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lundi 21 janvier 2019
et dans le ventre cette braise...
et dans le ventre cette braise qui n'a
plus rien d'ardente
trop de cendres, les jours ont consumé
ont laissé leur suie grasse jusqu'à
l'anus
une bavure que je regarde droit
dans les yeux
dans les yeux
dans les gogues
"vas-y, baisse, remonte ta culotte
vas-y, respire, halète"
dit l'angoisse, ce poids mort qui pèse
alors je mets du rouge sur mes lèvres
du noir sur mes yeux
et je souris à des inconnus
surtout les tristes
les seuls dans les bus
les seuls dans les bus
qui n'ont même pas un téléphone pour un peu de lumière bleue
je m'assois face à ceux qui n'ont rien
dans les mains
dans les yeux
et j'espère que ma mâchoire sera
assez grande pour deux
pour moi
pour eux
pour eux
je me dis qu'il doit y avoir de la
beauté
sous nos odeurs de merde
sous nos petites suées
sous nos petites pensées
dans nos petites vies
il y a de la beauté
quelque part qui apaise
quelque part qui apaise
en attendant je mets du rouge, du noir, j'avale
pourvu qu'à l'intérieur mon charbon ne cesse de pulser
pourvu qu'à l'intérieur mon charbon ne cesse de pulser
dimanche 20 janvier 2019
Nuit de la lecture 19 janvier 2019
Hier, pour la nuit de la lecture, nous avons lu sous la coupole de la
Bibliothèque d'étude et du patrimoine de Toulouse des poèmes de femmes du monde
entier dans nos langues respectives : Kazue Shinkawa (Japon), Regina
José Galindo (Guatemala), Florbella Espanca (Portugal), Maram Al Masri
(Syrie), Aurelia Lassaque (Occitanie), Ana Cristia Cesar (Bresil),
Murièle Modély (île de la Réunion)
samedi 5 janvier 2019
Une âme nationale, poème de Lidija Dimkovska
Depuis que mon frère s’est pendu avec le câble téléphonique
je peux lui parler au téléphone pendant des heures.
Le bouton est toujours appuyé sur Voice
afin que ses mains soient libres
pour coller des affiches sur les poteaux du Très-Haut
et pour qu’il puisse m’exhorter au débat ardent sur le thème :
Est-ce que l’âme est nationale ?
Tremblant d’émotion, nous cherchons ensemble,
moi, ici-bas, lui, dans l’au-delà.
La science a prouvé que l’âme russe, par ex. n’existe plus,
que celui qui rêve des anges, les écrase dans la mort comme une ombre.
Peut-être existe-t-il une âme turque, râle mon frère dans le combiné,
car chaque matin il écoute le grésillement de la théière de Nazim Hikmet
avant qu’il roule le petit chariot de gevreks
jusqu’aux portes de la terre. “Je vais t’en acheter un pour la paix de ton âme.”
Et puis, essoufflé, il se tait. Et nous cherchons alors l’âme macédonienne
sur les plaques d’immatriculation du chemindieu Est-Ouest
dans des boîtes en carton portant l’inscription “N’ouvrez-pas ! Gènes!”,
chargés sur le dos de cadavres transparents.
Mais tu ne peux te reposer sur des cadavres.
Les cadavres sont des immigrants illégaux,
avec leurs organes gonflés ils s’introduisent dans les pays des autres,
avec leurs cavités et les pointes de leurs os
ils creusent leur dernière tombe.
Ils provoquent là-bas la dernière rixe
pour les cieux nationaux
et pour l’âme qu’on ne possède plus.
Il y a toujours plus d’hommes sans âme, d’âmes sans nom.
Dans l’autobus, ils ne se lèvent pas, les uns sans les autres ils vont au loin,
ils se cherchent par des intermédiaires, mais ne se rencontrent pas.
Les nations se cassent des œufs sur la tête.
Mon frère désespère. Moi, je deviens A-nationale.
Le câble téléphonique qui nous relie
brouille les mots à cause de ma main moite,
il ramène le téléphone contre le mur et le rentre dans la prise.
Pourquoi pour les malheureux de l’au-delà
n’ouvre-t-on pas une ligne SOS gratuite ?
Pourquoi n’ai-je jamais appris à arrêter quelqu’un sur son chemin vers la mort ?
Moi aussi, tout comme mon frère, depuis ma naissance, je coupe les cheveux en quatre,
une révélation à tout prix, la défiguration du sens.
Et les âmes des êtres qui coupent les cheveux en quatre
finissent de trois façons : pendues à un câble téléphonique,
dans le corps des poètes ou bien, l’un et l’autre.
je peux lui parler au téléphone pendant des heures.
Le bouton est toujours appuyé sur Voice
afin que ses mains soient libres
pour coller des affiches sur les poteaux du Très-Haut
et pour qu’il puisse m’exhorter au débat ardent sur le thème :
Est-ce que l’âme est nationale ?
Tremblant d’émotion, nous cherchons ensemble,
moi, ici-bas, lui, dans l’au-delà.
La science a prouvé que l’âme russe, par ex. n’existe plus,
que celui qui rêve des anges, les écrase dans la mort comme une ombre.
Peut-être existe-t-il une âme turque, râle mon frère dans le combiné,
car chaque matin il écoute le grésillement de la théière de Nazim Hikmet
avant qu’il roule le petit chariot de gevreks
jusqu’aux portes de la terre. “Je vais t’en acheter un pour la paix de ton âme.”
Et puis, essoufflé, il se tait. Et nous cherchons alors l’âme macédonienne
sur les plaques d’immatriculation du chemindieu Est-Ouest
dans des boîtes en carton portant l’inscription “N’ouvrez-pas ! Gènes!”,
chargés sur le dos de cadavres transparents.
Mais tu ne peux te reposer sur des cadavres.
Les cadavres sont des immigrants illégaux,
avec leurs organes gonflés ils s’introduisent dans les pays des autres,
avec leurs cavités et les pointes de leurs os
ils creusent leur dernière tombe.
Ils provoquent là-bas la dernière rixe
pour les cieux nationaux
et pour l’âme qu’on ne possède plus.
Il y a toujours plus d’hommes sans âme, d’âmes sans nom.
Dans l’autobus, ils ne se lèvent pas, les uns sans les autres ils vont au loin,
ils se cherchent par des intermédiaires, mais ne se rencontrent pas.
Les nations se cassent des œufs sur la tête.
Mon frère désespère. Moi, je deviens A-nationale.
Le câble téléphonique qui nous relie
brouille les mots à cause de ma main moite,
il ramène le téléphone contre le mur et le rentre dans la prise.
Pourquoi pour les malheureux de l’au-delà
n’ouvre-t-on pas une ligne SOS gratuite ?
Pourquoi n’ai-je jamais appris à arrêter quelqu’un sur son chemin vers la mort ?
Moi aussi, tout comme mon frère, depuis ma naissance, je coupe les cheveux en quatre,
une révélation à tout prix, la défiguration du sens.
Et les âmes des êtres qui coupent les cheveux en quatre
finissent de trois façons : pendues à un câble téléphonique,
dans le corps des poètes ou bien, l’un et l’autre.
Lire plus de poèmes de Lidija Dimkovska sur le site Recours au Poème
mardi 25 décembre 2018
la mélancolie qui presse le cœur le lendemain de fête
n'est pas un mot
un reste déchiré de papier cadeau au pied du sapin
tu vois des étoiles brillantes, dans les plis et replis
j'y vois de la tristesse aussi
le lendemain au pied du sapin
le tapis d'aiguilles et ta joie, l'année finit enfin
à la fenêtre, tu regardes ce qui vient
dans l'odeur d'écorce et de bougies
tu vas
je tiens
n'est pas un mot
un reste déchiré de papier cadeau au pied du sapin
tu vois des étoiles brillantes, dans les plis et replis
j'y vois de la tristesse aussi
le lendemain au pied du sapin
le tapis d'aiguilles et ta joie, l'année finit enfin
à la fenêtre, tu regardes ce qui vient
dans l'odeur d'écorce et de bougies
tu vas
je tiens
samedi 22 décembre 2018
La Terrasse n°4
Sortie du n°4 de la revue la Terrasse
piloté par Fabien Drouet
Au sommaire
Estelle Fenzy
Laurent Bouisset
Emmanuelle Sarrouy
Murièle Modély
Kenny Ozier-Lafontaine (Paul Poule)
Camille Moravia
Olivia HB
Daniel Frayssinet
Rachel Adalbald
Mokhtar El Amraoui
Raphaël Sarlin-Joly
Valia Nicoltzeff
Jean-baptiste Happe
Laurent Santi
Miguel-Angel Real
Disponible contre 8e (+4e de frais de port).
Contact par là

piloté par Fabien Drouet
Au sommaire
Estelle Fenzy
Laurent Bouisset
Emmanuelle Sarrouy
Murièle Modély
Kenny Ozier-Lafontaine (Paul Poule)
Camille Moravia
Olivia HB
Daniel Frayssinet
Rachel Adalbald
Mokhtar El Amraoui
Raphaël Sarlin-Joly
Valia Nicoltzeff
Jean-baptiste Happe
Laurent Santi
Miguel-Angel Real
Disponible contre 8e (+4e de frais de port).
Contact par là

mercredi 12 décembre 2018
Ils diront quoi de moi si un jour on me retrouve morte, de Regina Jose Galindo
(à mes quatre sœurs Helena, Rosa, Lucía, Alejandra)
"Ils ouvriront mes tiroirs
ils sortiront mes culottes au soleil
fouilleront ma vie minutieusement
et diront que
peut-être
je le mérite.
Chaque journal étalera mes tares
mes vices
mes fautes
et les gens diront que
peut-être
je le mérite.
Elle se déshabillait trop facilement
diront certains
elle fumait de la marijuana
diront les autres.
Va savoir à quoi elle était mêlée
dira untel
va savoir ce qu’elle devait
dira un autre.
Elle a couché avec celui qui est maintenant mon mari
dira Jeanine
une pute celle-là
dira Josette.
Une détraquée pensera Gisèle.
Une communiste affirmant l'existence du génocide
écrira machin-chose
une honte pour le pays
notera trucmuche.
Une rien du tout
dénoncera le flic
elle avait les ongles mal peints en rouge
et la marque d'un piercing au nombril.
Une mafieuse
concluera le procureur
elle avait des vautours tatoués sur la jambe
et une toile d'araignée dégoûtante sur le dos.
Quelqu'un localisera mes antécédents pénaux
au commissariat de Santa Catalina Pinula
et ce sera ma perte.
Ils diront alors que j'étais une paria
une délinquante
une mauvaise graine
une droguée.
Les dames chez elles diront que c'était préférable
pour le Guatemala
l'envieux se réjouira en secret de la nouvelle
quelques personnes qui m'ont aimée garderont le silence.
A mon enterrement
mes quatre sœurs
laveront leurs larmes
et laveront mon nom.
Elles diront que tout ça est faux
que Regina n'a jamais été liée au PRI
que c'était ni une pute
ni une feignante
ni une malfrate
ni une bandite
ni une terroriste
ni une délinquante
ni une paria
ni une tueuse
ni une voleuse
ni une maîtresse-chanteuse
ni une droguée
ni une vendue
ni une communiste
ni une criminelle
ni une mafieuse.
Elle diront que Regina était leur sœur
et qu'elle était bonne.
Et toi alors ?
Ils diront quoi de toi
si un jour on te retrouve mort ?
BONUS TRACK
Au nom du père
du fils
et de la sœur violée
je ne te pardonne pas."
De Regina José Galindo
Traduction de l'espagnol de Laurent Bouisset
Traduction de l'espagnol de Laurent Bouisset
Lire l'original suivi de sa traduction sur le site Fuego del fuego
dimanche 9 décembre 2018
Ecouter de la poésie
Écouter de la poésie, mais où ?
Oui, comment et où se faire caresser l'oreille par la voix du poète ?
PETITE SÉLECTION DE LIENS :
ACTUALISES...
Recours au poème : https://bit.ly/2B1K3C0
La poésie débouche : https://bit.ly/2rrGHDN
Les poètes sur Radio Occitanie : https://bit.ly/1Sk5dNr
Poésie vive de Cathy Garcia : https://bit.ly/2RKEq2g
C'est quoi la poésie, c'est CA ducon dit Frédérick Houdaer : https://bit.ly/2zQLkMj
Jacques Bonaffé lit la poésie (sur France Culture) : https://bit.ly/2B4d7bT
tapin² animé par Julien d'Abrigeon : https://bit.ly/2QlDe90
D'autres rivages (sur decibel.fm) : https://bit.ly/2ROqKDm
PLUS ACTIFS (APPAREMMENT) MAIS ON Y ENTEND TOUJOURS...
Cérumen : https://bit.ly/2PvjjPH (dernière publication 2017)
Une étoile dans la gorge : https://bit.ly/2rsIHMf (dernière publication 2017)
Slowreading de Christophe Sanchez : https://bit.ly/2B3Ty3w (dernière publication mars 2018)
y a d'autres site évidemment qui diffusent les voix des poètes, si vous en connaissez, dites moi, ça m’intéresse
samedi 13 octobre 2018
j'écris je n'écris pas
j'écris je n'écris pas j'écris un peu beaucoup j'écris à la folie j'écris des mots j'écris des phrases j'écris des lettres j'épelle je pèle sur la langue dans l'oreille écris j'écris je mâche remâche ressasse en boucle j'écris je n'écris pas j'écris un peu j'aligne des signes des mots du noir j'écris dans l'obscurité je n'écris pas j'écris sans queue ni tête j'écris ce qui n'a aucun sens ce qui n'a pas de prix écrire j'écris je n'écris pas je dis avec la bouche je trace des lettres des mots des phrases j'écris noircis la page j'écris un peu je n'écris pas écrire que j'écris n'est pas écrire mais occupe l'espace la page le vide autour j'écris la langue les dents la tête j'écris je crie je ne suis pas un peu beaucoup à la folie j'écris je fais semblant agite le doigt la main dessine des gestes comme des mots des gestes comme des sentiments je n'écris pas je vis un peu à la folie j'écris je n'écris pas répète en boucle les mêmes mots j'entends comme un leitmotiv que j'écris une transe que je n'écris pas écris que ce n'est pas la poésie la logorrhée la diarrhée de mots les mots ça coule ça poisse ça tâche les mots ça laisse des traces j'écris je n'écris pas je palimpseste m'efface j'efface j'ouvre la bouche les yeux la main j'écoute je crie les nouvelles les récits la phrase le mot la mort j'écris sur l'écran dans la rue sur les corps à moitié je n'écris pas le corps à moitié vivant écris regarde avec la glotte avec les pores avec la peur j'écris la peau j'y mets des mots j'écris l'aride les rides les sillons les cellules je n'écris pas les signes multiplient mutent j'écris les lettres malignes anormales je chimiothérapie je radiothérapie j'écris la maladie le vers qui rampe qui rance je n'écris pas pourris fais semblant je mens réponds pose posture poésie j'écris j'écris à lui à elle à celui qui n'entend pas je n'écris pas le manque de chair le manque d'actions l'absence le vide écrit le trop plein j'écris je n'écris pas je soûle je tombe le texte n'a pas de fin les mots n'ont pas de but j'écris pour rien.
samedi 1 septembre 2018
L’œil
sa dilatation
quand on entre
quand la porte du bar
se referme en grinçant
qu'au dehors sombre au fond du puits
le trou rond de la pupille
et des chevaux galopent sur l'écran
des chaises raclent les carreaux
des rires glairent, des voix rocaillent
des percolateurs sifflent
des hommes sifflent
on se retourne
et l’œil
voit
ces autres choses
sent
ces autres odeurs
est le corps entier
ensemble et à moitié
le sexe qui palpite
s'ouvre, se ferme
entre les cils, l’espace qui fibrille
sa dilatation
quand on entre
quand la porte du bar
se referme en grinçant
qu'au dehors sombre au fond du puits
le trou rond de la pupille
et des chevaux galopent sur l'écran
des chaises raclent les carreaux
des rires glairent, des voix rocaillent
des percolateurs sifflent
des hommes sifflent
on se retourne
et l’œil
voit
ces autres choses
sent
ces autres odeurs
est le corps entier
ensemble et à moitié
le sexe qui palpite
s'ouvre, se ferme
entre les cils, l’espace qui fibrille
extrait du recueil Sur la table, ed. Qazaq, 2016 - téléchargeable là
jeudi 30 août 2018
Un peu après minuit, on se retrouve moites
corps démantibulés, ceintures défaites
les jambes écartées contre les pieds de chaise
la lune nous bascule, nos yeux s'écarquillent
et nos rires grondent comme des fauves dans nos cheveux
on se retrouve unis et moites
chair contre chair dans le jeu descendant de la pendule
à chaque degré
des mots
perdent la queue, la tête
des mots
reptiles violents filent
au fond, c’est à cause de leur langue bifide que nos regards sont noirs
que nos poings dans le bar s’acharnent sans raison
les mots
on ne les voit jaillir
de l’intérieur des corps
que si l'on frappe
alors on frappe
les lèvres pissent rouge
leurs morsures au dehors
corps démantibulés, ceintures défaites
les jambes écartées contre les pieds de chaise
la lune nous bascule, nos yeux s'écarquillent
et nos rires grondent comme des fauves dans nos cheveux
on se retrouve unis et moites
chair contre chair dans le jeu descendant de la pendule
à chaque degré
des mots
perdent la queue, la tête
des mots
reptiles violents filent
au fond, c’est à cause de leur langue bifide que nos regards sont noirs
que nos poings dans le bar s’acharnent sans raison
les mots
on ne les voit jaillir
de l’intérieur des corps
que si l'on frappe
alors on frappe
les lèvres pissent rouge
leurs morsures au dehors
extrait du recueil Sur la table, ed. Qazaq, 2016 - téléchargeable là
samedi 11 août 2018
maman tient mon bras droit
papa le gauche
crois-tu que l'un et l'autre sécurisent mon pas
crois tu vraiment que leurs silhouettes
à droite, à gauche
sont pour moi des béquilles ?
des mémoires bienveillantes où je pose mon poids ?
l'un tire
l'autre déchire
il reste entre tes bras
de moi
une folie tranquille
des mots, des miettes
sur le bord de l'assiette
des tremblements de peau
il reste
sur la nappe à carreaux
cette matière élastique
qui passe du rire aux larmes
en une fraction de seconde
cette bogue de chair qui répète
la voix stridente, éraillée
des incessants hoquets
est-ce que tu m'aimes, dis
est-ce que tu m'aimes ?
papa le gauche
crois-tu que l'un et l'autre sécurisent mon pas
crois tu vraiment que leurs silhouettes
à droite, à gauche
sont pour moi des béquilles ?
des mémoires bienveillantes où je pose mon poids ?
l'un tire
l'autre déchire
il reste entre tes bras
de moi
une folie tranquille
des mots, des miettes
sur le bord de l'assiette
des tremblements de peau
il reste
sur la nappe à carreaux
cette matière élastique
qui passe du rire aux larmes
en une fraction de seconde
cette bogue de chair qui répète
la voix stridente, éraillée
des incessants hoquets
est-ce que tu m'aimes, dis
est-ce que tu m'aimes ?
extrait du n°99 de feue la revue Microbe - Il va vous faire la peau, préparé par Mireille Disdero, 2017
jeudi 26 juillet 2018
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