mardi 1 août 2023

Aujourd'hui, le ciel
est un bleu effeuillant le pastel
une ecchymose annonçant la couleur
celle d'après           celle d'apprêt
lente métamorphose
en jaune              en brun

*

Sur le drap uni d'herbe sèche
tombent
des rayons brûlants de soleil
qu'un poète aux lèvres rêches
boit

*

Couleur plane sans accroc
- troublante perfection
où est l'épanchement
la boursouflure du vent ?
d'où vient ce sentiment
que tant de bleu ne rime au fond
qu'avec du vide

*

Il manque une brèche
un nuage pour dire la vraie vie
sous le sourire
il y a toujours la douleur d'une carie
dans le ventre du poète, de petites coliques
l'azur et ses traînées de jaune famélique 

*

Yeah poète, réjouis toi
c'est l'été
la peau qui brunit
la plage qui roule sous la mer
les maelstroms d'humeurs
liquides
la joie et la mélancolie

(c) Christopher Jonassen, Untitled #1 (Judith in water) - Source  / Son site

dimanche 30 juillet 2023

ma langue escargot
sur ta joue
s'attarde et lèche
lape, lape la rosée
ça pleut, ça pleure
ce matin, à quelques lettres près
il fait un temps de chien

© Mélina Farine, Underlying Issues sur Boumbang / Sa page facebook

 

 (c) Célia Hay - Sur Boumbang / son site

 

samedi 29 juillet 2023

[...]


on gratte, on cherche
un éclaircissement
dans le maillage nocturne
des faits et de l’inconscient


la réalité nous sidère
si souvent que
les mots manquent
pour dire nos désordres


c’est le défilé incongru
sans queue ni tête
qu’on livre fébrilement
à la première page qui passe


l’homme, les enfants sont des pages
qui d’autre
quoi d’autre
pour le cuir au calame


extrait de "Des figures et des corps"

samedi 22 avril 2023

Nan Goldin Trixie on the Cot, New York City 1979


 

mardi 21 février 2023

Comment panse-t-on ?

certains pensent
à comment gagner de l'argent
à comment gagner plus d'argent
à comment gagner de l'argent vite
certains pensent à comment
coucher avec cette fille, coucher avec ce gars
comment gagner un coeur, comment atteindre un corps
certains pensent tout simplement 
au repas du midi, à celui du soir
à l'envie, au poids du vide
ou des aliments
au reflux gastrique chargé des désirs
de plus d'argent
de plus de corps
de plus de gras
certains pensent et dépensent
de leur temps, de leurs mots
pensent à comment gagner leur place
sous l'avalanche de rots
comment creuser leur trou
sans pelle
d'un claquement de dents

dimanche 12 février 2023

jeudi 2 février 2023

[...]


l’homme, les enfants sont des bouts
de phrases et de corps
à la fois là
et absents


la tête posée sur l’oreiller
on meurt
tous les songes s’enfuyant
dans la fibre du bois


on se dit qu’en lâchant la bride
aux mots, aux maux, homonymes
tout finira bien par rentrer dans l’ordre
dans le système en étoile sous le crâne


tout finira, petite cosmogonie
par faire sens
les morts où ils sont
les vivants les suivant

extrait de "Des figures et des corps" 


lundi 23 janvier 2023

Lecture au Grenier café à Castanet (31)

Lecture de Alice Baylac et Murièle Modély 
le 27 janvier à 20h au Grenier café à Castanet
Adresse : 16 bis avenue de Toulouse
31 320 Castanet-Tolosan
 


mardi 3 janvier 2023

(c) Bruno Legeai

 

L'espace se rétrécit comme dans un cercueil
cela sent le bois et le ventre de femme
une eau trouble clapote ; des cheveux rares y flottent
je songe à ton regard, lecteur, effrayé de l’image
de la mort mêlée aux fibres utérines
j’entends ta voix qui grince : « as-tu besoin, vraiment
d’être si morbide pour dire le temps qui vient? »
Non, certainement que non...
mais où se faire bousculer dans un monde si fade
si porté à gommer ce qui de nous dépasse
Va, ce ne sont que des mots
à peine une chair de poule
un friselis de peau
Sors, vis, en attendant la fin
abreuve-toi de ciel
de nuages qui passent


(c) Bruno Legeai

vendredi 16 décembre 2022

16.12.22

pendant que la rue bruisse
de lumières, de rires
de vin et de pain chauds
de roues qui crissent
de papiers flous
lui
marche

lui
à l'odeur de pisse et de tissus mouillés
le paletot troué recouvert de traces
le pantalon tombant sur ses hanches étroites
un sac se balançant au bout de sa main droite

je me demande
que peut-il contenir ?

lui
dont les côtes saillantes
échappent à nos regards
cliquètent sans un bruit
sous les amas de toiles

lui qui marche
sans s'arrêter
la pauvreté collée
comme une crasse
mon œil à la traîne

(c) La Planète sauvage, Laloux & Topor

jeudi 15 décembre 2022

15.12.22

"Il faut consommer avec parcimonie"
Conseil du jour d'un fortune cookie
valable aussi pour ta poésie


de mots tranchants
noirs ou coupants

qui restent en travers du gosier
qui font bégayer, glouglouter
avaler de travers

comme si la vie
n'avait pas assez de matière
pour tout faire dérailler

pour la case du jour
va
je te mets un baiser rose
comme le jour qui vient
dans ses atours sucrés
mordre tes joues transies

Le retour de Wallada (c) Anaël Chadli

mercredi 14 décembre 2022

14.12.22

ce compte à rebours qui revient
chaque année, en décembre 
perturbe l'appréhension des jours qui passent
car le temps en décembre
se distend, se distord avant d'être aspiré
par le grand trou
avaleur de chiffres
avaleur d'années 
et quelque chose dans notre poitrine
s'étire, s'étiole
comme les nuages au dessus de nos têtes
ces humeurs vaporeuses du bleu du ciel
qui pèsent, piquent
comme les aiguilles de sapin
plantées dans le creux de nos mains

Source : instagram de Louise Desbrusses