et dans le ventre cette braise qui n'a
plus rien d'ardente
trop de cendres, les jours ont consumé
ont laissé leur suie grasse jusqu'à
l'anus
une bavure que je regarde droit
dans les yeux
dans les yeux
dans les gogues
"vas-y, baisse, remonte ta culotte
vas-y, respire, halète"
dit l'angoisse, ce poids mort qui pèse
alors je mets du rouge sur mes lèvres
du noir sur mes yeux
et je souris à des inconnus
surtout les tristes
les seuls dans les bus
les seuls dans les bus
qui n'ont même pas un téléphone pour un peu de lumière bleue
je m'assois face à ceux qui n'ont rien
dans les mains
dans les yeux
et j'espère que ma mâchoire sera
assez grande pour deux
pour moi
pour eux
pour eux
je me dis qu'il doit y avoir de la
beauté
sous nos odeurs de merde
sous nos petites suées
sous nos petites pensées
dans nos petites vies
il y a de la beauté
quelque part qui apaise
quelque part qui apaise
en attendant je mets du rouge, du noir, j'avale
pourvu qu'à l'intérieur mon charbon ne cesse de pulser
pourvu qu'à l'intérieur mon charbon ne cesse de pulser













