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| (c) Rebecca Cairns |
lundi 10 février 2014
dimanche 9 février 2014
J'ai une lame
sous l'oreiller
Elle est émoussée
mais ta peau est lisse
et plus vraiment ferme
Je n'aurai pas
à appuyer
pour fendre
/
J'ai une lame
pour cette nuit
A cause de ta tête
sur moi penchée
A cause de ton visage
nettement dessiné
à la surface
/
Chacun de tes traits m'est familier
pourtant je ne te reconnais pas
Tes yeux
Tes rides
Ta bouche
Ton nez
Ton masque
/
Ce soir
ton crâne se fendra
comme une orange
Chaque quartier
jutera dans mon oeil
sur le lit
Au milieu
je verrai la branche
grouillant de pucerons
et les fourmis
Je guetterai la pluie
au coin de ma paupière
J'attendrai la tombée
du miellat de tes chairs
sous l'oreiller
Elle est émoussée
mais ta peau est lisse
et plus vraiment ferme
Je n'aurai pas
à appuyer
pour fendre
/
J'ai une lame
pour cette nuit
A cause de ta tête
sur moi penchée
A cause de ton visage
nettement dessiné
à la surface
/
Chacun de tes traits m'est familier
pourtant je ne te reconnais pas
Tes yeux
Tes rides
Ta bouche
Ton nez
Ton masque
/
Ce soir
ton crâne se fendra
comme une orange
Chaque quartier
jutera dans mon oeil
sur le lit
Au milieu
je verrai la branche
grouillant de pucerons
et les fourmis
Je guetterai la pluie
au coin de ma paupière
J'attendrai la tombée
du miellat de tes chairs
jeudi 6 février 2014
À quoi ressemble la poésie française contemporaine, au tournant du siècle ?
200 pages pour enfin connaître les différentes écoles et talents d'aujourd'hui
200 pages pour enfin connaître les différentes écoles et talents d'aujourd'hui
En savoir plus sur le site des éditions Seghers
avec Jean Pierre Siméon, Ariane Dreyfus, Jean-Luc Maxence
et un article sur le site Recours au poème sur le livre de Jean Luc Maxence et l'émission sur France Culture qui ne manquera pas de nourrir le propos (un autre article de Christophe Dauphin sur le même site) : on se fera son avis à la lecture de l'ouvrage et/ou des critiques.
samedi 1 février 2014
"quel que soit le pari
je le tiendrai
quelque soit le risque
je l'assumerai
les mots - les mots- les mots -
viendront alléger ma peine
je suis là
confiant dans le poème à venir
tandis que le soleil blanc
s'étale, disparaît, revient
faisant de moi l'orphelin d'écriture"
je le tiendrai
quelque soit le risque
je l'assumerai
les mots - les mots- les mots -
viendront alléger ma peine
je suis là
confiant dans le poème à venir
tandis que le soleil blanc
s'étale, disparaît, revient
faisant de moi l'orphelin d'écriture"
Franck Venaille, Ça, p.74, Mercure de France, 2009
Revue Paysages écrits, n°20 - janvier 2014
Parution de la conséquente Revue Paysages écrits (n°20, janvier 2014) animée par Sanda Voïca et Samuel Dudouit.
Conséquente car riche de nombreux poèmes, d'images, de lectures etc.
vous pourrez également y (re)lire quelques uns de mes poèmes.
A feuilleter ci dessous ou là en pdf
Conséquente car riche de nombreux poèmes, d'images, de lectures etc.
vous pourrez également y (re)lire quelques uns de mes poèmes.
A feuilleter ci dessous ou là en pdf
mardi 28 janvier 2014
Demandez l'impossible, 15ème édition - Théâtre des Tafurs (Bordeaux) du 10 au 22 Mars 2014
De quoi s'agit-il ?
En l’an 2000, le Théâtre des Tafurs crée « Demandez l’impossible un Printemps des Poètes ».
Ce festival annuel fête la poésie d’aujourd’hui à Bordeaux et en Gironde, en écho à la manifestation nationale.
Il s’agit d’offrir une vitrine particulière à de nombreux poètes français, d’expression française, étrangers, connus ou à connaître…
Les différentes programmations revendiquent la parole singulière loin des modes et des règles du marché. Elles permettent aussi à la compagnie de s’aventurer toujours plus avant dans la production de spectacles performatifs qui mettent en voix et en musique le parcours, la vision de chaque poète invité.
Les auteurs invités cette année
Michel Thion, Lionel Bourg, Albane Gellé
et moi même...
En savoir plus là
lundi 20 janvier 2014
dimanche 19 janvier 2014
tu
marches la nuit
le vide en son étreinte
baise tes paumes
l’abysse le soir
dans le lit dans le noir
n’effraie
aucune môme
tu mens
la nuit tu mens
dans l’oreiller tu feules
tes cris de chat
tu fais semblant
seize ou vingt ans
tu mens
après c’est le vieil âge
tu répètes à l’envi
cette incroyable phrase
l’histoire la même
toi collée aux barreaux
un fauve sur le point
son corps embrasé chaud
la tension qui dilate
le temps
au fond de ta gorge
la gousse le grain d’ail
une épice entêtante
amère
sur le point de bondir
le désir sous les ongles
sous la langue déjà
fermente
marches la nuit
le vide en son étreinte
baise tes paumes
l’abysse le soir
dans le lit dans le noir
n’effraie
aucune môme
tu mens
la nuit tu mens
dans l’oreiller tu feules
tes cris de chat
tu fais semblant
seize ou vingt ans
tu mens
après c’est le vieil âge
tu répètes à l’envi
cette incroyable phrase
l’histoire la même
toi collée aux barreaux
un fauve sur le point
son corps embrasé chaud
la tension qui dilate
le temps
au fond de ta gorge
la gousse le grain d’ail
une épice entêtante
amère
sur le point de bondir
le désir sous les ongles
sous la langue déjà
fermente
vendredi 10 janvier 2014
Le mouchoir
tu te dis
qu'en te mouchant
bien fort
ça va venir
oui, ça va venir
la morve
la morve oui, mais pas que
en soufflant très fort
ça va tomber
par petits bouts
bien drus
tu te dis ça
bien gras
dans le mouchoir
le chagrin
les fins de mois difficiles
la peur du lendemain
et ton gros cul t'as pris du poids
et tes petites trahisons et le type
qui t'avait même pas dit son nom
tu t'en foutais
t'en avais pas envie
t'avais ouvert les jambes
tu souffles par les narines
oui c'est possible
dans le mouchoir en étoiles
ta dernière cuite
tes larmes sans raison
la désespérante absence de sens
tu mouches tes allitérations
tes phrases en boucle
qui ne veulent rien dire
et ton cancer du sein
des ovaires
des poumons
celui que tu auras un jour
parce que tout le monde un jour
tout ça
dans la même glaire
en te mouchant c'est sûr
tout va gicler
c'est sûr
ça ira mieux
c'est sûr
quand t'auras vidé
ton crâne
tous tes os
complètement
récurés et lisses
qu'en te mouchant
bien fort
ça va venir
oui, ça va venir
la morve
la morve oui, mais pas que
en soufflant très fort
ça va tomber
par petits bouts
bien drus
tu te dis ça
bien gras
dans le mouchoir
le chagrin
les fins de mois difficiles
la peur du lendemain
et ton gros cul t'as pris du poids
et tes petites trahisons et le type
qui t'avait même pas dit son nom
tu t'en foutais
t'en avais pas envie
t'avais ouvert les jambes
tu souffles par les narines
oui c'est possible
dans le mouchoir en étoiles
ta dernière cuite
tes larmes sans raison
la désespérante absence de sens
tu mouches tes allitérations
tes phrases en boucle
qui ne veulent rien dire
et ton cancer du sein
des ovaires
des poumons
celui que tu auras un jour
parce que tout le monde un jour
tout ça
dans la même glaire
en te mouchant c'est sûr
tout va gicler
c'est sûr
ça ira mieux
c'est sûr
quand t'auras vidé
ton crâne
tous tes os
complètement
récurés et lisses
lundi 6 janvier 2014
mercredi 1 janvier 2014
Agrès acrobates - Anna Jouy
"entre ses mains
le chant n'a qu'à bien se tenir
il relève les filets du silence
ses orgues barbares mitraillent à blanc les yeux noirs
et les cœurs assortis
toutes les femmes se cambrent sur le ventre de ses paumes
au pétrin de la glaise
du plâtre
d'un peu de sable
elles ne songent plus qu'à ça qui rampe entre leurs lèvres entrouvertes
l'ange pleure de se vouloir chair
l'homme supplie le ciel d'un peu d'air"
le chant n'a qu'à bien se tenir
il relève les filets du silence
ses orgues barbares mitraillent à blanc les yeux noirs
et les cœurs assortis
toutes les femmes se cambrent sur le ventre de ses paumes
au pétrin de la glaise
du plâtre
d'un peu de sable
elles ne songent plus qu'à ça qui rampe entre leurs lèvres entrouvertes
l'ange pleure de se vouloir chair
l'homme supplie le ciel d'un peu d'air"
Anna Jouy, Agrès acrobates, p.31, p.i.sage éditeur, 2013
samedi 28 décembre 2013
sur le bord de l'assiette
seize os
le temps d'un repas
interminable
rebâtir la colonne
reconstruire
os à os
une église romane
et des pas longs
et beaux
et des sourires
blessés
et la jupe envolée
dans l'allée vers l'autel
et des vitraux dorés
éclatés dans le ciel
sur le bord de l'assiette
un visage
baroque
posé dans l'herbe moite
au beau milieu du pré
le sanctuaire avalé
au cœur de la forêt
un bref son de cloche
une grande taloche
les cheveux balancés
comme un voile
l'épée
sur le bord de l'assiette
la faim éteinte
toutes les noces feintes
du présent au passé
seize os
le temps d'un repas
interminable
rebâtir la colonne
reconstruire
os à os
une église romane
et des pas longs
et beaux
et des sourires
blessés
et la jupe envolée
dans l'allée vers l'autel
et des vitraux dorés
éclatés dans le ciel
sur le bord de l'assiette
un visage
baroque
posé dans l'herbe moite
au beau milieu du pré
le sanctuaire avalé
au cœur de la forêt
un bref son de cloche
une grande taloche
les cheveux balancés
comme un voile
l'épée
sur le bord de l'assiette
la faim éteinte
toutes les noces feintes
du présent au passé
mardi 24 décembre 2013
C'est parti
on va rester jusqu'à pas d'heure à bâfrer
picoler comme des trous
à se dire que cette année encore
l'escarre va menacer
nos culs et nos lèvres
à cause du poids
des mots
des sourires
du plan de table
il y aura les gloussements nerveux, la tristesse saisonnière, la rechute alcoolique
il y aura les absents, les morts, la pesée des vivants, il y aura les tâches
sur la table, les coquilles d'huitres vides, les blagues salaces
ta déprime
le cri des gosses
le repli du gras
sur nos hanches
et puis peut-être qui sait
la minute furtive où ta main m'effleurera
picoler comme des trous
à se dire que cette année encore
l'escarre va menacer
nos culs et nos lèvres
à cause du poids
des mots
des sourires
du plan de table
il y aura les gloussements nerveux, la tristesse saisonnière, la rechute alcoolique
il y aura les absents, les morts, la pesée des vivants, il y aura les tâches
sur la table, les coquilles d'huitres vides, les blagues salaces
ta déprime
le cri des gosses
le repli du gras
sur nos hanches
et puis peut-être qui sait
la minute furtive où ta main m'effleurera
republication
lundi 23 décembre 2013
Michel Merlen - Généalogie du hasard
"je n'accepte pas de mourir
je n'accepte pas que le sexe de la poésie
ne fleurisse plus dans la galaxie du vivre
faisant ainsi monter le foutre des couleurs
je n'accepte plus les chèques de la tendresse
les câlins castrateurs à odeur de linceul
les économies qui vous rasent le poil de l’imaginaire
vive les cuisses lisses du libre
la mise en scène du réel par le hasard
vive le ventre du soleil
vive vive le con bleu des étoiles
vive la grossièreté pure du vivant
les arbres qui branlent la ville
vive les enfants qui cassent les images
vive les cicatrices du feu
mon père viendra ce soir frapper à ma porte
il porte sur son front le coma
des poèmes qui n'ont pu jaillir
je ne suivrai pas son exemple
je pars à New York à Pâques 86
ma femme a de beaux yeux"
je n'accepte pas que le sexe de la poésie
ne fleurisse plus dans la galaxie du vivre
faisant ainsi monter le foutre des couleurs
je n'accepte plus les chèques de la tendresse
les câlins castrateurs à odeur de linceul
les économies qui vous rasent le poil de l’imaginaire
vive les cuisses lisses du libre
la mise en scène du réel par le hasard
vive le ventre du soleil
vive vive le con bleu des étoiles
vive la grossièreté pure du vivant
les arbres qui branlent la ville
vive les enfants qui cassent les images
vive les cicatrices du feu
mon père viendra ce soir frapper à ma porte
il porte sur son front le coma
des poèmes qui n'ont pu jaillir
je ne suivrai pas son exemple
je pars à New York à Pâques 86
ma femme a de beaux yeux"
"Place de la Bastille", in Généalogie du hasard, Michel Merlen, Le dé bleu, 1986
samedi 21 décembre 2013
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