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| © Leah Edelman-Brier - voir l'article sur Boumbang |
lundi 27 mai 2024
V(i)eille
une femme aux yeux semblables aux miens
perd la vue
une femme au ventre lourd comme le mien
à moitié nue
ses cheveux grésillant dans un gris lumineux
à l’horizon, la lune tombe et crache
une histoire sombre dont on connaît la suite
un conte terrible dont on nous tait la fin
Le temps passe
une femme ouvre la bouche grand
claque des mâchoires comme une pelleteuse
creuse dans les fondations de la maison
une forme parfaite
rectangulaire
une forme parfaite
dont la surface s’amoindrit
à mesure que les os se tassent
une forme parfaite pour contenir
un corps rabougri perclus de souvenirs
mercredi 1 mai 2024
"Rhizome" Paul Wamo
[Ai vu pour la première fois (enfin) Paul Wamo à Toulouse à l'occasion de la finale du concours-concert de poésie slamée organisée par l'Académie des jeux floraux :sa performance de Rhizome en voix nue droit au coeur]
lundi 29 avril 2024
5
sans fin
nos morts se désagrègent
le long
du puits sans fond
remontent
des phénomènes étranges
inexpliqués
des corps poreux
vers
des vivants noyés
dans une mare de larmes
sans rive ni bord
la fiction
inonde la maison
*
ceint par notre visage
un noir insondable
et quelqu'un demande
est-ce que tout va bien ?
sur la peau molle du crâne
on ne voit que les grimaces
les rictus et les bouches
cul-de-poule et personne
ne comprend vraiment
ce tout
va bien
*
petite Alice encombrée par ces morceaux
hétéroclites de souvenirs qui flottent à la surface
comment pourras-tu seulement retrouver pied
quand sauras-tu quitter ce conte
pour avaler le beau
le sur
réel
samedi 27 avril 2024
4
je ne partagerai pas une série de textes pour...
je ne dirai plus le nom de...
des chicots l'ont réduit au néant
il ne reste plus rien dans...
mon corps
est une canette dont la languette
a été tirée trop brutalement
de mes yeux, mes oreilles, mon sexe
des flux, des flots, des geysers
jaillissent et ruissellent sa...
la mort
de sa bouche édentée
malaxe et m'avale
entièrement
dimanche 21 avril 2024
3
une étole violette et une odeur d'encens
dans sa barbe bien faite, la lotion de benjoin
tapotée le matin, sur sa peau toute fraîche
l'apprêt bien ordonné pour filer l'homélie
je ne connaissais pas le petit curé
je ne connaissais plus le petit cadavre
caché dessous le bois du cercueil, la forêt
son humus et la mousse qui nous tendaient les bras
j'étais là et ailleurs et du curé singeais
tous les gestes et répétais
tous ses mots et tentais
de raccrocher la mort à l'autre mot idiot
l'homonymie sanglante poêlée au balsamique
des pensées chaotiques pour peine famélique
vendredi 12 avril 2024
2
Ils cognent le plateau dans des rires essoufflés
des phrases inachevées, des silences pleins ou vides
Ils s'empilent comme des cairns instables à nos pieds
Nous savons qu'en partant notre pas sera un peu moins ferme
Mais le ciel est bleu et le soleil ardent
nous fait tenir debout
1
Nous nous rencontrons pour la première fois
Et déjà nous poussons nos morts
comme des pions sur la table.
Sur le damier, nous ignorons la couleur des pièces
Nous devisons de nos morts, autour de la tablesans savoir lequel, du blanc, du noir
mangera l'autre.
dimanche 17 mars 2024
lundi 11 mars 2024
Poussière dans nos têtes
poussière dans nos corps
poussière autour, poussière
dans les moindres recoins
de la poussière
partout
suffoque et pleut
envahit et croule
étouffe chaque cellule
je me demande qui
a planté sa paille pour siffler ma moelle
je me demande qui
joue du bongo avec les lobes de mon cerveau
Comme tous les autres, je marche, roule
roulis, éboulis
avec une tête creuse aboulique plantée sur un corps mou
cela fait de la musique quand nos coques vides se cognent
sur les trottoirs, c'est le ballet des crânes ruginés
le concert de leurs sonorités argentines
Où donc la chair s’est-elle fait la malle ?
dans quel bocal ont coulé nos pensées ?
ces poissons qui filent dans l’aquarium trouble
où l’on entend quand même malgré l’ignorance qui pèse
le maillet tapant la vitre vert-de-gris
où l’on entend aussi les acouphènes qui fêlent nos silences
la symphonie des cloches à un enterrement
lundi 4 mars 2024
lundi 30 octobre 2023
Ne me lisez pas
écrire un poème
qui inspire qui incite
à la joie
au bonheur
à l'élan
à la pulsion de vie
je voudrais écrire
un roulement de tambour
qui déchirerait la nuit
un feu d'artifice qui n'attirerait
que des oh! que des ah!
ou à peine quelques larmes d'enfant
qui ignore que la joie peut venir du tonnerre
que les éclats de lumière peuvent éclairer la mer
des poèmes qui couleraient s'écouleraient
de la bouche comme autant de diamants
oh que c'est lumineux ! ah que tout est brillant !
ah que la vie est belle ! oh que le temps est bon !
pour tous ceux, pour toutes celles
qui n'ont sur la langue
que les plaies de pierres coupantes
je voudrais, voudrais vraiment
leur faire ce cadeau-là
mais je suis au présent
faible et je laisse les poids
aux commissures des lèvres
me tirer vers le bas
ne me lisez pas
dimanche 15 octobre 2023
Tempo poème - Lecture à l'Ostal Toulouse
Jeudi 19 octobre 18h30 - Maison de l'Occitanie rue Malcousinat, Toulouse.
Je lirai des extraits de mes recueils poétiques, avec Olivier Chartier, accompagnée par Anna Mari Naya à la guitare et Emmanuel Fayolle aux percussions.
La lecture bruissera de l'île de la Réunion, de filles à l'intérieur, d'amour, de mots et de mélancolie...
Entrée libre






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