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| philippe van wolputte © - Site artiste / source photo |
Je serai au 1er salon de Seilh (Haute Garonne) samedi prochain...
Au plaisir de vous y rencontrer, pour ceux qui...
Tout au fond de ton œil
il y a ce trou, ce trouble, ce e dans l'eau
ce petit rond dans l'o où je plonge le doigt
coule, dérive au fil des entrelacs
cherche à saisir dans le reflet déformé
du soleil
nos écritures secrètes
au fond, tout au fond de l'abysse
mes images, tes lettres
et mon corps maladroit tâchant
d'atteindre dans la ville hantée de corps flottants
un noir plus noir que la plus profonde nuit
ma pensée obscure comme un voile occultant
le cœur de ta macula
Il est dit que je dois creuser le trou
indéfiniment
je mets le doigt dans la gelée
ma tête a des allures de fruit
rouge
safrané
d’un beau bleu électrique
J'ai longtemps infusé
au large de l’Afrique
il reste dans la boîte
sur mes épaules
des odeurs, des saveurs
la bouche ouverte
l’île
au fond du récipient sous les pelures
la coulure des pigments et le noir basaltique
Sur le mur au fond du jardin
un lézard amputé de son « e »
inscrit son chemin sur les briques
de trou en trou
de pierre en pierre
la lettre roule
nous rend friable
mon sang coule camaïeu
Tout ce qui passe par ma bouche est amer et iodé
il y pousse une orchidée noire
veloutée
stérile
j’attends ton doigt, Albius
le baiser fécondant
en haut du cap
initialement publié sur Terre à ciel en 2014
sur la plage
juste là
où les racines
de filaos
semblent planter leurs doigts
longs
fins
bruns
entre les squelettes de coraux
juste à cet endroit là donc
j'aperçois
presque
une fille
en robe rouge
si je la regarde bien
(le sel n'obscurcit rien
et le soleil fait naître
des étoiles
sur son cou
jaune pâle)
si je la regarde
attentivement
on dirait un peu moi
un peu
seulement
la robe est trop courte
la peau est trop blanche
les éphélides content
un air nouveau
déjà
ancien
trop loin
pour moi
les notes sous le derme
les croches dissimulées
sous le fil du maillot
si je regarde bien
je vois
la mer
sortir de mes flots
dessiner vaguelettes
des remous sous la peau
tu
marches
la nuit
le garçon ton désir
emmêlés dans les draps
tu
rapièces
la nuit
le matelas tordu
le corps jute fendu
de haut
en bas
ce
souvenir n’est pas
les fils effilochés
entre
tes doigts
ce
rêve
n’est pas un rêve
l’hallucination brève
diffracte ses échos
sous tes
paupières
le
polochon est moite
ton corps est en sueur
et les plumes d’oie meurent
dans la glu tout
en bas
contre
ta cuisse
les rires
les trous
les peurs
au fond
de ta culotte
ton cerveau
cette plaine
où les mots à la peine
claquent
la pensée intissée
qui étrenne sa mue
dans le fourreau humide
hier
qui bruisse
aujourd’hui
les enfants dévorent
des yeux, des pores
cette douceur de fête foraine
ils tendent une langue
minuscule, rosâtre
en arrêt devant le portail où
des adolescents gloussent
fument, frémissent
et poussent