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| (c) Charlotte Bracegirdle - Don't leave me here (2010) |
lundi 3 mars 2014
lundi 24 février 2014
Le jardin sauvage ana nb
"quelque chose commence avec une intense une intensité une intensité
aigue comme un accent sans sentiment -
un accent de péril - dans une traversée
de terre obscure - sans
une tache de paradis – ici les fleurs ne sont pas des pluies de pétales
avance – ne te retourne pas sur la première phrase
je vois – la mère la
mère mordeuse planter sa bouche les dents hors de sa bouche sur la peau de son
enfant – je vois – la dentition blanche bordée de rouge délicat de rouge –
fleur entrer dans la chair fragile de l'avant – bras – je vois les yeux de
l'enfant les yeux de l'enfant dans l'eau des larmes – je vois la mère la mère
mordeuse essuyer ses lèvres rouge – fleur d'un geste répété – je vois les yeux fermés de l'enfant
– j'entends la voix de la mère mordeuse – j'entends sa voix – lala mon enfant
dort lala mon enfant tourne dans mes bras lala mon enfant dort..."
Lire la suite de is god dead ? sur le blog Le jardin sauvage d'ana nb
et parfois
c'est vrai
il n'y a rien
à force de le répéter
tu t'en convaincs
tu le convaincs
parler est difficile
penser est compliqué
tu te sens
couler rouler
entre les quatre lettres
tu te sens heurtée
à peine
aspérité sur initiale
que tu avales
à pleine bouche
il dit que tu n'es
rien tu acquiesces
c'est confortable
tu te balances
sur deux syllabes
il dit
il ne se passe rien
rien
rien ton visage
est un masque ton crâne est vide
je ne vois
rien
rien qu'un réseau anarchique de rides
je ne comprends
pas
ton corps
pas
tes bras
pieuvres stupides flottant dans l'eau
pas
ta bouche livide
ce vers
tranché en deux
se tortillant comme une anguille
et ta voix
ta voix
susurrant à l'oreille
mais de qui ?
des mots
des mots
l'amour mais qui y croit ?
il est temps
pour toi
de commencer à
être
telle que je veux
que tu sois
il ne se passe rien
rien
rien ton visage
est un masque ton crâne est vide
je ne vois
rien
rien qu'un réseau anarchique de rides
je ne comprends
pas
ton corps
pas
tes bras
pieuvres stupides flottant dans l'eau
pas
ta bouche livide
ce vers
tranché en deux
se tortillant comme une anguille
et ta voix
ta voix
susurrant à l'oreille
mais de qui ?
des mots
des mots
l'amour mais qui y croit ?
il est temps
pour toi
de commencer à
être
telle que je veux
que tu sois
dimanche 23 février 2014
L'impossible est arrivé ? Mais qu'il entre ! *
*La formule est de Brigitte Giraud et je la lui emprunte, parce que ce spectacle autour de "Penser maillée" (dans le cadre de la manifestation Demandez l'impossible) mené, pensé, porté par le metteur en scène François Mauget, les comédiennes Chantal Hermenault, Caroline Ducau Martin, le musicien Monsieur Gadou, l'équipe du théâtre des Tafurs, Françoise, Delphine et les autres, comment aurais-je seulement pu imaginer avoir la chance de de le voir se dérouler sous mes yeux il y a quelques mois encore ? Alors oui, il faut demander l'impossible, croire en la poésie :)
Quelques photos souvenirs d'un week-end mémorable pour moi, loin de ma table de travail, et de ma solitude d'écriture... me voilà gonflée à bloc pour travailler encore et encore... poser, user, polir mes yeux et mes mots.








Toutes les photos sont de (c) Isabelle Beccia
[« Penser maillée » – de Murièle Modély - Spectacle tout public le 23 Mars 2014 – Musée des Beaux Arts Bordeaux
La visite débute par une déambulation dans la galerie XIX° et XX° siècle du Musée des Beaux Arts (Aile nord). Et soudain, par la magie des mots et de la poésie, nous sommes sur l’île de la Réunion. Nous sommes sur une île lointaine, cela est clair. Les paysages et l’omniprésence de la mer et du soleil en attestent. C’est de là qu’elle parle, de cet « œil comme une goyave fendue », instillant des mots de créole dans le chant du Français. Car les mots chantent, les mots fument, grésillent. Cette poésie organique fait la part belle à la sourde tension entre ici et ailleurs, enfance et âge adulte, terre et mer. Et le désir, toujours, comme une vague lancinante qui n’en finit pas de s’échouer sur la plage.
Mise en scène : François Mauget
Comédiennes : Chantal Hermenault, Caroline Ducau Martin
Musicien : Monsieur Gadou]
Quelques photos souvenirs d'un week-end mémorable pour moi, loin de ma table de travail, et de ma solitude d'écriture... me voilà gonflée à bloc pour travailler encore et encore... poser, user, polir mes yeux et mes mots.
Toutes les photos sont de (c) Isabelle Beccia
[« Penser maillée » – de Murièle Modély - Spectacle tout public le 23 Mars 2014 – Musée des Beaux Arts Bordeaux
La visite débute par une déambulation dans la galerie XIX° et XX° siècle du Musée des Beaux Arts (Aile nord). Et soudain, par la magie des mots et de la poésie, nous sommes sur l’île de la Réunion. Nous sommes sur une île lointaine, cela est clair. Les paysages et l’omniprésence de la mer et du soleil en attestent. C’est de là qu’elle parle, de cet « œil comme une goyave fendue », instillant des mots de créole dans le chant du Français. Car les mots chantent, les mots fument, grésillent. Cette poésie organique fait la part belle à la sourde tension entre ici et ailleurs, enfance et âge adulte, terre et mer. Et le désir, toujours, comme une vague lancinante qui n’en finit pas de s’échouer sur la plage.
Mise en scène : François Mauget
Comédiennes : Chantal Hermenault, Caroline Ducau Martin
Musicien : Monsieur Gadou]
jeudi 20 février 2014
lundi 10 février 2014
dimanche 9 février 2014
J'ai une lame
sous l'oreiller
Elle est émoussée
mais ta peau est lisse
et plus vraiment ferme
Je n'aurai pas
à appuyer
pour fendre
/
J'ai une lame
pour cette nuit
A cause de ta tête
sur moi penchée
A cause de ton visage
nettement dessiné
à la surface
/
Chacun de tes traits m'est familier
pourtant je ne te reconnais pas
Tes yeux
Tes rides
Ta bouche
Ton nez
Ton masque
/
Ce soir
ton crâne se fendra
comme une orange
Chaque quartier
jutera dans mon oeil
sur le lit
Au milieu
je verrai la branche
grouillant de pucerons
et les fourmis
Je guetterai la pluie
au coin de ma paupière
J'attendrai la tombée
du miellat de tes chairs
sous l'oreiller
Elle est émoussée
mais ta peau est lisse
et plus vraiment ferme
Je n'aurai pas
à appuyer
pour fendre
/
J'ai une lame
pour cette nuit
A cause de ta tête
sur moi penchée
A cause de ton visage
nettement dessiné
à la surface
/
Chacun de tes traits m'est familier
pourtant je ne te reconnais pas
Tes yeux
Tes rides
Ta bouche
Ton nez
Ton masque
/
Ce soir
ton crâne se fendra
comme une orange
Chaque quartier
jutera dans mon oeil
sur le lit
Au milieu
je verrai la branche
grouillant de pucerons
et les fourmis
Je guetterai la pluie
au coin de ma paupière
J'attendrai la tombée
du miellat de tes chairs
jeudi 6 février 2014
À quoi ressemble la poésie française contemporaine, au tournant du siècle ?
200 pages pour enfin connaître les différentes écoles et talents d'aujourd'hui
200 pages pour enfin connaître les différentes écoles et talents d'aujourd'hui
En savoir plus sur le site des éditions Seghers
avec Jean Pierre Siméon, Ariane Dreyfus, Jean-Luc Maxence
et un article sur le site Recours au poème sur le livre de Jean Luc Maxence et l'émission sur France Culture qui ne manquera pas de nourrir le propos (un autre article de Christophe Dauphin sur le même site) : on se fera son avis à la lecture de l'ouvrage et/ou des critiques.
samedi 1 février 2014
"quel que soit le pari
je le tiendrai
quelque soit le risque
je l'assumerai
les mots - les mots- les mots -
viendront alléger ma peine
je suis là
confiant dans le poème à venir
tandis que le soleil blanc
s'étale, disparaît, revient
faisant de moi l'orphelin d'écriture"
je le tiendrai
quelque soit le risque
je l'assumerai
les mots - les mots- les mots -
viendront alléger ma peine
je suis là
confiant dans le poème à venir
tandis que le soleil blanc
s'étale, disparaît, revient
faisant de moi l'orphelin d'écriture"
Franck Venaille, Ça, p.74, Mercure de France, 2009
Revue Paysages écrits, n°20 - janvier 2014
Parution de la conséquente Revue Paysages écrits (n°20, janvier 2014) animée par Sanda Voïca et Samuel Dudouit.
Conséquente car riche de nombreux poèmes, d'images, de lectures etc.
vous pourrez également y (re)lire quelques uns de mes poèmes.
A feuilleter ci dessous ou là en pdf
Conséquente car riche de nombreux poèmes, d'images, de lectures etc.
vous pourrez également y (re)lire quelques uns de mes poèmes.
A feuilleter ci dessous ou là en pdf
mardi 28 janvier 2014
Demandez l'impossible, 15ème édition - Théâtre des Tafurs (Bordeaux) du 10 au 22 Mars 2014
De quoi s'agit-il ?
En l’an 2000, le Théâtre des Tafurs crée « Demandez l’impossible un Printemps des Poètes ».
Ce festival annuel fête la poésie d’aujourd’hui à Bordeaux et en Gironde, en écho à la manifestation nationale.
Il s’agit d’offrir une vitrine particulière à de nombreux poètes français, d’expression française, étrangers, connus ou à connaître…
Les différentes programmations revendiquent la parole singulière loin des modes et des règles du marché. Elles permettent aussi à la compagnie de s’aventurer toujours plus avant dans la production de spectacles performatifs qui mettent en voix et en musique le parcours, la vision de chaque poète invité.
Les auteurs invités cette année
Michel Thion, Lionel Bourg, Albane Gellé
et moi même...
En savoir plus là
lundi 20 janvier 2014
dimanche 19 janvier 2014
tu
marches la nuit
le vide en son étreinte
baise tes paumes
l’abysse le soir
dans le lit dans le noir
n’effraie
aucune môme
tu mens
la nuit tu mens
dans l’oreiller tu feules
tes cris de chat
tu fais semblant
seize ou vingt ans
tu mens
après c’est le vieil âge
tu répètes à l’envi
cette incroyable phrase
l’histoire la même
toi collée aux barreaux
un fauve sur le point
son corps embrasé chaud
la tension qui dilate
le temps
au fond de ta gorge
la gousse le grain d’ail
une épice entêtante
amère
sur le point de bondir
le désir sous les ongles
sous la langue déjà
fermente
marches la nuit
le vide en son étreinte
baise tes paumes
l’abysse le soir
dans le lit dans le noir
n’effraie
aucune môme
tu mens
la nuit tu mens
dans l’oreiller tu feules
tes cris de chat
tu fais semblant
seize ou vingt ans
tu mens
après c’est le vieil âge
tu répètes à l’envi
cette incroyable phrase
l’histoire la même
toi collée aux barreaux
un fauve sur le point
son corps embrasé chaud
la tension qui dilate
le temps
au fond de ta gorge
la gousse le grain d’ail
une épice entêtante
amère
sur le point de bondir
le désir sous les ongles
sous la langue déjà
fermente
vendredi 10 janvier 2014
Le mouchoir
tu te dis
qu'en te mouchant
bien fort
ça va venir
oui, ça va venir
la morve
la morve oui, mais pas que
en soufflant très fort
ça va tomber
par petits bouts
bien drus
tu te dis ça
bien gras
dans le mouchoir
le chagrin
les fins de mois difficiles
la peur du lendemain
et ton gros cul t'as pris du poids
et tes petites trahisons et le type
qui t'avait même pas dit son nom
tu t'en foutais
t'en avais pas envie
t'avais ouvert les jambes
tu souffles par les narines
oui c'est possible
dans le mouchoir en étoiles
ta dernière cuite
tes larmes sans raison
la désespérante absence de sens
tu mouches tes allitérations
tes phrases en boucle
qui ne veulent rien dire
et ton cancer du sein
des ovaires
des poumons
celui que tu auras un jour
parce que tout le monde un jour
tout ça
dans la même glaire
en te mouchant c'est sûr
tout va gicler
c'est sûr
ça ira mieux
c'est sûr
quand t'auras vidé
ton crâne
tous tes os
complètement
récurés et lisses
qu'en te mouchant
bien fort
ça va venir
oui, ça va venir
la morve
la morve oui, mais pas que
en soufflant très fort
ça va tomber
par petits bouts
bien drus
tu te dis ça
bien gras
dans le mouchoir
le chagrin
les fins de mois difficiles
la peur du lendemain
et ton gros cul t'as pris du poids
et tes petites trahisons et le type
qui t'avait même pas dit son nom
tu t'en foutais
t'en avais pas envie
t'avais ouvert les jambes
tu souffles par les narines
oui c'est possible
dans le mouchoir en étoiles
ta dernière cuite
tes larmes sans raison
la désespérante absence de sens
tu mouches tes allitérations
tes phrases en boucle
qui ne veulent rien dire
et ton cancer du sein
des ovaires
des poumons
celui que tu auras un jour
parce que tout le monde un jour
tout ça
dans la même glaire
en te mouchant c'est sûr
tout va gicler
c'est sûr
ça ira mieux
c'est sûr
quand t'auras vidé
ton crâne
tous tes os
complètement
récurés et lisses
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