samedi 4 octobre 2014

On en parle #5

Cécile Guivarch fait des retours de ses dernières lectures sur le site Terre à ciel, pour Je te vois , elle écrit ceci :
"...une réflexion sur le couple mais aussi sur le monde. Le couple comme « compréhension du monde », la place qu’on y occupe et ce que nous y apportons. Langage des corps, dans le silence ou dans le bruit, dans le noir ou dans la lumière qui s’entremêle au langage du monde. « L’histoire la même » qui se répète chaque jour, en même temps que les corps et les mots..."

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vendredi 3 octobre 2014

On en parle #4

Murièle Camac a lu Je te vois, et en parle sur son blog. Vous pouvez lire cette note, mais aussi ses poèmes, ses articles sur la poésie ou l'art sur son blog Les portes de la perception. Merci à elle.

Pour le post sur mon recueil, cliquer sur l'image
http://murielecamac.blogspot.fr/2014/10/note-de-lecture-je-te-vois-de-muriele.html

mardi 9 septembre 2014

la journée commence par une énième
plainte complainte encore dis tu
encore un dégueulis de mots
bien sentis
qu'on te glisse dans le crâne le genre de mots
à classer ramasser ressasser
que tu sortiras bien sage l'un après l'autre
sur le plateau de verre entre le paquet de mouchoir
et ton dossier qui bée près des ordonnances vierges



la journée se répète dans le bureau du chef
surchef ton super superchef
pour l'activité perles t'enfiles
enfile des mots des phrases toutes faites toutes prêtes
que tu colles dans le vermot ver mot verre mot à boire
à boire dis tu le souffle coupé par l'ordre du jour
déroulé
le large mouvement de poing
big bang au milieu du plexus



puis ça s'arrête
net
p'us de souffle p'us de langue p'us de gorge
te voilà toute retournée à l'intérieur
le derme à l'air
tu crèves la lettre ouverte sur le papier tue mouche

vendredi 29 août 2014

(c) Christian Rex van Minnen

tableau

un coude, qu'on aperçoit par le trou d'un chandail jaune, se soulève de la table, se repose violemment. la main épaisse au bout fait une ombre au dessus de l'assiette, cogne un verre ébréché, interrompt le vol d'une mouche, l'accule sur la peau du melon. l'insecte, dérangé à nouveau  par les miettes de pain projetées lors de la découpe, reprend sa boucle, bourdonne. la main, encore elle, pose une tranche à droite d'une autre main, frêle et blanche, comme un éclat de porcelaine au bord de la scène. la table est carrée, une poêle trône à égale distance des quatre mains posées de chaque côté des assiettes. laquelle des quatre osera franchir la ligne, trancher l'odeur de viande trop cuite qui dérive et retombe en particules grasses sur la nappe à carreaux. aux angles, le silence. seuls un ou deux bruits s'invitent, un crépitement d'huile, des grincements de dents dont on ignore la bouche. le tableau est étroit, ils en débordent.

jeudi 28 août 2014

(c) Christian Rex van Minnen

nature morte

au milieu de l'assiette un fruit et un légume gisent ratatinés
sur la droite une feuille blanche grouille de pattes de mouche
sur la gauche une main sèche brune finit de momifier
le tout s'alanguit dans un cadre doré au milieu d'un mur
qui tombe par plaques dans un musée obscur


mercredi 27 août 2014

mardi 26 août 2014

fruit

je veux être
le duvet sur le fruit oublié derrière la poubelle
dans l'évier le carré de peau flétri rabougri couvert de poils
le presque rien accroché au métal

     là
         la moisissure
puis le hoquet
quand la main passe sur la peau  qui refuse insiste veut
sous les doigts s'évanouit pourrit renaît
velours vert multiplié


Série Sphère © Ganaëlle Maury

légume

je veux être
quelque chose
un
quelque chose
inerte et
organique
pas de tête
pas d'idées
pas de poésie
pas de fille qui
écrit fragmente
retour à la ligne
la poésie
la fille
comparaison
pas de raison
veut être
inerte comme
un oignon
ça pue
ça pique
ça a un cœur
ça contamine
ça confit le mot
inerte et organique





Séquence photographique (c) Duane Michals

lundi 25 août 2014

charogne #4




Reçu ce jour le n°4 de Charogne, tout beau, tout chaud, vous pouvez le commandez , dans ce numéro, vous pourrez lire aussi Yve Bressande,Mike Kasprzak, Timothée Mathelin, Pascal Pratz, Guillaume Siaudeau, Marlène Tissot, Laura Vazquez,  Thomas Vinau

On en parle #3

Cathy Garcia a lu Je te vois (éditions du Cygne, 2014), et en parle sur son blog 
Et je l'en remercie.


http://delitdepoesie.hautetfort.com/archive/2014/10/02/je-te-vois-de-muriele-modely-5459910.html

On en parle #2

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=355851874581158&set=a.138609159638765.32544.100004690445820&type=1&viewas=100000686899395

     Merci à Cédric Bernard (Les Mots des marées) pour ce retour

Les doigts qui puent - Grégoire Damon

"j'aimerais écrire un poème sur les chevaux
un long poème
lyrique
rythmé
avec des consonnes plein les galops et le cliquetis des armes
avec des jeux de lumière sur l'écume au licol
des dents énormes
des croupes moirées
et des odeurs de foin
j'aimerais écrire un poème comme un hennissement
comme un souffle
comme on se cabre
comme on s'ébroue
le problème c'est que les chevaux ne sont
pas ce meuble altier qui vous effraie les Sarrazins en moins de deux
les chevaux s'en foutent de l'épopée
leur truc ce serait plutôt de vous croquer une phalange à l'heure de la pâtée piétiner le crâne quand vous ronflez bourrés
balancer leur queue dans les essaims de guêpes
(du moins pour l'expérience que j'en ai)
d'ailleurs
ceux qui aiment les chevaux
comme ceux qui aiment les chiens
comme ceux qui s'aiment eux-même à en glousser seuls sous les draps
doivent accepter de vivre avec les doigts qui puent
et ça
vraiment
c'est au-dessus de mes forces"

dimanche 24 août 2014

neige

Putain, ça fait peur !

ça se plante d'un coup
comme un poignard
(long, très long, et effilé)
que quelqu'un t'enfoncerait
d'un coup d'un seul
de la gorge au derrière
en passant par ton cœur

ça te plante d'un coup
cette prise de conscience
(immédiate et très claire)
d'être debout la tête en bas
solidement retenue sur la terre
par le big aimant
sous tes pieds
là là très très au fond
sous les couches
et les couches
de sédiments

toi plantée comme
une punaise
sur la boule qui tourne
parce qu'il faut bien tourner
et tout autour
un peu au-dessus
(en fait c'est en-dessous)
le vide
incommensurable
que tu caresses
la tête en bas
de la pointe de tes cheveux