Sanda Voica a écrit un article sur Je te voisdans le numéro 25 de Paysages écrits, je la remercie infiniment de cette lecture détaillée et approfondie.Un court extrait de sa chronique : "Livre profond, dur sur la friabilité – de la chair –, sur
l’insuffisance de la pensée et l’impossibilité de dire le monde par la pensée
et les paroles, car les pensées mouvantes. Finalement les paroles
mêmes doivent être « semblables à ces caillots de sang dont toi et moi
venons». Un livre de l’origine, de l’origine du monde, où le sexe
et la langue feraient un." La suite à lire par là
Et lire la revue (textes & images) d'un clic sur la couverture
Il n’a pas posé un grillage. Il a déversé une fange. pour exclure "les cookies, les
chips, les boissons énergisantes, les sodas, les fruits de mer et la
viande" de la liste des denrées que l’on peut acheter avec des bons
alimentaires. la France «prête à se mobiliser» "Voyez-vous, gouverner c’est avoir rendez-vous avec la réalité."en Allemagne, ce sont plus de 3 millions de personnes qui
travaillent, mais ne gagnent pas assez pour se chauffer correctement,
qui ne mangent pas à leur faim, et qui ne partent certainement pas en
vacancesl'assistanat est aujourd'hui l'un des des vrais cancers de la société Un assistanat à plus de 7000€ brut par mois, tout de mêmePutain si c'est pas un mois d'avril du tonnerre
Nous jouons aux cartes
Dans les mains nous n'avons que nos doigts
Un bien mauvais jeu à mettre sur la table
Nous avons aussi nos jambes
Pour fuir à toute allure
Mais quelle est la règle ?
Dans quelle langue s'écrit le mode d'emploi ?
Le plateau est étroit
Si nos pas s'emballent
Nos phrases en restent là
Nous jouons
Comme si nous avions le choix
je rêve que l'oiseau de nos lèvres retrouve le chemin
nous ne nous connaissons pas tu ris
tes dents nous servent de perchoir
le chant est franc mes côtes sont ouvertes
j'ai perdu la clé il est impossible de retenir le ciel
nous picorons je suis à tes côtés
à coup de bec nous descendons
la vague bleue électrique
à coup de mots dans l’œsophage
nos battements affolés sur les miettes de pain
dans la forêt je rêve
que l'oiseau nous défausse
"Elle me prenait dans ses bras avant elle me bougeait doucement. Bateau
elle disait bateau. Après elle me jetait par terre en ouvrant grand sa
bouche pour crier et elle me tapait avec son pied. Et je voyais dans sa
bouche au fond une deuxième petite langue remuer doucement.
Un jour
je lui ai mordu le pied alors elle m'a plus jamais pris dans ses bras.
J'avais son sang dans ma bouche et je disais pardon pardon mais quand
même elle m'a plus jamais pris"
Ils riaient avec leur bouche, Michel Thion, Cheyne éditeur, 2006
prendre ses mots les serrer
fort frapper du plat de la main
les blocs de craie sur la table
les émietter sous la paume surtout
s'en barbouiller la bouche les joues
puis regarder droit dans les yeux
les trous les bosses le béton
y penser
mais
imperméable
sourire
montrer les dents sourire
puis
prêter le flanc
rester
silhouette maladroite
cuir
outre
pleine
mais
ne rien laisser passer
tendre être sur le point
presque gicler s'en défendre
encore sourire
juste
faire semblant
adopter la voix douce
sucrée faire la mièvre
singer croire
devoir être
tout sourire y penser
et c'est tout
y penser tout le temps crache crache y penser gerbe tout le temps le poids son regard ses mots les mots les mots taches tâche dans ta peau y penser les coups de couteaux entailles entaille va vient tout le temps s'agirait de se sortir le doigt du cul pilonne l'oreille la bouche y penser par tous les trous l'oreille la bouche vomis gicle tout le temps y penser dedans dehors dehors dedans apprends ton texte avale étouffe recommence dis crache recommence barbouille recommence dégueule recommence y penser recommence tout le temps