![]() |
| (c) Bill Domonkos |
mardi 21 juillet 2015
tu sais que c'est la colère
toujours
qui embrase la tête, le cœur, la bouche
avant de finir petit tas de cendres
sur le bord de la table
où il pose sa main
entre les miettes de pain
ta main
et les verres en morceaux
cela n'a rien à voir
avec ce qu'il est vraiment, avec ce que tu es au fond
tu sais et songes en un millième de seconde
à cette chose et son contraire
maintenant que les braises sont éteintes
qu'il ne reste des jets drus et violents
qu'une trace minuscule et violette
sur le bord de ta
sur le bord de sa
tout a jailli
failli
dans le fracas
les mots de haine, les mots d'amour
ah oui l'amour, que ne fait-il pas faire
ne fait-il avaler, recracher, ravaler
et vomir
ah oui l'amour
sous l'avalanche des sucs
la lente indigestion du lourd brouet
toujours
qui embrase la tête, le cœur, la bouche
avant de finir petit tas de cendres
sur le bord de la table
où il pose sa main
entre les miettes de pain
ta main
et les verres en morceaux
cela n'a rien à voir
avec ce qu'il est vraiment, avec ce que tu es au fond
tu sais et songes en un millième de seconde
à cette chose et son contraire
maintenant que les braises sont éteintes
qu'il ne reste des jets drus et violents
qu'une trace minuscule et violette
sur le bord de ta
sur le bord de sa
tout a jailli
failli
dans le fracas
les mots de haine, les mots d'amour
ah oui l'amour, que ne fait-il pas faire
ne fait-il avaler, recracher, ravaler
et vomir
ah oui l'amour
sous l'avalanche des sucs
la lente indigestion du lourd brouet
samedi 4 juillet 2015
derrière l'œil
il y a un autre œil
un peu ivre, un peu vacillant
un œil lubrique, un œil injecté de sang
un œil qui gratte
qui flatte, qui claque
un œil supersonique, un œil super bionique
qui te pense cher lecteur
dans ton simple appareil
dans ta nudité folle
dans tes ah, dans tes oh, tes mon dieu que c'est beau
tes regards de côté, ai-je bien fait d'apprécier ?
un œil qui aligne petites sottises et grandes vérités
ou le contraire
sûrement le contraire
car où mène l’œil qui pense
qui parle
avec sa gelée molle - nulle part
un œil nombril autour
duquel tout tourne
qui d'ailleurs tourne en rond
qui s'en fout, qui en joue
qui bande - rien d'inédit
jusqu'à finir aveugle dans le noir de l’écran
il y a un autre œil
un peu ivre, un peu vacillant
un œil lubrique, un œil injecté de sang
un œil qui gratte
qui flatte, qui claque
un œil supersonique, un œil super bionique
qui te pense cher lecteur
dans ton simple appareil
dans ta nudité folle
dans tes ah, dans tes oh, tes mon dieu que c'est beau
tes regards de côté, ai-je bien fait d'apprécier ?
un œil qui aligne petites sottises et grandes vérités
ou le contraire
sûrement le contraire
car où mène l’œil qui pense
qui parle
avec sa gelée molle - nulle part
un œil nombril autour
duquel tout tourne
qui d'ailleurs tourne en rond
qui s'en fout, qui en joue
qui bande - rien d'inédit
jusqu'à finir aveugle dans le noir de l’écran
![]() |
| (c) Mikael Aldo |
"[...] Tu m'avais dit dès le début des mutations sauvages, que nous n'en réchapperions pas. Que tu préférais mourir en hurlant avec des milliers d'autres sur un pauvre radeau, qu'avaler sans rien dire la poussière métallique qui pleuvait matin et soir. Tu me l'avais dit, répété, soir et matin. Tu n'attendrais pas l'obscurcissement de l'horizon. Il n'y avait plus d'espoir, mais tu préférais te le dire en marchant. Et tu avais quitté la cage où nous tournions en rond depuis des mois, des années... des siècles peut-être. Nous courrions comme des chiens derrière leur queue, langue pendante derrière l'appendice zinzolin qui s'agitait frénétiquement sous notre nez. Une idée, des lettres, des mots que nous ne parvenions plus à assembler.
Tous les jours, jusqu'à l'heure précise où le soleil s’abîmait dans le fleuve, je parcourais la ville dans tous les sens, mon regard se heurtant à d'autres fantômes parcourant la ville dans tous les sens. Combien étions-nous encore à croire que quelqu'un viendrait nous sauver ?[...]"
extrait de mon texte publié dans Zinzoline n°9
mercredi 1 juillet 2015
"Z#9 : c'est tout frais
Le neuvième numéro de Zinzoline vient de sortir du four.
Il est tout chaud et croustillant grâce à Éric Babaud, Daniel Barbé, Émilie Baudrais, Alain Bergeon, Edwige Bertaudon, Angelo Bote, Laurence Bucourt, Angèle Casanova, Thomas Chéronnet, Franck David, David de Souza, Marianne Desroziers, David Escarpit, Simone Hick, Véronique Joyaux, Nadu Marsaudon, Murièle Modély, Maria Morisot / Moan Lisa, Christophe Pilard, Henri Plandé, Christophe Sartori , Alice Scaliger, Olivier Seguin, Lucie de Syracuse, Jacques Taris, Marlène Tissot, Olivier Ulivieri, Pierre Verny."
- avec un texte by myself #ecrituresouscontrainte
Le neuvième numéro de Zinzoline vient de sortir du four.
Il est tout chaud et croustillant grâce à Éric Babaud, Daniel Barbé, Émilie Baudrais, Alain Bergeon, Edwige Bertaudon, Angelo Bote, Laurence Bucourt, Angèle Casanova, Thomas Chéronnet, Franck David, David de Souza, Marianne Desroziers, David Escarpit, Simone Hick, Véronique Joyaux, Nadu Marsaudon, Murièle Modély, Maria Morisot / Moan Lisa, Christophe Pilard, Henri Plandé, Christophe Sartori , Alice Scaliger, Olivier Seguin, Lucie de Syracuse, Jacques Taris, Marlène Tissot, Olivier Ulivieri, Pierre Verny."
- avec un texte by myself #ecrituresouscontrainte
lundi 22 juin 2015
les mots sont sur la page ou la peau
tout à fait factuels
sortir de la maison est un fait
s'entasser dans le métro est un fait
regarder avec insistance, éviter les regards tout aussi insistants
sont des faits
ne rien comprendre au bordel de la ville est un fait
y ôter deux lettres, mais ne pas saisir pour autant ce qu'est
la vie est un fait
marcher vite est un fait
penser court est un fait
aligner des phrases sans queue ni tête est un fait
semer la métaphore, cultiver, jouir de la peur
des mots
sont des faits
parler pour ne
rien dire
ne faire
que faire
la langue souvent est aussi sèche que la tête
tout à fait factuels
sortir de la maison est un fait
s'entasser dans le métro est un fait
regarder avec insistance, éviter les regards tout aussi insistants
sont des faits
ne rien comprendre au bordel de la ville est un fait
y ôter deux lettres, mais ne pas saisir pour autant ce qu'est
la vie est un fait
marcher vite est un fait
penser court est un fait
aligner des phrases sans queue ni tête est un fait
semer la métaphore, cultiver, jouir de la peur
des mots
sont des faits
parler pour ne
rien dire
ne faire
que faire
la langue souvent est aussi sèche que la tête
jeudi 11 juin 2015
Le bonheur
à la fenêtre
tu
pauses
les yeux noyés
dans le bol de crème
derrière la vitre
la grande bleue
à ton oreille
les abeilles
dans l'un
ou l'autre
de tes ventricules
tu
rêves
un carré de ciel jaune
dans les cheveux
tu
pauses
les yeux noyés
dans le bol de crème
derrière la vitre
la grande bleue
à ton oreille
les abeilles
dans l'un
ou l'autre
de tes ventricules
tu
rêves
un carré de ciel jaune
dans les cheveux
lundi 25 mai 2015
Voilà c'est fait, j'ai
acheté l'économe :
Son manche est noir, sa lame est aiguisée, ses promesses infinies
Son manche est noir, sa lame est aiguisée, ses promesses infinies
Les soirées à venir
seront longues et vibrantes, à éplucher en chœur nos désirs
À mettre à nu sous
l'écorce des jours, sous les strates verticales du quotidien
Sous la monotonie
grasse sur tes hanches et tes reins, l'aigu des chairs
Crois-moi, cela ne fait
pas mal, de raboter un peu le sentiment
Maintenant, tends les
joues, les fesses, allonge tes deux bras
Laisse moi faire,
découper en lamelles l'épiderme et le derme
Regarde, ne crie pas,
c'est tout joli, ces bouts de toi, de moi
Dans le lit nous
appellent, regarde comment j'épelle, pèle
Notre a m o
u r en miettes
mardi 5 mai 2015
lundi 27 avril 2015
la grenade est le crâne, la mémoire est le fruit
qui doucettement décomposent au fond de l'assiette
qui doucettement exhalent des sucs âcres
baignent dans cet oubli où des insectes grouillent
on entend les élytres vibrer contre le cuir chevelu
on entend les frottements saccadés déchirer la longue cicatrice
sur nos visages, des mofettes s'exilent
des fumerolles font des dégâts irréversibles
c'est ainsi que sur la table giclent nos souvenirs
sur la page, des souvenirs
car il est impossible d'user du nous quand il s'agit de tout reconstruire
les images qui me
qui nous reviennent
sont incomplètes, incomprises
tu me regardes et je m'épelle
je t'observe et te rappelle
au cœur de la phrase
chaque grain rose, sucré dissimule en son sein
un ciel bleu et violet, des nuages orangés
la peau flétrie d'enfance
dans le poème, le passé affabule
tout fleure nos absences
les mots nous recommencent
qui doucettement décomposent au fond de l'assiette
qui doucettement exhalent des sucs âcres
baignent dans cet oubli où des insectes grouillent
on entend les élytres vibrer contre le cuir chevelu
on entend les frottements saccadés déchirer la longue cicatrice
sur nos visages, des mofettes s'exilent
des fumerolles font des dégâts irréversibles
c'est ainsi que sur la table giclent nos souvenirs
sur la page, des souvenirs
car il est impossible d'user du nous quand il s'agit de tout reconstruire
les images qui me
qui nous reviennent
sont incomplètes, incomprises
tu me regardes et je m'épelle
je t'observe et te rappelle
au cœur de la phrase
chaque grain rose, sucré dissimule en son sein
un ciel bleu et violet, des nuages orangés
la peau flétrie d'enfance
dans le poème, le passé affabule
tout fleure nos absences
les mots nous recommencent
samedi 25 avril 2015
vendredi 17 avril 2015
il faut rester à la surface
ne pas songer à du second degré
- l'expression te donne la chair de poule
il faut rester sur la croûte des mots
se contenter de leur lécher la peau
c'est âcre
acide
plus souvent insipide
tu fermes les yeux
avales
regardes l'homme gonflé à bloc
expulser par son orifice ad hoc
- le bel églefin t'enfume
une sentence, un diktat, une solution
tout semble équivalent
dans ton oreille rouillent les mots qui s'y déroulent
sans espace ni ponctuation
unesentenceundiktatunesolution
- le déroulé de lettres te ceinture la tête
tu danses, fanfaronnes
ne comprends pas
ne pas songer à du second degré
- l'expression te donne la chair de poule
il faut rester sur la croûte des mots
se contenter de leur lécher la peau
c'est âcre
acide
plus souvent insipide
tu fermes les yeux
avales
regardes l'homme gonflé à bloc
expulser par son orifice ad hoc
- le bel églefin t'enfume
une sentence, un diktat, une solution
tout semble équivalent
dans ton oreille rouillent les mots qui s'y déroulent
sans espace ni ponctuation
unesentenceundiktatunesolution
- le déroulé de lettres te ceinture la tête
tu danses, fanfaronnes
ne comprends pas
samedi 11 avril 2015
certains jours, l'acuité est à son maximum
c'est le moment précis où sortir de son trou
où tenter d'un regard de dévorer le monde
le trottoir contient l'humanité
voilà ce que les mères chuchotent aux oreilles des hommes
je le dis moi aussi aux enfants derrière la porte close
ces jours-là, je sors, fourre le tout dans un cabas
la main de la fille, la langue du fils, ballottent au fond du sac
la tête de l'homme sur mon crâne oscille comme une coque
ces jours-là, je parle possédée
à des morceaux de corps accrochés à mon corps
je dis : regardez les chairs s'épeler, nos mâchoires déchaussées grincer
ces jours-là, chaque sortie prend des allures de fête macabre
des femmes et des hommes se mettent tranquillement nus
dans un furieux tintamarre, leurs cœurs s'entrechoquent
mais la nuit tombe
et les ombres de nos corps contre les murs mangent
c'est le moment précis où sortir de son trou
où tenter d'un regard de dévorer le monde
le trottoir contient l'humanité
voilà ce que les mères chuchotent aux oreilles des hommes
je le dis moi aussi aux enfants derrière la porte close
ces jours-là, je sors, fourre le tout dans un cabas
la main de la fille, la langue du fils, ballottent au fond du sac
la tête de l'homme sur mon crâne oscille comme une coque
ces jours-là, je parle possédée
à des morceaux de corps accrochés à mon corps
je dis : regardez les chairs s'épeler, nos mâchoires déchaussées grincer
ces jours-là, chaque sortie prend des allures de fête macabre
des femmes et des hommes se mettent tranquillement nus
dans un furieux tintamarre, leurs cœurs s'entrechoquent
mais la nuit tombe
et les ombres de nos corps contre les murs mangent
mercredi 8 avril 2015
mappemonde
dimanche 5 avril 2015
Inscription à :
Articles (Atom)







