jeudi 12 septembre 2013

On en parle...

Dominique Boudou chronique mon recueil Penser maillée sur le site Recours au poème, et je l'en remercie.

"J'use mes regards, je polis ma langue / Sur des corps féminins saturés jusqu'à l'os ", écrit Murièle Modély dans Penser maillée paru aux éditions du Cygne. Voilà un recueil où le blanc de la page épouse en étreintes violentes le suint des corps mordus, ravinés, déchirés. Ici, " l'amour n'est pas un mot" mais un instinct brutal " écrasé de soleil ". Un soleil dur et coupant comme la lave de l'île de la Réunion où est né l'auteur. Mais comment le dire avec [une encre indicible] ? L'alphabet aussi est démembré et les souvenirs d'enfance ne sont que de " vieux restes ". Murièle Modély, comme Bernard Noël dans Extraits du corps, est un poète de la décomposition. La langue qui écrit n'y résiste pas davantage que la langue qui fouaille. " Vais-je totalement fondre dans les terres qui m'ont un jour portée ? ", écrit-elle. L'univers de Murièle Modély, si marqué soit-il par la solitude des âmes mortes, ne s'en ouvre pas moins aux promesses de l'horizon. [...]"

Lire la suite sur Recours au poème là 
(c) Marc Quinn - The Zone (Where Time Meets Space) 2012


mercredi 11 septembre 2013

Je fais court.
Juste pour te dire, qu'un jour tu te trouveras seule. Crois-moi, les mots ne réchauffent personne. Ce ne sont pas eux qui frotteront tes pieds le soir, dessous les draps. Jamais ils ne te baiseront les seins, à travers ton corsage. Ils ne hurleront pas à ton oreille, c'est sûr, mais ils ne la lècheront pas non plus...
Les mots que tu aimes tant, qui brouillent ton regard, te dévorent, et me gerbent, ne te feront pas la conversation. Même pas un petit échange insignifiant. Tu n'auras même pas ça, les banalités sur la pluie, le beau temps, le monde qui va mal, le monde qui va bien, ou encore tes enfants, qui sont aussi les miens...
Je fais court, je pars.
Un jour, tu cesseras d'écrire. A cause de tes mains tremblantes, de ta mémoire défaillante, de ta vue basse, ou peut-être simplement parce que tu n'auras rien à dire. Rien de plus en tout cas, que tu n'aies déjà dit. Ce jour là pense à moi, à combien je t'aimais. Et mange ce papier, si tu l'as conservé...


première publication juin 2011

mercredi 4 septembre 2013

(c) Antonio Santin

et aussi guetter l'agacement des gencives
que la craie glisse que le monde crisse sur le tableau noir
(c) Christophe Caudroy - La maison (2003)



manger petit
pisser petit
baiser petit
vivre petit
entendre à peine


(c) Kyle Thompson - Untitled (2012)



s'enfoncer un revolver dans le con
attendre la déflagration


(c)Kyle Thompson



ne rester que l'écho d'un ongle arraché sur le sol
dans le brouhaha ambiant


lundi 2 septembre 2013

dimanche 7 juillet 2013

Angst
est un animal domestique
un cheval furieux
à la robe tissée de noir et blanc

dans son enclos, il cabre, hennit
tout autour vont les fentes mouillées de trop

tu sens contre tes os, ses lourds sabots
son haleine fébrile, tes pauvres mots

Angst
est un animal sauvage
ta colère ou la baise
sont des lassos


© Vania Zouravliov, Pomegranate

Lorsque la pointe s'enfonce
profondément
dans la peau, la chair, l'os
que chauffée à blanc elle continue
de fouailler, fourrager
violemment
le vide là devant

le cri dans la bouche
contre les côtes
à son oreille
enfle
Baise moi

  (c)Jenny Saville