vendredi 15 août 2014

tu
marches la nuit
le vide en son étreinte
baise tes paumes

l’abysse le soir
dans le lit dans le noir
n’effraie
aucune môme

tu mens
la nuit tu mens
dans l’oreiller tu feules
tes cris de chat

tu fais semblant
seize ou vingt ans
tu mens
après c’est le vieil âge

tu répètes à l’envi
cette incroyable phrase
l’histoire la même
toi collée aux barreaux
son corps embrasé chaud

enflamme la proie
le fauve sur le point
la tension qui distend
le temps

au fond de ta gorge
la gousse le grain d’ail
une épice entêtante
amère

sur le point de bondir
le désir sous tes ongles
sous la langue déjà
fermente



lire les poèmes précédents p. 61-70 dans le n°20 de la revue numérique Paysages écrits

Parution de "Je te vois", éditions du Cygne, 2014

Un extrait sur Poésiemuzik de Christophe Bregaint

Sanda Voïca en parle dans la revue Paysages écrits, voir là 

Lecture d'un extrait sur soundcloud

Jacques Morin en parle dans la revue Décharge n°165, voir

Jean-Marc Undriener en parle sur son site Fibrillations 

Cécile Guivarch en parle sur le site Terre à ciel ici 

Murièle Camac a rédigé une note de lecture sur son blog Les portes de la perception

Patrice Maltaverne en parle sur Poésie Chronique ta malle

Cédric Bernard en parle sur facebook 
 
Vous pouvez lire des extraits du recueil sur la revue numérique Ce qui reste

Cathy Garcia a rédigé un article publié sur différents sites (Délits de poésie, son blog ; Traversées ; La cause littéraire




*

http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-je-te-vois.html

"la peur comme un serpent m’attache au lit
la fenêtre est ouverte j’entends le soleil
j’entends traîner les corps dans la rue
crépiter toutes les mues sous le ciel
j’entends le bruit et le silence aussi
le vide dans l’échancrure des tissus
des femmes mettent les voiles
d’autres les ôtent
à l’intérieur j’enfile ma peau
je sue l’encre ma peur dans les draps chauds
[...]"





mercredi 13 août 2014

L'Autobus n°20 - Les vaincus


Le n°20 de L'Autobus, revue dirigée par Fabrice Marzuolo sort en septembre
et j'en suis en compagnie de :

Basile ROUCHIN
Patricia PAUL
Jacques LUCCHESI
Alexandra BOUGE
Line SZOLLOZI
Frédéric VITIELLO

Pour la petite histoire, voilà ce que dit Fabrice de la revue, sur le blog de ladite :

On peut en savoir plus en s'adressant directement à  Fabrice Marzuolo, le conducteur du bus :
fabrice.marzuolo@wanadoo.fr

dimanche 10 août 2014

 (c)Tiina Kivinen

ta main passe
cela fait mal, oui cela fait mal
le rideau de larmes
mais rien n'est
"ni tout noir, ni tout blanc"
dis tu, ton poing évitant mon épaule
derrière, il y a le soleil
qui se reflète dans les quatre crevasses
que mes phalanges ont creusé dans le plâtre en tapant
comment en est-on arrivé là ?
quel autre que toi déchirera ma toile
qui d'autre que moi fera dans ton ciel
d'orage
le jour en pleine nuit

*

il n'y a pas de plus gentil garçon que toi
je le sais, je m'ennuie
je prends des mots, fantasme, revis
un vieux souvenir enfoui
dans la chrysalide
je ne suis pas un papillon
j'arrache avec application toutes les ailes accrochées au plafond

*

"tu es bizarre"
c'est ce que tu as dit la première fois
mes petites torsions larvaires te plaisaient bien alors
car j'étais seule, rien ne pesait
il y avait ce trou pendu un peu plus haut
mais j'y mettais ma bouche, sifflais

*

il y a toujours le trou
il attend sagement sous nos pieds
une nouvelle puis une autre
nous pousse
une peur
une angoisse
ombilicale
ou métaphysique
ou terre à terre
qu'importe
manie la pelle avec agilité
ou constance
ou complaisance
"tu es chiante"
c'est ce que tu dis maintenant
je m'interroge sur la commutativité des adjectifs à quelques années près


samedi 9 août 2014

© Dan Voinea, in absentia, 2012

je ne peux pas vivre dans une ville sans fleuve... n'insiste pas... la campagne ne m'a jamais fait pas rêver... je sais qu'un cours d'eau traverse la plupart des villes... mais moi, je veux un fleuve... pas une rivière, ni un ruisseau... un fleuve... des trombes d'eau, quoi... oui, mais pas l'océan... comment ça, c'est bizarre... tu veux savoir pourquoi... tu veux savoir pourquoi... ça me fait penser à... j'ai l'impression de ... en fait, je retrouve... le bruit sourd de pleurs derrière la porte... le flux, le reflux des larmes... la nuit... dans mon lit... l'écrasement continu des vagues contre les rochers... dans la pièce à côté... le corps qui tombe... l'écoulement de l'eau me rappelle... les odeurs de l'enfance...  le sel... à fleur... la peau... les yeux qui piquent... les hurlements dans l'oreille... les deux coquillages muets, alignés sur l'étagère près du poste de télévision... le sable qui tourbillonne en glougloutant dans la baignoire... au retour de la plage... les marques du maillot sur les fesses, les seins...  enfin le torse... il n'y avait pas de seins... des traces... des bouts d'images... de mots... sous la giclée d'eau... je veux vivre dans une ville près d'un fleuve... rien de plus... rien de moins... nous ne bougerons pas.

mercredi 6 août 2014

(c) Stefan Zsaitsits, Variations, 2012

le corps
est un rempart
contre

la peur, l'angoisse, la colère, la rage, les trucs abstraits qui stressent, oppressent, je ne les comprends pas,       la faim, les catastrophes, les guerres, dans le monde, nucléaires, fratricides, les démocides, les génocides, les filicides, les homicides, les larvicides, le sui-suicide,      de vers,        le désordre, l'énumération, la décompensation, la sur-saturation,          et puis aussi, là, tout de suite, le chef, les chefs, les petits chefs, j'opine du chef, je chefopine,    à peine

flap   flap   flap  
le mètre carré de peau dérive
sous le flot

Isabelle, Biarritz, 1995 © Claude Nori

mardi 5 août 2014

Ce qui reste - Vincent Motard- Avargues

Ce qui reste est la nouvelle revue numérique lancée par Vincent Motard-Avargues,  il y a quelques jours.
Le credo :
- un jour, un poète (on tient le rythme jusqu'à présent)
- cinq poèmes maximum par poète
pas de fioriture, le poème avant tout quoi... voilà, ce qui reste, quand tout se dilue dans le blanc de la page.

Vous pouvez découvrir le site et en cliquant sur la bannière ci-dessous

http://www.cequireste.fr/






Ma participation du jour est ici ; pour participer, c'est par

lundi 4 août 2014

(c) Gilbert Pinna, le blog photographique







à noter le hashtag du post : #Le petit cirque
(j'aurais voulu le faire exprès... :)

dimanche 3 août 2014

voilà j'ai  quitté le cirque virtuel, pouce levé, twitter, tagger, cliquer (je tournais en rond dans l'arène)
pour un relatif anonymat.

je cherche à retrouver l'espace du début, la respiration nécessaire pour essayer, me tromper, corriger, faire, refaire, et qui sait peut-être accepter de me taire.

je poste (voilà un verbe dont je ne me défais pas) pour un hypothétique lecteur qui ne me lirait pas. cela me laisse la possibilité de me mettre à nu, de me montrer telle que je suis : hésitante dans l'écrit et la pensée.
bah, qui me voit ?

*

l'oeil bande y paraît. écrire ces derniers temps s'apparente à une stérile masturbation
bah, et alors ?

*

comme au début, je lis des blogs et des blogs. est-ce que tout s'accumule pour une productive sédimentation ?
bah, fort heureusement des cris stridents me rappellent à la vraie vie (vers midi et vingt heures exactement)
(c) Bernard Plossu

"Elle n’est pas triste cette histoire. Ce n’est plus une histoire. A peine un acte. Celui de marcher et de rester planté là, à penser et repenser à ce temps où c’était une histoire."
Une main est aussi un poing, Stéphane Bernard

hier soir, juste avant le sommeil, dans ce moment fugace où parfois un poème surgit dans toute sa force et son unicité, à peine entraperçu aussi vite disparu, hier soir quelques mots (vers - ma tête est une pomme) ont passé très vite de l’œil à l'oreille.
ce poème n'est déjà plus (il n'a jamais vraiment été), mais je sais qu'il était question du mot qui manque, pour dire, comprendre quelque chose d'essentiel, alors que peut-être au fond ma langue ne veut que faire.

tout cela au réveil me paraît étrange, plus le temps passe plus j'ignore d'où viennent mes poèmes, ce qu'ils veulent dire. le poème d'hier soir évidemment m'échappe, mais en lisant les mots de Stéphane Bernard, je songe à l'acte à la place de l'histoire (j'utilise un autre déterminant, et cela change tout n'est-ce pas ?). je repense aussi au post de Dominique Boudou : "La métaphore. Cette impuissance de la poésie. Enrobée." les mots des uns, des autres tissent des fils mystérieux, impriment mais n'éclairent rien du chemin incertain.

je me demande ce que veulent réellement dire, faire, les foisonnements d'images dans mes poèmes, quel trou au fond veulent-il combler ?

samedi 2 août 2014

dimanche 27 juillet 2014

/ɛ̃.pʁo.nɔ̃.sabl/

mrlmdl, c'est moi
sèche, rêche, dure
à couper au couteau

uieeoey, c'est aussi moi
plus ronde en bouche
à débiter en boucle


samedi 26 juillet 2014

(c) Francesca Woodman

fcbk

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l'adresse à aucun

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ma disparition programmée sur un fameux réseau social prend effet
ma disparition sur un fameux réseau prend effet
ma disparition un effet
ma disparition prend

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les compteurs des visites flirtent avec le zéro
les compteurs flirtent avec le zéro
les compteurs des visites flirtent
les compteurs zéro


Into my mouth i can keep it shut - Goldfrapp