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| (c) Mikael Aldo |
lundi 22 juin 2015
les mots sont sur la page ou la peau
tout à fait factuels
sortir de la maison est un fait
s'entasser dans le métro est un fait
regarder avec insistance, éviter les regards tout aussi insistants
sont des faits
ne rien comprendre au bordel de la ville est un fait
y ôter deux lettres, mais ne pas saisir pour autant ce qu'est
la vie est un fait
marcher vite est un fait
penser court est un fait
aligner des phrases sans queue ni tête est un fait
semer la métaphore, cultiver, jouir de la peur
des mots
sont des faits
parler pour ne
rien dire
ne faire
que faire
la langue souvent est aussi sèche que la tête
tout à fait factuels
sortir de la maison est un fait
s'entasser dans le métro est un fait
regarder avec insistance, éviter les regards tout aussi insistants
sont des faits
ne rien comprendre au bordel de la ville est un fait
y ôter deux lettres, mais ne pas saisir pour autant ce qu'est
la vie est un fait
marcher vite est un fait
penser court est un fait
aligner des phrases sans queue ni tête est un fait
semer la métaphore, cultiver, jouir de la peur
des mots
sont des faits
parler pour ne
rien dire
ne faire
que faire
la langue souvent est aussi sèche que la tête
jeudi 11 juin 2015
Le bonheur
à la fenêtre
tu
pauses
les yeux noyés
dans le bol de crème
derrière la vitre
la grande bleue
à ton oreille
les abeilles
dans l'un
ou l'autre
de tes ventricules
tu
rêves
un carré de ciel jaune
dans les cheveux
tu
pauses
les yeux noyés
dans le bol de crème
derrière la vitre
la grande bleue
à ton oreille
les abeilles
dans l'un
ou l'autre
de tes ventricules
tu
rêves
un carré de ciel jaune
dans les cheveux
lundi 25 mai 2015
Voilà c'est fait, j'ai
acheté l'économe :
Son manche est noir, sa lame est aiguisée, ses promesses infinies
Son manche est noir, sa lame est aiguisée, ses promesses infinies
Les soirées à venir
seront longues et vibrantes, à éplucher en chœur nos désirs
À mettre à nu sous
l'écorce des jours, sous les strates verticales du quotidien
Sous la monotonie
grasse sur tes hanches et tes reins, l'aigu des chairs
Crois-moi, cela ne fait
pas mal, de raboter un peu le sentiment
Maintenant, tends les
joues, les fesses, allonge tes deux bras
Laisse moi faire,
découper en lamelles l'épiderme et le derme
Regarde, ne crie pas,
c'est tout joli, ces bouts de toi, de moi
Dans le lit nous
appellent, regarde comment j'épelle, pèle
Notre a m o
u r en miettes
mardi 5 mai 2015
lundi 27 avril 2015
la grenade est le crâne, la mémoire est le fruit
qui doucettement décomposent au fond de l'assiette
qui doucettement exhalent des sucs âcres
baignent dans cet oubli où des insectes grouillent
on entend les élytres vibrer contre le cuir chevelu
on entend les frottements saccadés déchirer la longue cicatrice
sur nos visages, des mofettes s'exilent
des fumerolles font des dégâts irréversibles
c'est ainsi que sur la table giclent nos souvenirs
sur la page, des souvenirs
car il est impossible d'user du nous quand il s'agit de tout reconstruire
les images qui me
qui nous reviennent
sont incomplètes, incomprises
tu me regardes et je m'épelle
je t'observe et te rappelle
au cœur de la phrase
chaque grain rose, sucré dissimule en son sein
un ciel bleu et violet, des nuages orangés
la peau flétrie d'enfance
dans le poème, le passé affabule
tout fleure nos absences
les mots nous recommencent
qui doucettement décomposent au fond de l'assiette
qui doucettement exhalent des sucs âcres
baignent dans cet oubli où des insectes grouillent
on entend les élytres vibrer contre le cuir chevelu
on entend les frottements saccadés déchirer la longue cicatrice
sur nos visages, des mofettes s'exilent
des fumerolles font des dégâts irréversibles
c'est ainsi que sur la table giclent nos souvenirs
sur la page, des souvenirs
car il est impossible d'user du nous quand il s'agit de tout reconstruire
les images qui me
qui nous reviennent
sont incomplètes, incomprises
tu me regardes et je m'épelle
je t'observe et te rappelle
au cœur de la phrase
chaque grain rose, sucré dissimule en son sein
un ciel bleu et violet, des nuages orangés
la peau flétrie d'enfance
dans le poème, le passé affabule
tout fleure nos absences
les mots nous recommencent
samedi 25 avril 2015
vendredi 17 avril 2015
il faut rester à la surface
ne pas songer à du second degré
- l'expression te donne la chair de poule
il faut rester sur la croûte des mots
se contenter de leur lécher la peau
c'est âcre
acide
plus souvent insipide
tu fermes les yeux
avales
regardes l'homme gonflé à bloc
expulser par son orifice ad hoc
- le bel églefin t'enfume
une sentence, un diktat, une solution
tout semble équivalent
dans ton oreille rouillent les mots qui s'y déroulent
sans espace ni ponctuation
unesentenceundiktatunesolution
- le déroulé de lettres te ceinture la tête
tu danses, fanfaronnes
ne comprends pas
ne pas songer à du second degré
- l'expression te donne la chair de poule
il faut rester sur la croûte des mots
se contenter de leur lécher la peau
c'est âcre
acide
plus souvent insipide
tu fermes les yeux
avales
regardes l'homme gonflé à bloc
expulser par son orifice ad hoc
- le bel églefin t'enfume
une sentence, un diktat, une solution
tout semble équivalent
dans ton oreille rouillent les mots qui s'y déroulent
sans espace ni ponctuation
unesentenceundiktatunesolution
- le déroulé de lettres te ceinture la tête
tu danses, fanfaronnes
ne comprends pas
samedi 11 avril 2015
certains jours, l'acuité est à son maximum
c'est le moment précis où sortir de son trou
où tenter d'un regard de dévorer le monde
le trottoir contient l'humanité
voilà ce que les mères chuchotent aux oreilles des hommes
je le dis moi aussi aux enfants derrière la porte close
ces jours-là, je sors, fourre le tout dans un cabas
la main de la fille, la langue du fils, ballottent au fond du sac
la tête de l'homme sur mon crâne oscille comme une coque
ces jours-là, je parle possédée
à des morceaux de corps accrochés à mon corps
je dis : regardez les chairs s'épeler, nos mâchoires déchaussées grincer
ces jours-là, chaque sortie prend des allures de fête macabre
des femmes et des hommes se mettent tranquillement nus
dans un furieux tintamarre, leurs cœurs s'entrechoquent
mais la nuit tombe
et les ombres de nos corps contre les murs mangent
c'est le moment précis où sortir de son trou
où tenter d'un regard de dévorer le monde
le trottoir contient l'humanité
voilà ce que les mères chuchotent aux oreilles des hommes
je le dis moi aussi aux enfants derrière la porte close
ces jours-là, je sors, fourre le tout dans un cabas
la main de la fille, la langue du fils, ballottent au fond du sac
la tête de l'homme sur mon crâne oscille comme une coque
ces jours-là, je parle possédée
à des morceaux de corps accrochés à mon corps
je dis : regardez les chairs s'épeler, nos mâchoires déchaussées grincer
ces jours-là, chaque sortie prend des allures de fête macabre
des femmes et des hommes se mettent tranquillement nus
dans un furieux tintamarre, leurs cœurs s'entrechoquent
mais la nuit tombe
et les ombres de nos corps contre les murs mangent
mercredi 8 avril 2015
mappemonde
dimanche 5 avril 2015
vendredi 3 avril 2015
dimanche 29 mars 2015
humeur à moudre
sometimes i feel sad
j'essaie une autre langue et me dis que peut-être
la tristesse fuira dans le mood incliné
ce friselis liquide à l'envers de la joue
je plisse dans les o
ma bouche et mes paupières
roulent des mécaniques dans les ronds de fumées
j'écoute le m
ma petite giclée contre une minuscule
à la fin de la phrase
se noie
le d
à moudre
j'essaie une autre langue et me dis que peut-être
la tristesse fuira dans le mood incliné
ce friselis liquide à l'envers de la joue
je plisse dans les o
ma bouche et mes paupières
roulent des mécaniques dans les ronds de fumées
j'écoute le m
ma petite giclée contre une minuscule
à la fin de la phrase
se noie
le d
à moudre
lundi 23 mars 2015
samedi 21 mars 2015
Lu un poème de Jack Hirschman sur Branloire Pérenne
" Tout d'un coup les morts j'ai plus envie de m'en souvenir
et mes bons sentiments ne crèvent plus d'envie de poème.
Un calme irrésistible m'emporte, allongé
dans ma chambre d'hôtel à San Francisco.
Les tâches à faire, la révolte dans mon stylo,
tout a capitulé devant cette détente
une rêverie sur rien de précis.
Dehors, le monde : sifflements et tornades,
mais je me penche plutôt sur les poils de mon torse.
Ca fait quarante ans qu'ils sont là - ou plus -
du diable si je les ai remarqués avec tout ce boulot,
et maintenant ils virent au gris.
Tout d'un coup je sens que je les ai ratés, eux
et leur rousse jeunesse, leur art mystérieux d'attirer
des foules de baisers sur la peau qui se cache par en-dessous.
Ils ne m'ont pas vraiment beaucoup intéressé,
encore moins au point de vue sensuel,
et maintenant ils seront bientôt blancs, et qu'est-ce que je peux en dire ?
Qu'ils ne m'appartenaient pas ?
Qu'ils ne signifiaient pas grand'chose ?
Quand on aborde cette vieille route du corps
tout le monde TOUT DOIT ETRE CARESSE * "
Jack Hirschman (trad. G.B.Vachon)
* La fin de vers est tirée d'un poème de Whitman
Extrait de J'ai su que j'avais un frère de Jack Hirschman, Le Temps des Cerises,1998
Récupéré sur le blog de Frédérik Houdaer (qui anime -entre autres choses- le Cabaret poétique à Lyon)
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