a pas d’importance
leur véracité non plus
un jour le fil a cessé de se tendre
mon corps est un tissu
rempli de trous
une plaine où s’ébattent
de joyeux fous
Je prends un souvenir
n’importe lequel
j’y enfourne une humeur
un paysage
les gens autour de moi
sont des paysages
être n’est que paraître
singer
représenter
Les gens autour de moi
des scènes des portraits
en pieds
il s’agit de refaire tout ce que j’ai vécu
l’écrire
le réécrire
barbouiller le tableau
publication initiale sur
le journal poétique jeté sur l'aube d'Anna Jouy
(vases communicants de novembre)
jeudi 8 novembre 2012
vendredi 2 novembre 2012
Tarot-Eros par Anna Jouy
Vais-je m’élancer ainsi, me prendre un pied dans le ciel ? Inversion de fortune, ma maison peut-être tremble ? Les oiseaux sortent de terre vers des refuges de nuages. Ai-je perdu mes petites ailes dorées et est-ce une pluie de métaux lourds qui cinglera de mes pavés ?
Attraction permutée, pôles démagnétisés, ma vie se détache comme la plèvre des grandes tuberculoses. Je quitte ses bases et brasse des deux mains. M’accrocher à des cendres fugaces. Tenir ou ne tenir à rien…
il va neiger.
C’est qu’arrive le temps des cabrioles et de ces allègements de la tête. C’est bien. J’atteins à grands trous, l’effet de passoire. Une pluie à rebours. Nuages et avortement de coton. Mais si le ciel me donne signes, pourquoi fait-il en mon ventre des fœtus morts et ces injections de foutre candide ? Mes entrailles seront-elles le dernier espace mûr avant la folie ?
il va neiger n’est-ce pas ?
Soleil silo. Il me crache sur l’île des sueurs. (pour lui poète trouble) fraternité des souches et de l’étoupe, le fleuve à l’entonnoir. Un fil rouge vient de saigner ma gorge et mes points de côtés. L’astre entre glaives et piqûres écrit sur ma peau des basanes profondes, y grave une ride à la ligne. Les flots qui m’enceignent sont si clairs, je crois qu’ils arrivent des soupirs du monde. À la rouelle, ils distribuent nos efforts. Temps de lumière et temps de feu. C’est vivre qui importe et le jour est ce territoire ouvert.
neigera-t-il, dis moi… ?
Tenir à la main le bâton rouge et les yeux plantés dans l’étoile. Que mes grelots résonnent, qu’ils fassent le bruit qu’il faut. Je ne veux m’aveugler que la tête haute et que chaque pas fraye avec les bêtes et les chiens. À ma taille des yeux et des perles. Je me sens porter la cartouchière du bonheur et des lueurs. La munition essentielle! Dans mon baluchon, que des pierres, pour l’équilibre des pas et ne pas monter trop vite. Briser mon genou pour ce repas de membres désossés. J’ai des choses à vivre qui n’auront rien de léger.
Enfin ! Tous mes flocons montent au ciel.
Détachée, puisque Anna je « suie »
Et j’écris
Tirage tarot
Maison-Dieu /envers 16
Soleil / endroit 19
Le mat/ endroit (sans nombre)
Total 35 3+5 = 8 la justice qui écrit une plume à ses pieds et tient la folie dans l’équilibre biaisé des tensions
“Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations.”
Mon texte chez Anna. Vous pourrez lire ici même d'autres textes d'Anna Jouy là et là
La liste des vases communicants est comme d'habitude disponible sur le blog dédié, le groupe facebook ou le scoop-it.
Attraction permutée, pôles démagnétisés, ma vie se détache comme la plèvre des grandes tuberculoses. Je quitte ses bases et brasse des deux mains. M’accrocher à des cendres fugaces. Tenir ou ne tenir à rien…
il va neiger.
C’est qu’arrive le temps des cabrioles et de ces allègements de la tête. C’est bien. J’atteins à grands trous, l’effet de passoire. Une pluie à rebours. Nuages et avortement de coton. Mais si le ciel me donne signes, pourquoi fait-il en mon ventre des fœtus morts et ces injections de foutre candide ? Mes entrailles seront-elles le dernier espace mûr avant la folie ?
il va neiger n’est-ce pas ?
Soleil silo. Il me crache sur l’île des sueurs. (pour lui poète trouble) fraternité des souches et de l’étoupe, le fleuve à l’entonnoir. Un fil rouge vient de saigner ma gorge et mes points de côtés. L’astre entre glaives et piqûres écrit sur ma peau des basanes profondes, y grave une ride à la ligne. Les flots qui m’enceignent sont si clairs, je crois qu’ils arrivent des soupirs du monde. À la rouelle, ils distribuent nos efforts. Temps de lumière et temps de feu. C’est vivre qui importe et le jour est ce territoire ouvert.
neigera-t-il, dis moi… ?
Tenir à la main le bâton rouge et les yeux plantés dans l’étoile. Que mes grelots résonnent, qu’ils fassent le bruit qu’il faut. Je ne veux m’aveugler que la tête haute et que chaque pas fraye avec les bêtes et les chiens. À ma taille des yeux et des perles. Je me sens porter la cartouchière du bonheur et des lueurs. La munition essentielle! Dans mon baluchon, que des pierres, pour l’équilibre des pas et ne pas monter trop vite. Briser mon genou pour ce repas de membres désossés. J’ai des choses à vivre qui n’auront rien de léger.
Enfin ! Tous mes flocons montent au ciel.
Détachée, puisque Anna je « suie »
Et j’écris
Tirage tarot
Maison-Dieu /envers 16
Soleil / endroit 19
Le mat/ endroit (sans nombre)
Total 35 3+5 = 8 la justice qui écrit une plume à ses pieds et tient la folie dans l’équilibre biaisé des tensions
pour Maryse Hache
Premier vendredi du mois, c'est vase communicant, second passage de flux entre Anna Jouy et moi-même : “Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations.”
Mon texte chez Anna. Vous pourrez lire ici même d'autres textes d'Anna Jouy là et là
La liste des vases communicants est comme d'habitude disponible sur le blog dédié, le groupe facebook ou le scoop-it.
mercredi 31 octobre 2012
Elle enfile le costume d'une mère
ce n'est pas si étroit ça tire juste un peu
dans le cou sur les fesses
Elle enfile la mue opale et muette
regarde tomber tous les petits bouts de peaux
des spectres à venir
La mue vitreuse sur sa chair
elle regarde l'enfant qui danse décousue
la pâle enveloppe qui bée à la fenêtre
Elle enfile
et comprend qu'au fond
elle porte le costume
depuis la nuit des temps
C'est ce que dit sa bouche
la bouche
la grimace improbable
contrefait le sourire
Aux commissures les plis
de peaux l'accumulation de peaux
toutes ces peaux de mères
Oh le cher épiderme et ses profonds mystères
qu'elle regarde incrédule façonner l'autre même
mardi 23 octobre 2012
lundi 22 octobre 2012
Martina on the floor - Vesna Bursich
bien sûr que t'aimerais recommencer
reprendre depuis depuis le début
le point l'amorce sous ton oeil le clic
la syllabe première avalant le silence
bien sûr que t'aimerais avaler
de nouveau à petit petits pas
vernix caseosa la page blanche
juter les mots légers du bout des manches
ne plus entendre
le déferlement
ne plus
cette avalanche
ne plus
nourrir les monstres
ne plus
bien sûr que t'aimerais
que j'aimerais
bien sûr
ne plus user
abuser
du tu du elle et moi
du toi tais toi t'es elle et quoi
au milieu des phonèmes le brouhaha
des mille et une et une et une et une voix
voies vois voilà les signes les lignes les moi
l'émoi et puis ta et puis sa et puis ma peur
et puis là meurt la mer l'amer toutes les mers
le tsunami des mots dans lequel tu elle je te
se me noie les noeuds incompréhensibles
indéfectibles les nœuds de ton de son de mon
identité
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