dimanche 7 février 2016

mercredi 3 février 2016

Je rêve

D'un coin tranquille
Où je pourrai poser

Il y a
Un arbre
De l'herbe
Un héliconia
Une maison carrée
Aux fenêtres grillagées
Un paille-en-queue, un bulbul
Du vent à flanc de montagne
Des voitures qui ronronnent
La langue de la mer
Qui lèche
Le sable
Noir


Un coin
Tranquille
Une maison
Un arbre


Je revois
Le tronc
L'homme
Qui tourne
Tout le jour
La main contre
L'écorce


La bouche
Molle
Et le pantalon
Bleu
Tenu par une corde


Le mouvement
De la tête emmaillotée
Les racines ténues

Ma robe citronnée
Les mains brunes
Qui pensent


L'oeil
Qui vagabonde


Le coin tranquille
Dans la cour de l'HP
Après l'école


L'odeur fade des murs
La blouse de ma mère
Le blanc des frangipanes


Dans l'île

mardi 2 février 2016

Parution du recueil numérique : Sur la table


Parution aux éditions Qazaq de Sur la table, illustré par Maxime Dujardin

Pour télécharger le recueil, cliquez sur : http://www.qazaq.fr/pages/sur-la-table/
Pour quelques détails sur l’auteure et l'illustrateur : http://www.qazaq.fr/pages/muriele-modely/
Pour le catalogue de livres par genre : http://www.qazaq.fr/catalogue-par-genre/

samedi 30 janvier 2016

lundi 11 janvier 2016

ai-je le droit de dire que je regrette
que je regrette infiniment
de t'avoir mis au monde
de t'avoir fourré dans la gorge et les yeux
ces cinq lettres
pleines de merde et d'emmerdes
malgré ta peau de sucre qui masque ces odeurs délétères
malgré ta peau de miel que je lèche
de loin en loin - c'est que le temps du cordon prend fin
ai-je droit de te le dire
que je regrette de t'avoir mis au monde pour moi

ne m'en veux pas de te l'écrire
je ne suis pas une bonne mère
cette phrase, toutes les femmes à mains douces ou rugueuses
pensent et la disent
alors qu'il n'y a,  à bien y réfléchir, aucune raison d'user de ce registre
que vient faire la bonté dans cette histoire de douleur sourde
d'arrachement brutal
et salutaire
oui, je ne suis pas une bonne mère
je suis un animal qui mord et lèche

dimanche 10 janvier 2016

(c) Bruno Legeai

Chez les Cosaques des Frontières

Publication ce jour d'un de mes poèmes chez Les Cosaques des frontières
Découvrez également tous les auteurs de cette aventure littéraire collective menée par Jan Doets

Extrait de mon poème :  Parfois, tu portes ta chevelure rousse comme un casque
dans la rue, rien ne te touche
et les dagues coupantes qui fusent de leurs yeux
finissent métal mou dans le feu de ta bouche
plus le temps passe, moins cela marche
ta langue est inaudible, tes lèvres sont muettes [...]


la suite à lire là-bas

samedi 9 janvier 2016

(c) Marcia Aylene Resnick - source Th New York Public Library Digital Collections

chaque nom qu'on efface
qu'on raye
du bout de l'ongle
nous rend dans le même temps
léger
et malheureux
on sent ce mot qui part
qui nous rivait au sol
nous faire tanguer
et ton enfant chuchote
sa main chaude
contre ton pas figé
sur le bord du trottoir
n'aie pas peur, laisse faire
la marche n'est pas haute

mercredi 6 janvier 2016

lundi 28 décembre 2015

Realpoetik !


C'est le nom de la revue de poésie en ligne que Sammy Sapin et Grégoire Damon ont cousu avec leurs petites mains.
Elle paraîtra toutes les trois-quatre semaines jusqu'à épuisement des stocks d'uranium 235.

Au sommaire du n°1 : Murièle Modély, Bernard Deglet, Frédérick Houdaer.
Plus des vrais morceaux de critique, par Émile Puyg et Étienne Mora.
Soyez les premiers à poser vos yeux sur cette alternative au Lagarde & Michard du 23ème siècle.
Pour se cultiver avec Realpoetik : www.realpoetik.fr
Pour aimer Realpoetik : bougez pas vous y êtes.
À la bonne vôtre !




Republication d'une lecture d'un extrait de Je te vois, éd. du Cygne, 2014

jeudi 24 décembre 2015

La poésie se fait dans l'oreille

http://lecerumen.blogspot.fr/search/label/Premi%C3%A8re%20boucle


Écoutez la voix vive de poètes sur Cérumen
Merci à Sammy Sapin (le même du post précédent)
de m'y avoir accueilli avec un extrait de Sur la table, recueil inédit.

Poème de Sammy Sapin

"Cette fille m'a dit

Tu sais les seins ne sont jamais que
deux boules de matière grasse gélatineuse qui
se changent en lait puis se changent en beurre puis se changent
en tumeur
–s’il t’en poussait des mamelles tu t’en 
lasserais très vite.
Mais je maintiens : s’il m’en poussait je
passerais mes jours
mes nuits
à les manipuler
dans l’émerveillement
de la propriété privée
Tu te leurres, Sapin Sammy
me dit cette fille
en recalant sa poitrine admirable
dans son soutien-gorge :
on se lasse de tout, et même des choses 
les plus chaudes 
et douces 
et rondes"

poème de Sammy Sapin - son blog 





 

samedi 19 décembre 2015

(c) Alessandra Sanguinetti

en prenant sa main aujourd'hui
j'ai senti pour la première fois
combien elle était
infiniment là
et déjà ailleurs
dans cet entre-deux
où des forêts broussailleuses poussent
sur des chairs inhabitées
où des poires vierges de morsures
déforment le torse des filles
ai-je vraiment à voir avec cette géographie neuve
me dis-je, ses doigts chauds comme le souvenir
d'un futur
auquel je ne peux et ne dois
elle va parcourir la lande seule
il me faut la laisser s'éloigner
ne garder que sa main comme un gant
où nicher ma paume froide
About the clouds between us (c) Laura Zalenga

jeudi 17 décembre 2015

tu sens monter la vague, autour de toi
des femmes recroquevillées dans de vieilles peaux de bêtes
t'observent du coin de l’œil, elles savent
la mer monte, l'asphyxie semble imminente
chaque regard est comme une lame plantée dans chaque centimètre de chair
à nu
elles savent, ne comprennent pas : "comment peut-on laisser faire ça
où se trouvent les grilles pour définitivement éloigner l'animal ?"
la peur est une mélasse, elle englue
toutes les femmes à couvert qui baissent des paupières
leurs lèvres molles plissées dans un O sidéré
la grille est au-dessus et aucun de nos mots
n'empêchera la noyade
bêtes et monstres mêlés
ensemble

lundi 14 décembre 2015

dimanche 13 décembre 2015

la peinture tombe par plaques au dessus du lit
sous les draps, tout s'émiette peu à peu
seul mon dos connaît ton dos
mieux que n'importe quelle partie de nos corps
je sens rouler des gouttes sur mes joues
tu crois que je pleure : je ne rectifie pas
et reste les yeux fixes sur l'écoulement au plafond

*

le rétrécissement de notre vie dans la chambre
n'est que l'écho
de ce racornissement de nos pas dans la cendre
tout le jour, nous marchons sur des morts
cadavres de rêves, corps en lambeaux d'idéaux
ces deuils ne pèsent rien : tous les fils s'effilochent
le temps est efficace
mais nous marchons aussi la nuit, nos jambes impatientes
la peau reconnaît ce qu'oublient nos paroles
il y a maintenant d'autres morts
et ceux-là portent un nom
qui pèse sur la langue