dimanche 1 juillet 2012

samedi 30 juin 2012

La boîte

la boîte contient
six dents de lait
une langue
un rire

quand près
de son oreille
elle l'agite
elle entend

la boîte qui s'excite
et la bouche de vieille
plaquée
sur son visage
la petite musique

elle sent
la confusion
la fille
maman
la mère
dans la boîte

le brouillage des âges
dans sa paume
la morsure des quenottes
et l'air qui file 
d a   n s     l e s
           e   s p a   ce   s     v i  d e  s  
                        l   e
                              n    o i r 
                                     d  e    s 
                            g e  n c
                                         i    v
                                                e
                                               s



vendredi 29 juin 2012




















source : get-on-the-carousel

mercredi 27 juin 2012

Poème sale

Publication ce jour d'un de mes poèmes sur


Merci à Guillaume Siaudeau grâce à qui j'ai découvert cet excellent blog  québécois (coup de cœur pour les poèmes de Jean-Sébastien Larouche , de Francois Rioux ici, et de Guillaume Siaudeau - oui encore lui :) hum, je vire limite monomaniaque pour le coup)

vendredi 22 juin 2012

il faut lire Christophe Grossi

Ce n'est pas un ordre (pas mon genre !)... ou l'exclamation d'une groupie (pas mon genre ;) juste un petit conseil comme ça (pas vraiment mon genre, non plus ? quoique)

Mais je dis (c'est le titre du post) : il faut lire Christophe Grossi, ses déboîtements, son kwakizbak, ses métropismes, son road movie Va-t-en va-t-en c'est mieux pour tout le monde, ses vases communicants... et plein d'autres trucs - il écrit beaucoup :) mais j'ai la flemme de tout recenser et big Google can help you

il faut lire Christophe Grossi ou l'écouter

Christophe Grossi - Le geste qui pousse au précipice from ONLIT EDITIONS on Vimeo.

mercredi 20 juin 2012

avec la découture
tu finis un matin dans le jardin
totalement nue allongée dans l'herbe
tes cotes largement ouvertes
en corolle la fleur

au-dessus sous le ciel
à portée de regard
la tour de quinze étages
du rond-point des Arènes

et tu penses
combien de cœurs palpitent
à l'unisson avec ton cœur
offert au cœur de tes os blancs

et tu penses
dans la répétition des mots
de l'organe y a-t-il seulement la peur
le vertige insondable de chaque pulsation



le corps qui cède pétri par la terre meuble
les nuages blancs chavirant des balcons
et les rires en pluie qui tombent des enfants

lundi 18 juin 2012


 "Il ne suffit pas de pénétrer l'autre 
pour sortir de soi" 

Michel Merlen
dans le Décharge n°154, p.60


et...

jeudi 14 juin 2012

Adoptez une Charogne... jouissez de vers*


J'ai déjà parlé de Charogne ici (enfin je crois), et je remets ça parce qu'enfin j'ai commandé et reçu les deux derniers numéros
La petite revue pilotée par Guillaume Siaudeau, éditée par Asphodèle, et illustré et "maquettée" par Magali Planès (allez voir son blog ) offre à chaque numéro de quoi satisfaire sa curiosité et son appétit charognesque : de la chair, des os, des vers, des mots...

Et puis j'y lis des auteurs que j'aime : Jean-Marc Flahaut, Marlène Tissot, Guillaume Siaudeau, Fabrice Marzuolo... (auteurs des numéros 2 & 3, si tu ne te vois pas dans ma liste, sache que j'ai la flemme de taper plus et que c'est comme ça ! n'y vois pas malice :)


"Racle tes os, arrache-toi la peu, tire, fouille, gratte, frotte, laisse jaillir le sang. L'os mis à nu, aspire la moelle et crache la aux chiens. Sens-tu, dis ? sens-tu le vide tibial, la chair gourmande et les humeurs qui, joviales, dégoulinent de ta bouche muette ?"
Disparates, Marc Bonetto, Charogne n°3


Ill. extraite du Charogne n°2


* titre assez nul mais j'assume :-)

dimanche 27 mai 2012

Je voudrais pas crever

de Boris Vian



et la version complète :

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...

lundi 14 mai 2012

Filet

















au bout d'un certain temps
tout de même

(le soleil haut m'aveugle
et pulse à mon oreille
dans le jardin très vert 
sous le ciel très bleu)

au bout d'un certain temps
j'entends

sous ma joue ta peau fine
distendre ses ridules
sous les ridules ta chair
charrier le sang sur l'os
sous tes os le concert
écrasé de brins d'herbe
sous l'herbe la terre meuble
qui grouille à fond de vers
sous les vers
la pierre

(tu vois 
le même caillou
que j'ai au fond du ventre
un jour très lourd
l'autre léger comme l'air)

j'entends
très
très
très fort
s'affoler les fourmis
qui montent
qui descendent
du sommet de ma tête au bout de mes orteils
du fin fond des cercueils aux pointes du soleil
dedans
dehors
ma pierre emprisonnée
dans le filet

/

Tu mâchouilles un pétale
Ta main nonchalamment posée contre mon sein
La tige déchirée la sève entre tes doigts
Toi et moi allongés dimanche dans le jardin
Mon caillou quelque part
Qui roule


Filet

samedi 12 mai 2012

Filet de salive



Dans le jardin... Printemps !
les mots comme des spores
tissent aux quatre vents
le filet de salive
suspendu à mes lèvres
mes crachats fécondant
qui tombent
dans le jardin... des Abattoirs
toussent les bronchioles
en mes rêveries folles

 /

Dans le jardin des Abattoirs
tu t'es allongé dans l'herbe
j'ai posé ma tête sur ton torse
ton torse / ton torse / ta poitrine
pileuse / velue / poilue
sous ma joue attendrie
la caresse des mots
entre mes dents tes soies
sur ta peau mon mucus
mes lettres molles

vendredi 11 mai 2012

des Mailles, un Cabaret


"Souvent quand on est môme, on s'imagine qu'un jour, plus tard, tout ira mieux. On se dit que l'enfance c'est juste un sale moment à passer. Comme un mauvais sirop à avaler. Et puis ensuite on est guéri. "
mailles à l'envers, marlène tissot, éditions lunatiques, 2012



Une nouvelle revue de poésie qui met à l'honneur les femmes poètes, ce n'est pas courant (enfin, soyons honnête mes connaissances en la matière ne sont pas très étendues :), alors je le souligne, mais au fond ce qui importe c'est l'écriture et les univers de chacune...

Le principe de la revue des femmes, un homme
Pour le premier numéro, 8 femmes & 2 hommes (mais dès le deuxième, ça va rentrer dans l'ordre y aura plus qu'un homme ;-)) :

Auteurs
Mademoiselle Aartus (#1)
Elise Berthelot (#1)
Alexandra Bougé (#1)
Valérie Canat de Chizy(#1)
Louis Dubost (#1)
Delphine Gest(#1)
Patrice Maltaverne (#1)
Murièle Modély (#1)
Marlene Tissot (#1)
Alexandra Yampolskaya (#1)
Illustrateurs
Mademoiselle Aartus (#1)
Alexandra Bougé (#1)

Celui aux commandes c'est Alain Crozier... pour commander la revue, s'abonner c'est par

Allez mise en bouche !


"Viens, rejoins moi dans nulle part, glisse-toi avec moi sous les plumes tièdes du quotidien, tu verras, on sera bien, ici c'est un endroit où il ne se passe rien..."
going nowhere, marlène tissot (oui, la même qui a écrit le roman au-dessus ;)




mardi 8 mai 2012

Where the wild things are




Maurice Sendak (1928-2012)

lundi 7 mai 2012

Pas toujours écrire...

...Lire aussi... de tout, dans l'ordre, le désordre, les oiseaux*, Les gênes, ton sourire etc.**

"[...] une pierre lourde, une lourde pierre, une lourdeur de pierre, une muraille sur le gilet la robe la culotte blanche les chaussettes, que tout soit là demain, à la même place."
Pierres, Perrine Le Querrec, in L'autobus n°7



"Elle vit avec une presqu'île dans la poitrine. Son mari nage près de ses côtes, dans le rouge sang de sa mer."
Immense et rouge, Marie Chartres, photographies de Akin Cetin , Les inaperçus, 2012

*nombreux et palpitants chez Marie Chartres
(tiens, en parlant d'oiseaux, j'en ai lu aussi  et  ce jour)
**de Thierry Roquet dans l'Autobus, le poème photographié est aussi de lui. L'illustration sur la photo est un collage de Philippe Lemaire


jeudi 3 mai 2012

La Storia

"Tous autant que nous sommes", proféra-t-il alors, désespéré, pour sa défense ou son rachat, "nous avons un S.S. caché en nous ! et un bourgeois ! et un capitaliste ! et peut-être aussi un monsignore ! et... et... un Généralissime, aussi orné de chamarrures et de crachats qu'un Mardi gras ! Tous autant que nous sommes !  bourgeois et prolétaires et... anarchistes et communistes! Tous sans exception.... Voilà pourquoi notre lutte est toujours une action avortée... un malentendu.... un alibi.... de fausses révolutions pour échapper à la vraie révolution, et conserver le réactionnaire qui est en nous ! Ne nous induisez pas en tentation signifie : aidez nous à éliminer le fasciste qui est en nous !"


La Storia, p.843, Elsa Morante, Folio, 2004

mercredi 2 mai 2012

Du nouveau sur Evazine

Arrivée de Béatrice Gaudy avec les deux France / Cathy Garcia exprime dans ton regard, madame tout le mal vivre d'une fille de l'Est enchaînée au trottoir /Anna Jouy note ses impressions en direct ici gare de Lyon /Denise Desautels se souvient qu' elle écrit en chute libre / Gaëlle Josse chantonne la fin de son blues du rail urbain... Metropolis song /Lucie Sagnières explore le nirvana de l'absurde /Isabelle Le Gouic propose deux collages en surimpressions de voyages intérieurs  /Murièle Modély se dit : aujourd'hui je descends dans la rue /Né-Khô se débat pour vaincre  /Maryline Bizeul présente son nouveau recueil les laissés pour conte /Bruno Toméra erre dans le dédale du couloir d'urgence / Ferruccio Brugnaro se défend contre la solitude de nulle main, nul regard /
Werner Lambersy poursuit sa conversation à l'intérieur d'un mur : je ne pleure pas et lors d'un pillage 
Taro Aizu a composé ce requiem pour un laitier de Fukushima  / Jean-Louis Millet ''chapelette'' les fragments-grains 3 de son psychorama holographique 
Le Salut invérifiable d'un Idiot souterrain démontre de nouveau sa prédilection pour le Sens de l'occasion /Patrice Maltaverne en arrive au matricule 34 , une histoire de travailleurs dans l'immensité des villes / Vincent Courtois arpente de dernière fois la Ville et conclue que plus personne ne l'habite / Harry Wilkens propose un petit discours d'encouragement en évitant soigneusement le paradis bien avant d'en avoir marre /Jean-Marc Couvé évoque le sujet pour le moins délicat de l'origine des mots  / Jean-Claude Tardif, il n'y a plus rien ! 


mardi 1 mai 2012

L'Orée - Isabelle Vaillant



Diaporama de l'exposition l'Orée d'Isabelle Vaillant. Photos Isabelle Vaillant
Textes Perrine Le Querrec, Montage Carole Colnat, Bande Son Frédérick XOonTh

"Je suis la gardienne de l'Orée,
le silence est posé sur mes épaules
comme un loup mort,
..."

Texte de Perrine Le Querrec

samedi 28 avril 2012


"Aux trois quarts de mon travail d'illustration, j'ai eu la forte impression que quelque chose n'allait pas, et je me suis mis à peindre sur des illustrations déjà terminées et c'est finalement un gorille qui est apparu sous mon pinceau. [...]
Je ne sais pas pourquoi cela fonctionne, et d'une certaine façon, peu importe, mais cela illustre bien le fait que la plupart du temps, mes meilleures décisions ont plus à voir avec l'intuition qu'avec la réflexion"
Anthony Browne

à propos de Une histoire à quatre voix 1998
(re-création de l'album Promenade au parc, album créé vingt ans plus tôt)
extrait de Anthony Browne : histoires d'une oeuvre, Kaléidoscope, 2009

mercredi 11 avril 2012

Murièle Camac : Pourquoi la littérature ?

"...La littérature ne se veut pas une parole de vérité, elle se vit comme une parole amoureuse du langage, comme une histoire amoureuse de la vie. La littérature ne prétend pas refuser ou réfuter l’erreur ou la contradiction, elle l’absorbe et en fait un élément de son travail de transformation du langage. Elle se nourrit de l’ambiguïté, de l’insu, de l’incompris, de l’implicite. Elle se situe en dehors du dualisme insoluble de la vérité et de l’erreur et c’est pourquoi elle est salutaire et nécessaire."

La suite sur le blog Les portes de la perception de Murièle Camac

dimanche 1 avril 2012

Le matin, le soir aussi

Pas de pensée magique
mais il y a,  je l'ai vu,
des fillettes en grappe
dans les arbres du parc

Leurs orteils s'agrippent
à l'écorce des branches
je vois leurs cuisses blanches
et leurs mollets griffés

Elles pépient
agitent leurs ailes
le vent doux du printemps
épand sur l'herbe
leur jus de chlorophylle
et les giclées de miel

Sous l'ombre de leurs jupes
une goutte rouge épaisse
s'échoue comme une larme

Dans ma chair se dessine
la fleur du flamboyant
le fruit est mûr

Jambes tendues
trille en avant
elles tombent