jeudi 14 avril 2011

Le petit monstre assis sur l'épaule


on a tous un petit monstre assis sur l'épaule
tu as dit ça à l'apéro au milieu des filles
j'étais derrière une blonde, une grande
qui me noyait les yeux de sa chevelure
je sirotais un verre d'eau, elles buvaient tes paroles
on riait toutes

tu avais plaqué une mèche vers l'arrière
ça faisait des années que tu ne l'avais pas fait
on me prend comme je suis ou on ne me prend pas
mais le siècle mourait ce soir c'était la fête
du gel dans tes cheveux, à moi l'eau pétillante
pour tous les cotillons

Il faisait chaud sous la lumière, ta peau brillait
comme un athlète huilé, sublime dans l'arène
cette nuit, je le savais, tu brandirais le  poing
si les bouches salivaient, pour une seule la faim
je contractais mon ventre
derrière la filiforme
pour rien


un courant électrique a brisé tes mâchoires
dans le pavillon moite, on beuglait et gerbait

10... 9... 8...

tu devenais inaudible
ton oeil claquait sur moi

7... 6... 5...

là, ça y est, je sentais
sous le pli, je voyais

3... 2... 1...

un chien gras et galeux, qui jappait lymphatique sur mon épaule ronde
et ce singe aux yeux fous, qui balançait hargneux dans le creux de ton cou