jeudi 26 juin 2014
L'île
Tu as beau peindre ta bouche, tes yeux, tes lèvres
un jour, ça ne tient plus
sous les piétinements, le vacarme dans la rue
tu entends
le mouvement des plaques et les fissures
les raz-de-marée, les déchirures
dans le miroir de poche que tu sors de ton sac
tu vois sous ton cou brun
la terre gronder, la peau se fendre
le bourrelet de chair poindre entre tes deux seins
cela fait des années que tu retiens au fond
les morts, les vivants
Et là
au milieu de la rue
fardée et maquillée
petite outre trop pleine
tu regardes
dans l’éclatement du derme
l’île
/
Tu as
quarante ans
un mari
deux enfants
une gentille famille
sur la ride profonde
qui enfonce sa fourche
dans ta poitrine nue
celle de ta mère
celle de ta grand-mère
penchées sur ton épaule
tu ne sais pas pourquoi
tu remplis leur assiette de riz
ton mari, tes enfants
baignent dans l’odeur d’ail
ils débordent ta peau
tu ne sais pas pourquoi
tu dessines des îles
du doigt
dans un verre d’eau
ta mère, ta grand-mère
sur la pointe des flots
/
Dans le reflet
les auréoles
les ridules
les fentes
transpercent
te percent
à jour
à vif
à temps
tu te grattes jusqu’au sang
l’océan te démange
ta peau est un volcan
tu crépites, vomis
tes morts, tes vivants
/
A l’horizon
les enfants flottent
leur ballet de méduses
leurs cheveux emmêlés
sur l’os de l’asphalte
Dans le miroir le cœur
les premières secousses
ton enfance qui meurt
sur le dos de ta main
Sur ta peau
hier
demain
presque rien
(2012)
Un an de Disséminations
Je vous invite à découvrir les disséminations effectuées par la web asso Auteurs entre le mois d'août 2013 et le mois de mai 2014.
Mais disséminations kesaco ? : Une invitation à découvrir les textes d'auteurs, à circuler de blogs en sites, selon des thématiques mensuelles...
"La web-association des auteurs, c’est la libre circulation des textes de blog en blog dans le cadre d’un partage non-marchand. [...]. Ainsi, le texte est lu par des nouveaux lecteurs, il circule librement sur le web sans être enfermé dans un format d’édition, et cette dissémination peut donner envie de lire d’autres textes de l’auteur. http://www.webasso-auteurs.net/"
Ci-dessous à feuilleter un an de disséminations (lire, voir, entendre) en cliquant sur l'image.
"Ce qui me frappe tout d’abord, c’est à quel point ces disséminations ont alimenté ma réflexion, la croisant de façon parfois assez inattendu, et non seulement par l’effort mis à choisir, à chaque fois, des textes qui correspondent au sujet et vaillent le détour – arpentant encore et encore ces blogs que j’aime, mais le redécouvrant sous cette visée différente, ou bien m’égarant en ces promenades pour d’heureuses découvertes, [...]
Explosion de textes à disposition d’une part, où piocher est un délice, et possibilité du relais, d’un relais qui ne passe pas par l’adoubement habituel d’un éditeur, d’un critique, d’un plateau-télé (bien que certains aient aussi du bon). Plus j’y pense, plus j’en reviens à ce que m’inspire la clandestinité telle que l’a abordée Grégory Hosteins: l’anonymat du web, sans empêcher les échanges, me paraît aider à garantir une certaine honnêteté par la discrétion qu’il permet d’entretenir ..."
Mais disséminations kesaco ? : Une invitation à découvrir les textes d'auteurs, à circuler de blogs en sites, selon des thématiques mensuelles...
"La web-association des auteurs, c’est la libre circulation des textes de blog en blog dans le cadre d’un partage non-marchand. [...]. Ainsi, le texte est lu par des nouveaux lecteurs, il circule librement sur le web sans être enfermé dans un format d’édition, et cette dissémination peut donner envie de lire d’autres textes de l’auteur. http://www.webasso-auteurs.net/"
Ci-dessous à feuilleter un an de disséminations (lire, voir, entendre) en cliquant sur l'image.
Je suis depuis quelques temps Glossolalies, et je ne peux m'empêcher de citer quelques lignes ayant accompagné la publication de cette riche recension sur ce site :
Explosion de textes à disposition d’une part, où piocher est un délice, et possibilité du relais, d’un relais qui ne passe pas par l’adoubement habituel d’un éditeur, d’un critique, d’un plateau-télé (bien que certains aient aussi du bon). Plus j’y pense, plus j’en reviens à ce que m’inspire la clandestinité telle que l’a abordée Grégory Hosteins: l’anonymat du web, sans empêcher les échanges, me paraît aider à garantir une certaine honnêteté par la discrétion qu’il permet d’entretenir ..."
Lire l'article entier là
lundi 23 juin 2014
"Tu me dis
Viens
Suis-moi
Sortons des bois
N’aie pas peur
Tentons le monde
Ses artères, ses flux
Ses fièvres, ses anguilles
Regarde
En bas
La ville
Qui nous offre sa nuit
Tu as dans la paume
Une flamme
J’ai entre mes seins
Un homme
Nous brûlons en riant
Au milieu de la rue
Ta main et ma poitrine
Côte à côte
Face à face
L’une en l’autre
Et les voitures cabrent
Et les enfants hennissent
Et notre incendie cède
Il faut tout consumer
Pour trouver sous les cendres
Le cœur
Je n’ai pas peur"
extrait de Penser maillée, éditions du Cygne, 2012
toujours disponible en librairie ou via le site de l'éditeur
Viens
Suis-moi
Sortons des bois
N’aie pas peur
Tentons le monde
Ses artères, ses flux
Ses fièvres, ses anguilles
Regarde
En bas
La ville
Qui nous offre sa nuit
Tu as dans la paume
Une flamme
J’ai entre mes seins
Un homme
Nous brûlons en riant
Au milieu de la rue
Ta main et ma poitrine
Côte à côte
Face à face
L’une en l’autre
Et les voitures cabrent
Et les enfants hennissent
Et notre incendie cède
Il faut tout consumer
Pour trouver sous les cendres
Le cœur
Je n’ai pas peur"
extrait de Penser maillée, éditions du Cygne, 2012
toujours disponible en librairie ou via le site de l'éditeur
samedi 21 juin 2014
vendredi 20 juin 2014
j'aime ta large carcasse
l'épaisse couche de tissus sur tes os
j'aime que tu sois l'entièreté du paysage
mon regard n'est pas assez large
l'espace de ton épaule gauche à ton épaule droite suffit
pour que vogue le bateau
et si je tangue
j'aime être ce point au bout de la phrase
que ta main balaie d'une vague
l'épaisse couche de tissus sur tes os
j'aime que tu sois l'entièreté du paysage
mon regard n'est pas assez large
l'espace de ton épaule gauche à ton épaule droite suffit
pour que vogue le bateau
et si je tangue
j'aime être ce point au bout de la phrase
que ta main balaie d'une vague
jeudi 19 juin 2014
mercredi 18 juin 2014
"Le verbe précède la jouissance"
Fabrice Marzuolo
Fabrice Marzuolo
![]() |
| (c) Bruno Legeai |
les brandons font les nœuds au ventre
les pattes de mouche aux pages
des clic & des clac, index sur touches
des cric & des crac, voyelles en bouche
mardi 17 juin 2014
Charogne
Annonce de parution ce jour du numéro 4 de l'excellente revue Charogne


avec aux commandes Guillaume Siaudeau
et des auteurs à l'écriture incisive, corrosive, forte (what else ? ;)
Murièle Modély
Le numéro sera disponible en septembre, mais on peut le commander dès à présent
aux éditions Asphodèle, bon de commande sur le blog de la revue


Zinzoline, revue incertaine
Au sommaire, oeuvres plastiques & écrits de :
Éric Babaud, Martine Bellue, Christiane Berti, Marie Chaudet-Solac, Marie-Josée Christien, Chantal Delcroix, Michèle Dorion, Marie-Laure Drillet, Agnès Duflanc-Lehmann, Frédéric Dupuy, Jocelyne Hermilly, Alain Lasverne, Ledœufre, Ghislaine Lejard, Sonia Lendrieux, Bernadette Maille, Manitoba, Nadu Marsaudon, Murièle Modély, Maryse Moussaron, Claude Perchenet, Pierre Planchenault, Jacques Sandillon, Catherine Simoneau-Pestel, Mireille Togni et Laurent Valera.
(vous pourrez me lire dans la rubrique Sur les traces de :)
Découvrez le travail de l'artiste Alain Cotten là
dimanche 15 juin 2014
dans l'obscurité de la loge
juste avant la scène finale
un sentiment
t'envahit
plus fort que la peur
plus fort que la faim
d'amour
d'amour
juste avant et pour
les regards vers
cette autre
plus sûre
plus là
la pièce va
les applaudissements claquent
tu redeviens toi
toi exactement comme
la première fois
jetée dans le vide
hors du ventre noir
noirs les yeux
sous les phares
ton pas ton cœur
tranchant
le fil de ta voix
juste avant la scène finale
un sentiment
t'envahit
plus fort que la peur
plus fort que la faim
d'amour
d'amour
juste avant et pour
les regards vers
cette autre
plus sûre
plus là
la pièce va
les applaudissements claquent
tu redeviens toi
toi exactement comme
la première fois
jetée dans le vide
hors du ventre noir
noirs les yeux
sous les phares
ton pas ton cœur
tranchant
le fil de ta voix
samedi 14 juin 2014
est-ce que tu crois qu'en restant le dos collé à la paroi
parfaitement, totalement immobile
tu parviendras à éviter l'effondrement de la tour ?
qui a dit que ton mur porteur pouvait t'empêcher
de te tordre la cheville au milieu des débris ?
qui t'a donc fait croire que la station était plus sûre
plantée sur des talons ?
la main posée sur tes hanches
pendant que tu ondules, avances, recules
n'est pas le bon moyen pour demeurer debout
parfaitement, totalement immobile
tu parviendras à éviter l'effondrement de la tour ?
qui a dit que ton mur porteur pouvait t'empêcher
de te tordre la cheville au milieu des débris ?
qui t'a donc fait croire que la station était plus sûre
plantée sur des talons ?
la main posée sur tes hanches
pendant que tu ondules, avances, recules
n'est pas le bon moyen pour demeurer debout
vendredi 13 juin 2014
à L'autre Hidalgo, passeur qui m'a fait découvrir cet artiste
Paul Bloas - musique originale de Noir Désir - 2003
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