samedi 4 mai 2013

Sans haine, ni arme, ni violence ni rien de tout ça (poème de Thierry Roquet)


"A trop écouter les
faits divers
à la télé

voilà que
le fantasme naît

y'en a toujours un qui
finit par retenir notre attention
plus que les autres

fourgon blindé / attaque d'un distributeur...

des fois on en parle
en se disant qu'on pourrait
faire la même chose
on plaisante bien sûr

et puis des fois
on y pense plus sérieusement

parce que pour se sortir
de la merde
y'a pas trente-six solutions
elle doit être radicale

sauf

qu'on se heurte
à de gros problèmes
logistiques
ça ok

&

surtout
de conscience

sous ce mot
peut-être
la lâcheté
va savoir

ou bien

le besoin qu'on en a
n'est-il pas encore
si désespéré qu'on croit

en attendant d' y voir plus clair
velléitaire
de toujours

je relis Curzio Malaparte
quelques pages
de sa "Technique du coup d'état"

ça peut servir
un jour ou l'autre
sait-on jamais..."


vendredi 3 mai 2013

Paul Nougé - Les voyantes (1929-30)

mardi 30 avril 2013


Kevin Van Aelst, The Heart, 2009

toc toc toc

La déflagration se dilate en étoiles dans mes poumons
ces lignes à vif sur le dos de tes mains
Christopher Payne - Asylum -Straightjacket, Logansport State Hospital, Indiana

toc toc

C'est étrange, tu frappes, tu frappes, et ton poing siffle
Juste avant de heurter le chambranle sous ma poitrine
Christopher Payne - Asylum - Harlem Valley State Hospital, New York

lundi 29 avril 2013

toc

Dans mon cœur toutes ces portes qui ne mènent nulle part
Et toi qui continues de toquer
Christopher Payne - Asylum -Linen Closets, Traverse City State Hospital, Michigan

Ján Šipöcz - Traumas from childhood - 2008

vendredi 19 avril 2013

"...puis, brutalement le sens se dérobe, l'essentiel me fuit et j'ai beau relire les mêmes lignes, elles m'échappent chaque fois un peu plus tandis que je me fais l'effet d'une vieille folle qui croit son estomac plein d'avoir lu attentivement le menu."

L'élégance du hérisson, Muriel Barbery, Gallimard, 2007

mercredi 10 avril 2013

La femme seiche


Ça sort comme ça, un soir, il murmure «  T’es une femme sèche ». Comme ça, direct. La phrase chuchotée là, contre son oreille. D'une voix blanche. Une femme sèche. Point. Point barre. Elle manque s’étouffer contre son torse maigre. Non pas point, développe. Elle, une femme sèche ? Où est-ce qu'il voit ça ? Elle qui n’est que plis, chairs, gras, lèvres ourlées. Débordements salés, mots lourds, mots gros, qui tombent. Logorrhée, baveuse, épaisse, dans la pièce, la chambre, le lit, les draps, ses bras. Il ne sent pas ou quoi… il ne sent pas contre ses os aigus, cette encre noire qui coule, d’entre ses jambes. Ce jus, son jus à elle, qui gicle, s’infiltre, partout, par terre, dans tous les orifices, sur l’œil, la bouche, le corps... le corps sec du méchant, méchant petit mari.

texte initialement publié dans Microbe 73 dirigé par Hélène Dassavray (sept-oct 2012)

samedi 6 avril 2013

Bruno Legeai -  Moments & Journal



J'ai mis un certain temps
avant de trouver la serrure

toutes les filles sont cadenassées
elles accrochent leurs clés
comme des breloques
à leurs oreilles
autour du cou
- ô audace-
autour des reins

parce que c'est joli, hein
une fille avec des chaînes
aux poignets, aux chevilles

ça colle pile poil dans le décor
des grilles dehors, des grilles dedans
des grilles dans la rue, la maison
du métal gris, du sol jusqu'au plafond

c'est joli une fille, paraît
qui marche
cliquète
au pas

des joncs d'argent
dans les yeux, dans le sexe
des rires qui ferraillent
et brillent


J'ai mis un certain temps
avant de trouver la serrure

avant d'oser
pousser la clé
la chair est molle
les mots friables


Et là
le doigt, la langue
plongés à l'intérieur
je me demande
Ai-je bien tout ouvert ?


mercredi 3 avril 2013

Publication sur Poème sale

http://poemesale.com/
Les mots sales

t’es une grande fille maintenant
alors tant pis si l’élastique de ta culotte
lâche

que crois-tu donc retenir, à serrer ainsi les jambes ?
laisse dégouliner les mots, les sales
mots...


la suite sur Poème sale

samedi 30 mars 2013

mardi 12 mars 2013

bruxisme


ce grincement corrosif
est agressif
tu penses
droite
sur le pas de la porte
la bouche grande ouverte
la tête violemment inclinée
le front sous la langue
du ciel
ça tranche
dans le vif
ce bruit de scie
qui laisse
lasse
gencives nues
sur la toile piquetée
les miettes de canines
tu penses
moite
sur le pas de la porte
légèrement entrouverte
à lui
à tout ce noir derrière