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| (c) Claude Nori - Isamore |
mardi 17 juin 2014
Charogne
Annonce de parution ce jour du numéro 4 de l'excellente revue Charogne


avec aux commandes Guillaume Siaudeau
et des auteurs à l'écriture incisive, corrosive, forte (what else ? ;)
Murièle Modély
Le numéro sera disponible en septembre, mais on peut le commander dès à présent
aux éditions Asphodèle, bon de commande sur le blog de la revue


Zinzoline, revue incertaine
Au sommaire, oeuvres plastiques & écrits de :
Éric Babaud, Martine Bellue, Christiane Berti, Marie Chaudet-Solac, Marie-Josée Christien, Chantal Delcroix, Michèle Dorion, Marie-Laure Drillet, Agnès Duflanc-Lehmann, Frédéric Dupuy, Jocelyne Hermilly, Alain Lasverne, Ledœufre, Ghislaine Lejard, Sonia Lendrieux, Bernadette Maille, Manitoba, Nadu Marsaudon, Murièle Modély, Maryse Moussaron, Claude Perchenet, Pierre Planchenault, Jacques Sandillon, Catherine Simoneau-Pestel, Mireille Togni et Laurent Valera.
(vous pourrez me lire dans la rubrique Sur les traces de :)
Découvrez le travail de l'artiste Alain Cotten là
dimanche 15 juin 2014
dans l'obscurité de la loge
juste avant la scène finale
un sentiment
t'envahit
plus fort que la peur
plus fort que la faim
d'amour
d'amour
juste avant et pour
les regards vers
cette autre
plus sûre
plus là
la pièce va
les applaudissements claquent
tu redeviens toi
toi exactement comme
la première fois
jetée dans le vide
hors du ventre noir
noirs les yeux
sous les phares
ton pas ton cœur
tranchant
le fil de ta voix
juste avant la scène finale
un sentiment
t'envahit
plus fort que la peur
plus fort que la faim
d'amour
d'amour
juste avant et pour
les regards vers
cette autre
plus sûre
plus là
la pièce va
les applaudissements claquent
tu redeviens toi
toi exactement comme
la première fois
jetée dans le vide
hors du ventre noir
noirs les yeux
sous les phares
ton pas ton cœur
tranchant
le fil de ta voix
samedi 14 juin 2014
est-ce que tu crois qu'en restant le dos collé à la paroi
parfaitement, totalement immobile
tu parviendras à éviter l'effondrement de la tour ?
qui a dit que ton mur porteur pouvait t'empêcher
de te tordre la cheville au milieu des débris ?
qui t'a donc fait croire que la station était plus sûre
plantée sur des talons ?
la main posée sur tes hanches
pendant que tu ondules, avances, recules
n'est pas le bon moyen pour demeurer debout
parfaitement, totalement immobile
tu parviendras à éviter l'effondrement de la tour ?
qui a dit que ton mur porteur pouvait t'empêcher
de te tordre la cheville au milieu des débris ?
qui t'a donc fait croire que la station était plus sûre
plantée sur des talons ?
la main posée sur tes hanches
pendant que tu ondules, avances, recules
n'est pas le bon moyen pour demeurer debout
vendredi 13 juin 2014
à L'autre Hidalgo, passeur qui m'a fait découvrir cet artiste
Paul Bloas - musique originale de Noir Désir - 2003
jeudi 29 mai 2014
elle dit que tu souffres du syndrome des jambes sans repos
elle te donne des crèmes, elle te prescrit des cachets
tu pommades, tu avales, et tu te demandes
quelle substance apaisera l'impatience du galop sous ton crâne
quel remède sera suffisamment puissant pour calmer l'emballement fou de tes phrases
bien sûr, à elle, tu ne demandes rien
maintenir la peur en équilibre est dans ce contrat : elle doit agiter sa science devant ton nez
juste à la bonne distance, le mystère en passe d'être révélé
puis pfff envolé, au coin d'une rue
une rue que tu aperçois un soir en rêve
dont le nom t'échappe
la réponse s'y cache, le passage est étroit, il fait nuit noire
alors en attendant que te revienne en mémoire le mot
ou que tout s'échappe pour de bon dans un sommeil profond
la langue court après son sens dans le pas à venir
elle te donne des crèmes, elle te prescrit des cachets
tu pommades, tu avales, et tu te demandes
quelle substance apaisera l'impatience du galop sous ton crâne
quel remède sera suffisamment puissant pour calmer l'emballement fou de tes phrases
bien sûr, à elle, tu ne demandes rien
maintenir la peur en équilibre est dans ce contrat : elle doit agiter sa science devant ton nez
juste à la bonne distance, le mystère en passe d'être révélé
puis pfff envolé, au coin d'une rue
une rue que tu aperçois un soir en rêve
dont le nom t'échappe
la réponse s'y cache, le passage est étroit, il fait nuit noire
alors en attendant que te revienne en mémoire le mot
ou que tout s'échappe pour de bon dans un sommeil profond
la langue court après son sens dans le pas à venir
mercredi 28 mai 2014
comme si les murs avaient le pouvoir de contenir l'explosion par leur blancheur de craie
comme si aucune main ne surgissait des lézardes au plafond dans l'unique intention
de provoquer sous ton crâne l'émulsion
comme si le lit et les draps étaient ces autres bras autour de tes bras
seuls capables de te ceinturer d'empêcher tous tes membres de s'empaler comme si
tes agitations désordonnées pouvaient s'apaiser dans la clôture de la chambre
la goupille
bien en place
sur la bombe
le mot éventré blême vide incapable de nuire
la langue filant enfin ton électroencéphalogramme plat à l'arrière des paupières
comme si aucune main ne surgissait des lézardes au plafond dans l'unique intention
de provoquer sous ton crâne l'émulsion
comme si le lit et les draps étaient ces autres bras autour de tes bras
seuls capables de te ceinturer d'empêcher tous tes membres de s'empaler comme si
tes agitations désordonnées pouvaient s'apaiser dans la clôture de la chambre
la goupille
bien en place
sur la bombe
le mot éventré blême vide incapable de nuire
la langue filant enfin ton électroencéphalogramme plat à l'arrière des paupières
La tache de vin
Il
écrit qu'elle est un volcan
à cause du cratère qu'elle a au milieu du visage
des rires qui dévalent les côtes de ses humeurs tangentes
à cause aussi sans doute de l'éruption brute de ses regards
Parce qu'un jour
elle a brûlé la porte de son appartement de vieux poète
la joie pure dans les poches, les cuisses brunes serties
la chevelure rousse et le corps crépitant
écrit qu'elle est un volcan
à cause du cratère qu'elle a au milieu du visage
des rires qui dévalent les côtes de ses humeurs tangentes
à cause aussi sans doute de l'éruption brute de ses regards
Parce qu'un jour
elle a brûlé la porte de son appartement de vieux poète
la joie pure dans les poches, les cuisses brunes serties
la chevelure rousse et le corps crépitant
balayant d'un seul coup
dans la chambre
dans la chambre
sur le lit
le blabla
des hésitations
(méta)physiques
Elle
ne se regarde pas
(méta)physiques
Elle
ne se regarde pas
ne pense pas après
n'écrit foutrement rien
n'écrit foutrement rien
ce qu'elle
aime
c'est la tache de vin
sur sa joue elle passe la salive
la langue pour l'ivresse
elle a
c'est la tache de vin
sur sa joue elle passe la salive
la langue pour l'ivresse
elle a
vingt ans
poème publié initialement dans la revue Microbe n°75 - décembre 2012
(préparé cette fois là par Jany Pineau)
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