mercredi 18 juin 2014

   "Le verbe précède la jouissance"
Fabrice Marzuolo 

(c) Bruno Legeai





















les brandons font les nœuds au ventre
les pattes de mouche aux pages
des clic & des clac, index sur touches
des cric & des crac, voyelles en bouche


mardi 17 juin 2014

(c) Claude Nori - Isamore

Charogne

Annonce de parution ce jour du numéro 4 de l'excellente revue Charogne
avec aux commandes Guillaume Siaudeau
et des auteurs à l'écriture incisive, corrosive, forte (what else ? ;)

Murièle Modély
Le numéro sera disponible en septembre, mais on peut le commander dès à présent
aux éditions Asphodèle, bon de commande sur le blog de la revue






et pour ouvrir l'appétit quelques pages des 3 premiers numéros (toujours disponibles)

Zinzoline, revue incertaine



Au sommaire, oeuvres plastiques & écrits de : 
Éric Babaud, Martine Bellue, Christiane Berti, Marie Chaudet-Solac, Marie-Josée Christien, Chantal Delcroix, Michèle Dorion, Marie-Laure Drillet, Agnès Duflanc-Lehmann, Frédéric Dupuy, Jocelyne Hermilly, Alain Lasverne, Ledœufre, Ghislaine Lejard, Sonia Lendrieux, Bernadette Maille, Manitoba, Nadu Marsaudon, Murièle Modély, Maryse Moussaron, Claude Perchenet, Pierre Planchenault, Jacques Sandillon, Catherine Simoneau-Pestel, Mireille Togni et Laurent Valera.
(vous pourrez me lire dans la rubrique Sur les traces de :)

Découvrez le travail de l'artiste Alain Cotten là

dimanche 15 juin 2014


© Kenichi Hoshine, Untitled 30


joie
jouis
jette
le bout de charbon
le morceau de fusain
la trace de suie
dans l'âtre
use et abuse
de
synonymes
images
jette
joie
jouis
prends    l'amadou
dans tes mains pose
mets y la langue
c'est tendre
ça aime
ça flambe
le mot ne dit que ça



Heureux, malgré tout


Voir d'autres vidéos de Clément Rosset, par Camille Tassel
sur l'excellent blog La Main de singe
dans l'obscurité de la loge
juste avant la scène finale
un sentiment
t'envahit
plus fort que la peur
plus fort que la faim
d'amour
d'amour
juste avant et pour
les regards vers
cette autre
plus sûre
plus là
la pièce va
les applaudissements claquent
tu redeviens toi
toi exactement comme
la première fois
jetée dans le vide
hors du ventre noir
noirs les yeux
sous les phares
ton pas ton cœur
tranchant
le fil de ta voix


(c) Sally Mann, Family Pictures (1984-1991)

samedi 14 juin 2014

est-ce que tu crois qu'en restant le dos collé à la paroi
parfaitement, totalement immobile
tu parviendras à éviter l'effondrement de la tour ?



qui a dit que ton mur porteur pouvait t'empêcher
de te tordre la cheville au milieu des débris ?



qui t'a donc fait croire que la station était plus sûre
plantée sur des talons ?
 


la main posée sur tes hanches
pendant que tu ondules, avances, recules
n'est pas le bon moyen pour demeurer debout

vendredi 13 juin 2014

(c) Peter Martensen


Drôle de vie, penses tu, que celle où tu passes
la majeure partie de ton temps à serrer des boulons
verrouillée ta bouche, verrouillé ton front
cadenassé ton con, à clé tes poumons
quand tu es fermée de partout
tu augmentes ta capacité de production
à L'autre Hidalgo, passeur qui m'a fait découvrir cet artiste

Paul Bloas - musique originale de Noir Désir - 2003

jeudi 29 mai 2014

© Annelie Vandendael

Drôle de vie, penses tu, que celle où tu passes
le plus clair de ton temps à envier
la sérénité du ficus qui prend la poussière
près de du poste de télévision
la plante est fausse bien sûr
la télé est en panne
toi aussi

(c) Valeria Floris

elle dit que tu souffres du syndrome des jambes sans repos
elle te donne des crèmes, elle te prescrit des cachets
tu pommades, tu avales, et tu te demandes
quelle substance apaisera l'impatience du galop sous ton crâne
quel remède sera suffisamment puissant pour calmer l'emballement fou de tes phrases
bien sûr, à elle, tu ne demandes rien
maintenir la peur en équilibre est dans ce contrat : elle doit agiter sa science devant ton nez
juste à la bonne distance, le mystère en passe d'être révélé
puis pfff envolé, au coin d'une rue
une rue que tu aperçois un soir en rêve
dont le nom t'échappe
la réponse s'y cache, le passage est étroit, il fait nuit noire
alors en attendant que te revienne en mémoire le mot
ou que tout s'échappe pour de bon dans un sommeil profond
la langue court après son sens dans le pas à venir

Michaël Borremans, The missile, 2013 © Courtesy Zeno X Gallery

mercredi 28 mai 2014

comme si les murs  avaient le pouvoir de contenir l'explosion par leur blancheur de craie
comme si aucune main ne surgissait des lézardes au plafond dans l'unique intention
de provoquer sous ton crâne l'émulsion
comme si le lit et les draps étaient ces autres bras autour de tes bras
seuls capables de te ceinturer d'empêcher tous tes membres de s'empaler comme si
tes agitations désordonnées pouvaient s'apaiser dans la clôture de la chambre
la goupille
bien en place
sur la bombe 
le mot éventré blême vide incapable de nuire
la langue filant enfin ton électroencéphalogramme plat à l'arrière des paupières